Mistral AI accélère pour devenir un véritable cador européen. Le fleuron tricolore opère la première acquisition de son histoire. Objectif : devenir un acteur complet de l’intelligence artificielle et construire une infrastructure cloud européenne capable de rivaliser avec les géants américains.

En juin 2025, Mistral lançait le projet Mistral Compute, une offre d'infrastructure cloud pour permettre aux entreprise de disposer de leur propre puissance de calcul. De quoi couvrir toute la chaîne de l'intelligence artificielle (IA), au-delà du développement de grands modèles de langage (LLM). Ce rachat, annoncé le 17 février, va justement dans ce sens.
Fusion entre deux fleurons parisiens
L'heureuse élue s'appelle Koyeb et elle est, elle aussi, basée à Paris. Fondée en 2020 par d'anciens ingénieurs du fournisseur cloud Scaleway, la start-up est spécialisée dans le déploiement d'applications et de modèles d'IA, dont ceux de Mistral, sans gestion complexe des serveurs. Sa plateforme permet aux développeurs d'exécuter des API, des agents ou des systèmes d'inférence sur des processeurs et des GPU performants, tout en automatisant l'infrastructure en arrière-plan.
Concrètement, ses clients peuvent lancer et faire évoluer leurs applications à grande échelle sans se soucier de la gestion technique. « Les produits et l'expertise de Koyeb vont accélérer notre développement dans le domaine du calcul et contribuer à la création d'un véritable cloud IA », résume Timothée Lacroix, cofondateur et directeur technique de Mistral AI.
Ainsi, la plateforme Koyeb va progressivement devenir un « composant central » de l’offre Mistral Compute dans les prochains mois. Les treize employés de la jeune pousse, ainsi que ses cofondateurs Yann Léger, Édouard Bonlieu et Bastien Chatelard, rejoignent l'équipe d'ingénierie de Mistral.

L'enjeu de la souveraineté
Floriane de Maupeou, principale associée du fonds parisien Selena, qui a investi dans Koyeb, estime que cette acquisition pourrait jouer un rôle clé « dans la construction des fondations d'une infrastructure d'IA souveraine en Europe ». L'enjeu est clairement majeur dans le contexte géopolitique actuel.
De son côté, Mistral AI a récemment franchi le cap des 400 millions de dollars de revenus annuels récurrents. Dans le même temps, l'entreprise a annoncé un investissement d'1,4 milliard de dollars dans des centres de données en Suède. Un passage à l'échelle sans fioriture pour, pourquoi pas, s'imposer comme une référence sur le Vieux Continent.
- Peut tourner en local selon votre configuration
- Open-source
- API peu coûteuse
Sources : TechCrunch, Koyeb