L'Alerte enlèvement fête ses 20 ans, non sans une nouveauté de taille : FR-Alert, le système de notification push sur téléphone, va prochainement renforcer la traque des ravisseurs d'enfants.

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanon, a annoncé jeudi l'intégration prochaine de FR-Alert au dispositif Alerte Enlèvement, le mécanisme national conçu pour mobiliser la population lors d'enlèvements d'enfants. Ce système de notification push, que les Français connaissent déjà pour les alertes météo, les incendies ou le terrorisme, devrait permettre de toucher 75% des détenteurs de smartphone.
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Alerte Enlèvement : votre téléphone va bientôt recevoir des alertes FR-Alert
Si vous avez bonne mémoire, vous vous souvenez peut-être que l'Alerte enlèvement a vu le jour le 28 février 2006. À l'époque, l'initiative, qui fait l'unanimité aujourd'hui, fut portée par une coalition de quatre ministères, la SNCF, la RATP, les grands médias, les sociétés d'autoroute et des associations de victimes, soit une soixantaine de partenaires mobilisés dès le départ. Vingt ans plus tard, le bilan est presque parfait. Sur 37 alertes déclenchées, 38 enfants ont été retrouvés vivants.
L'Alerte enlèvement ne se déclenche pas n'importe comment. Quatre conditions doivent obligatoirement être réunies. Il faut qu'il s'agisse d'un enlèvement réel, pas d'une simple disparition, que la victime soit mineure, que sa vie soit en danger, et que les enquêteurs disposent d'éléments concrets pour aider le public à identifier l'enfant ou son ravisseur. C'est le procureur de la République qui donne le feu vert, après validation du procureur général de la cour d'appel et accord du ministère de la Justice.
Une fois déclenchée, l'alerte dure trois heures, prolongeables si nécessaire. Pendant toute cette durée, les partenaires du dispositif s'engagent à diffuser le message toutes les 15 minutes. Sur le message, on retrouve le prénom et la description de l'enfant, la photo si disponible, le signalement du ou des suspects, la description du véhicule, le lieu et l'heure de l'enlèvement, et un numéro de téléphone unique pour que les témoins puissent contacter les enquêteurs. Une arrivée de FR-Alert pourrait rendre encore plus redoutable le protocole.
Ce que l'arrivée de FR-Alert change vraiment pour les alertes enlèvement en France
FR-Alert, c'est cette notification qui surgit sur votre écran (qu'il soit en veille ou pas, connecté ou non d'ailleurs) pour signaler un danger imminent. Son principe repose sur les cellules téléphoniques : tout appareil qui entre dans la zone concernée reçoit automatiquement le message, sans inscription préalable. Jusqu'ici cantonné à l'échelle départementale, il passera à l'échelon régional pour les alertes enlèvement.
FR-Alert fonctionne avec les quatre grands opérateurs téléphoniques français (Orange, SFR, Bouygues et Free) ainsi que leurs réseaux partenaires, et même certains opérateurs étrangers proches des frontières. S'il ne remplace pas les canaux de diffusion déjà en place — télévision, radio, autoroutes, gares, aéroports, panneaux urbains ou applications mobiles, il vient s'y ajouter pour qu'aucun angle mort ne subsiste.
En sollicitant FR-Alert, l'État veut qu'au moins trois Français sur quatre qui possèdent un smartphone reçoivent l'alerte. Les ministères de la Justice et de l'Intérieur travaillent ensemble depuis plusieurs mois pour concrétiser cette intégration. Ce n'est pas une révolution spectaculaire, mais en cas d'enlèvement, chaque minute compte, et un témoin alerté au bon moment peut tout changer.