Une première : l'Agence spatiale européenne (ESA) veut commander une mission jusqu'à la Station spatiale internationale (ISS) composée de quatre de ses astronautes. Et pour y parvenir, elle fait appel à un certain Elon Musk.

Car il n'y a plus de temps à perdre : après plus de 25 ans de bons et loyaux services, l'ISS approche de sa redoutée retraite, qui devrait survenir au début des années 30. Problème, l'ESA ne dispose que d'un nombre limité de sièges sur les missions organisées par son partenaire principal, la NASA, et la file d'attente est longue.
La mission EPIC
Et si l'ESA a sélectionné cinq nouveaux astronautes de carrière en 2022, avec l'ambition de tous les envoyer sur l'ISS une seule d'entre eux a décollé à ce jour. Il s'agit, bien entendu, de la Française Sophie Adenot, actuellement à bord de la station dans le cadre de la mission Crew-12 de SpaceX. Le prochain sur la liste serait le Belge Raphaël Liégeois, dont le vol est attendu fin 2027 ou début 2028. Pour les trois restants, aucune mission n'est encore programmée.
Pour remédier à cela, l'Agence spatiale européenne a annoncé, le 19 mars dernier, le projet EPIC, pour ESA Provided Institutional Crew. Le principe : affréter directement une capsule Crew Dragon pour envoyer quatre astronautes à bord de l'ISS début 2028, pour une durée d'environ un mois. Une mission que l'ESA dirigera et opérera elle-même, en coopération étroite avec la NASA, mais sans en dépendre pour l'attribution des sièges.

Un dispositif inédit
« Nous avons cinq astronautes de carrière que j'ai l'intention d'envoyer en mission au cours des prochaines années, et le programme EPIC est un moyen de garantir que ces astronautes puissent se rendre à la station spatiale, mener des recherches et, bien sûr, enrichir notre expérience et nos travaux à bord de la Station spatiale internationale », explique Josef Aschbacher, directeur général de l'ESA.
Ce ne sera pas la première fois que des astronautes européens volent en dehors du cadre traditionnel des missions NASA ou Roscosmos. L'ESA a déjà envoyé deux de ses astronautes réservistes à bord de missions privées organisées par Axiom Space : le Suédois Marcus Wandt en 2024, puis le Polonais Sławosz Uznański-Wiśniewski en 2025. Mais celles-ci, d'une durée moyenne de deux semaines, étaient pilotées par Axiom, et l'ESA n'y était que passagère.
Sources : Space.com, Space News