Apple a placé ses boutiques en état d'alerte maximale. La marque s'attend à une affluence comparable aux lancements d'iPhone de septembre. Derrière cette fébrilité, un pari osé sur un MacBook à prix cassé.

La semaine qui s'ouvre pourrait marquer un tournant dans la stratégie commerciale d'Apple. Comme le rapporte le plus grand indiscret du constructeur, Mark Gurman, la firme a demandé à ses employés en magasin de se préparer à une « ruée majeure » de clients. Apple prévoit entre le lundi 2 et le mercredi 4 mars une salve d'annonces inédite en dehors de son calendrier automnal habituel. Pour comprendre cette mobilisation, il faut regarder ce que Cupertino compte poser sur la table.
Apple prépare cinq lancements en trois jours : ce qu'il faut savoir
La vedette de cette semaine, c'est un MacBook d'entrée de gamme. La machine tournerait non pas avec une puce de la gamme M, mais avec l'A18 Pro, celle qui équipe déjà l'iPhone 16 Pro. Côté fiche technique, on parle d'un écran de 12,9 pouces, de 8 Go de mémoire vive et de simples ports USB-C. Pas de Thunderbolt au programme.

Le prix reste officieux, mais les estimations tournent entre 599 et 799 dollars outre-Atlantique. Les étudiants et enseignants bénéficieraient d'une ristourne de 100 dollars sur le tarif affiché.
Le design, lui, jouerait la carte nostalgique et s'écarte des finitions industrielles auxquelles la marque nous a habitué depuis 2021. Apple proposerait ce MacBook en jaune, vert, bleu et rose. Un rappel direct de l'iBook coloré du début des années 2000, qui avait contribué à démocratiser le portable chez Apple.
Au-delà de ce modèle phare, le programme de la semaine reste plus convenu. Un iPhone 17e doté d'une puce A19, un iPad Air passant à la puce M4, un iPad de 12e génération sous A18, et des MacBook Air et Pro rafraîchis avec les puces M5, M5 Pro et M5 Max. Des mises à jour techniques sans changement majeur de design, réservé à un autre lancement en fin d'année.
Pourquoi Apple mise tout sur un MacBook sous puce d'iPhone
En interne chez Apple, ce MacBook est qualifié de « excellent rapport qualité-prix ». Le terme n'est pas anodin. Il trahit une ambition très claire : attirer les utilisateurs de PC sous Windows et de Chromebook vers l'écosystème Apple.
Le choix de la puce A18 Pro prend alors tout son sens stratégique. En écartant la gamme M, Apple réduit ses coûts de fabrication de façon significative. Cette puce est déjà largement amortie par les millions d'iPhone 16 Pro écoulés dans le monde. L'écran plus compact, l'absence de connectique Thunderbolt et, surtout, l'amputation de la moitié de la mémoire vive par rapport à son nouveau standard (16 Go de base sur tous les Mac depuis l'annonce du M4) confirment cette logique d'économie appliquée à chaque composant.
Mais le calcul n'est pas sans risque. Un MacBook animé par une puce conçue pour un téléphone, c'est aussi un MacBook potentiellement bridé en puissance et en connectique. Il y a aussi le risque de la canibalisation, alors que les Macbook Air M2 avec une meilleure connectique, un meilleur écran, une meilleure puce (et bien d'autres joyeusetés) passe régulièrement en-dessous des 800 €.
Toute la question est de savoir si la cible visée, étudiants et primo-accédants au Mac, s'en souciera. Apple semble parier que non. Quand le prix baisse suffisamment, les compromis techniques passent souvent au second plan.
Le signal envoyé par les équipes en boutique est révélateur. Plusieurs employés comparent les préparatifs de cette semaine à ceux des lancements de septembre, selon Bloomberg. Apple ne vend pas juste un ordinateur abordable. La marque tente de reproduire sur le marché du PC portable l'effet de masse que seul l'iPhone provoquait jusqu'ici.
Reste à vérifier si les files d'attente seront aussi longues que les mémos internes le pressentent.