La NASA vole habituellement avec du matériel vieux de plusieurs décennies. Pour Artemis II, elle a fait une exception en embarquant quatre iPhone 17 Pro Max, dans des conditions très encadrées. Voici comment ce feu vert a été obtenu.

©NASA
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La NASA privilégiait délibérément les technologies anciennes et éprouvées plutôt que les dernières nouveautés grand public. Des processeurs G3 PowerPC tournent encore en orbite aujourd'hui. Puis elle a consenti au progrès en autorisant les membres de l'équipage de la mission Artemis II à emporter leurs smartphones. Enfin, chacun des quatre astronautes a reçu un iPhone 17 Pro Max pendant sa quarantaine, en mars dernier. Mais comment un smartphone sorti en septembre 2025 a-t-il pu passer les fourches caudines d'une agence aussi conservatrice en matière d'équipements ?

Quatre phases pour homologuer un téléphone dans l'espace

Tout matériel embarqué à bord d'un vaisseau spatial doit traverser un processus d'homologation en quatre phases. Tobias Niederwieser, chercheur à BioServe Space Technologies, institut de l'université du Colorado dont les équipements ont volé sur Artemis I, a conduit ce type d'évaluation. La première phase soumet le matériel à un comité de sécurité. La deuxième recense les risques potentiels. La troisième établit un plan pour les réduire. La quatrième vérifie que ce plan tient dans les conditions réelles.

Mais la cartographie des risques pour l'iPhone a donner plus de fil à retordre à la NASA que prévu.

En micropesanteur, un éclat de verre flotte librement dans la cabine plutôt que de tomber au sol. Or l'iPhone 17 Pro Max intègre du verre Ceramic Shield 2 et des lentilles saphir, deux matériaux considérés comme fragiles dans le référentiel de l'agence. La NASA a dû valider leur résistance et définir précisément comment les astronautes devaient stocker les appareils pour contenir ce risque.

Pour la petite anecdote, au lancement, Jeremy Hansen avait glissé le sien dans une poche de combinaison. Les astronautes ont dû utiliser des fixations Velcro pour maintenir les téléphones à bord d'Orion, car dans un environnement entièrement pressurisé sans gravité, même un stylo doit être arrimé.

L'astronaute de la NASA et pilote d'Artemis II, Victor Glover, est photographié ici à bord du vaisseau spatial Orion lors du survol lunaire d'Artemis II

Des émetteurs radio neutralisés pour franchir la certification

Wi-Fi, Bluetooth et cellulaire ont été désactivés de façon logicielle irréversible sur chaque appareil, soit bien plus que le mode avion.

Les systèmes de navigation et de communication d'Orion fonctionnent sur des fréquences strictement protégées. Tester les interférences potentielles de l'émetteur radio d'un iPhone dans cet environnement électromagnétique aurait allongé la certification de plusieurs mois supplémentaires. En neutralisant ces composants, la NASA a pu traiter l'iPhone comme un appareil photo embarqué plutôt que comme un équipement de télécommunication, avec des contraintes d'homologation bien moins lourdes.

Apple a précisé à la presse qu'elle n'a joué aucun rôle dans le processus, et que la mission Artemis II est la première à embarquer officiellement un iPhone officiellement pour un usage prolongé en orbite… et au-delà.

Les astronautes ont donc embarqué un appareil photo haut de gamme, avec un zoom optique 8x, un téléobjectif au capteur 56 % plus grand que sur la génération précédente et une caméra frontale de 18 mégapixels capable de filmer en mode paysage sans retourner l'iPhone. L'équipage a exploité ces capacités pour ramener des images de la Terre et de la Lune d'une qualité inattendue pour du matériel grand public.

Un coup de maître pour Apple, qui a bénéficié d'une visibilité mondiale sans avoir sollicité ni financé quoi que ce soit.

Source : BGR, The New York Times (accès payant)