La France lance un appel scientifique international pour mesurer les dangers de l'IA générative sur les enfants, avec une annonce faite ce 18 février par la ministre Anne Le Hénanff au sommet de l'IA à New Delhi.

La France lance un appel scientifique mondial pour protéger les enfants des dangers de l'IA générative. © elenabsl / Shutterstock
La France lance un appel scientifique mondial pour protéger les enfants des dangers de l'IA générative. © elenabsl / Shutterstock

L'intelligence artificielle générative s'est installée dans le quotidien des enfants, mais la recherche scientifique peine encore à mesurer concrètement ses effets. C'est pour combler ce vide que la France a lancé, depuis New Delhi, un appel à contributions scientifiques internationales, avec la volonté de mobiliser toute la communauté mondiale. Les données collectées dans ce cadre alimenteront une commission d'experts chargée de produire des recommandations, dont les conclusions seront présentées lors de la présidence française du G7, autrement dit avant la fin de l'année.

Un appel scientifique international pour mieux comprendre les risques de l'IA générative sur les enfants

C'est à New Delhi, en marge de l'India AI Impact Summit 2026, qu'Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique, a officiellement lancé un appel à contributions scientifiques internationales. L'objectif est de cartographier précisément les risques et vulnérabilités que l'IA générative grand public fait peser sur les mineurs, un angle encore trop peu documenté pour permettre une régulation sérieuse.

L'événement, intitulé « Protéger les enfants à l'âge de l'IA » et organisé sous l'égide de la présidence française du G7, a rassemblé un panel éclectique avec le directeur de l'ENS Paris, des représentants du secteur tech et acteurs du Forum de Paris, ainsi que des diplomates indiens.

Voilà des profils volontairement variés, pour embrasser un sujet qui, lui, ne connaît pas les frontières. Et un événement qui n'est pas sans fondement, puisqu'il fait suite au Forum officiel franco-indien préparatoire, qui avait lieu le 19 janvier 2026 au Campus Cyber, à Puteaux.

Une commission d'experts pour transformer la recherche en régulation concrète

Les données et travaux recueillis grâce à cet appel international nourriront une commission d'experts souhaitée par le président de la République. Sa mission sera de formuler des recommandations concrètes dont les conclusions seront présentées dans le cadre de la présidence française du G7. Un agenda resserré, mais signe d'une volonté politique réelle d'aller vite.

La France n'arrive en tout cas pas les mains vides dans ce débat. L'Assemblée nationale a, sans faire polémique, récemment voté une loi pour bloquer l'accès aux réseaux sociaux aux moins de quinze ans, une première concrète saluée lors du panel, mais perçue comme un début plutôt qu'une fin. La ministre l'a dit clairement encore aujourd'hui : la protection de l'enfance en ligne doit devenir « une priorité absolue, en s'appuyant sur la science et la coopération internationale au service de l'intérêt général. »