L'intelligence artificielle (IA) devait nous faire gagner du temps. Mais une nouvelle étude révèle une réalité bien différente : loin de réduire la charge de travail, l'IA l'aurait silencieusement amplifiée.

Un homme en état de surmenage. ©MalikNalik / Shutterstock.com
Un homme en état de surmenage. ©MalikNalik / Shutterstock.com

L'IA générative s'est imposée dans les entreprises avec la promesse de libérer les salariés des tâches les plus chronophages, avec un gain de productivité immense à la clé sans pour autant augmenter la charge de travail. Pourtant, une étude, menée par deux chercheuses de l'université de Berkeley pendant 8 mois au sein d'une entreprise tech américaine, vient bousculer ce récit.

Les expertes ont combiné observations terrain, suivi des canaux de communication internes et plus de 40 entretiens approfondis pour en venir à un résultat limpide.

Trois mécanismes

Selon elles, l'IA intensifie la charge de travail, et cela s'explique par trois mécanismes. À commencer par l'expansion des tâches : puisque la technologie comble les lacunes de compétences, les salariés empiètent sur les responsabilités de leurs collègues. Elle leur donne l'impression que tout est à portée, élargissent le périmètre de leur poste sans que personne ne l'ait décidé.

En parallèle, l'IA dissolue des frontières entre vie professionnelle et personnelle. Lancer une tâche se fait désormais de manière quasi instantanée, et le style conversationnel des modèles accentue le phénomène. Les travailleurs n'hésitent plus à l'utiliser dans le cadre de leur profession à n'importe quel moment.

Enfin, les chercheurs ont noté que ceux qui utilisent l'IA ont recours au multitasking permanent. Puisqu'ils peuvent faire tourner plusieurs fils en parallèle, ils jonglent davantage entre les tâches. Plusieurs participants ont ainsi confié se sentir plus sous pression qu'avant l'essor de ces outils, alors même qu'ils sont censés les soulager. « Nos conclusions suggèrent que, sans intention particulière, l'IA facilite l'action, mais rend plus difficile l'arrêt de celle-ci », écrivent les chercheuse…

Une puce d'intelligence artificielle. ©Natakorn Ruangrit / Shutterstock
Une puce d'intelligence artificielle. ©Natakorn Ruangrit / Shutterstock

Comment ne pas tomber dans un cercle vicieux ?

Face à ces dérives, les expertes appellent les entreprises à cadrer activement l'usage de cette technologie. Elles introduisent un ensemble de normes et de routines intentionnelles qui le structurent, définissent quand il est approprié de s'arrêter, et empêchent la charge de travail de s'étendre silencieusement.

Cela inclut des pauses intentionnelles pour éviter les décisions bâclées, un séquençage du travail en phases cohérentes, et la préservation d'espaces de dialogue humain. Bernie Sanders, figure éminente du partie démocrate américain, suggérait de son côté le passage à une semaine de quatre jours, mais on se doute bien que cette idée tombera dans l'oreille d'un sourd.

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