La Fondation Sahar lance ce lundi TrackCarbon, une nouvelle application grand public qui permet de mesurer l'empreinte carbone de l'intelligence artificielle. Un outil français, gratuit et open source.

Les intelligences artificielles utilisées par tous comme Gemini, Mistral, ChatGPT ou Claude mobilisent des infrastructures énergivores à chaque requête. Mais combien pèse vraiment notre addiction quotidienne aux IA ? La Fondation Sahar et l'association Trackarbon dévoilent et lancent ce lundi 9 février TrackCarbon, une application qui permet désormais de quantifier en temps l'impact de nos conversations avec les IA génératives. Elle est disponible dès aujourd'hui sur macOS, dans un premier temps.
TrackCarbon analyse l'empreinte carbone de vos requêtes sans collecter vos données
Une fois installée, TrackCarbon surveille vos conversations avec les robots conversationnels. Mais rassurez-vous, c'est pour la bonne cause ! L'application examine la longueur de vos prompts et des réponses obtenues, puis estime la consommation électrique et l'empreinte carbone, se basant sur des données scientifiques. Précision utile et rassurante, toutes vos informations restent en local, sur votre ordinateur, rien ne part sur internet ni vers des serveurs externes.
L'interface de l'outil affiche trois informations clés, mises en avant avec des graphiques colorés, pour savoir combien de requêtes vous avez lancées, quelle énergie vous avez dépensée, quel CO₂ vous avez généré. Pour rendre ces chiffres parlants, l'application transforme votre consommation en exemples du quotidien, comme l'équivalent en recharges de smartphone pour l'électricité, ou les kilomètres en voiture pour le carbone. De quoi réaliser l'impact réel de chaque conversation.
Les algorithmes de calcul s'appuient sur des publications scientifiques référencées, mais l'équipe derrière l'outil assure les limites de l'exercice. Le modèle d'estimation évolue en permanence et fait appel aux contributions de la communauté, composée de d'experts, de chercheurs, voire de fournisseurs de modèles eux-mêmes. L'objectif de la Fondation Sahar est d'affiner progressivement la fiabilité des estimations, en misant sur l'intelligence collective plutôt que sur des certitudes figées.

Une application qui mise sur la transparence et l'open source
L'objectif n'est pas de faire culpabiliser l'utilisateur. Gauthier Schweitzer, président de la Fondation Sahar, insiste sur ce point et explique que « TrackCarbon ne se positionne pas contre l'intelligence artificielle. Son ambition est d'apporter de la nuance, de comparer les usages et les modèles, et de contribuer à une meilleure compréhension de l'impact environnemental de l'IA, afin de favoriser une prise de conscience progressive et des usages plus éclairés et responsables. » Il est donc question d'éclairer et de faire prendre conscience, plutôt que de juger.
Cette transparence passe par l'open source intégral. Le code source est disponible sur GitHub. Il est ainsi consultable et modifiable par quiconque souhaite vérifier les méthodes de calcul ou proposer des améliorations. Le dépôt TrackCarbon-core confirme la démarche open source annoncée avec un code accessible (Python à 72,8%) et une architecture modulaire qui permet à chacun de soumettre ses propres méthodes d'estimation énergétique ou de conversion carbone. Le projet comporte un guide détaillé pour que chercheurs et développeurs puissent contribuer aux algorithmes de calcul.
La feuille de route s'annonce ambitieuse, et notez qu'en plus de macOS, les prochains systèmes d'exploitation Windows et Linux seront bientôt compatibles. Parmi les solutions envisagées dans un futur proche, on peut citer les analyses plus fines par modèle, une interface d'administration pour les entreprises, et surtout, un système de recommandation intelligent capable de suggérer l'IA la moins gourmande selon la tâche demandée. L'application est téléchargeable dès maintenant. Reste à voir si elle parviendra à modifier nos réflexes face aux IA toujours plus omniprésentes. Notons qu'il existe certaines alternatives, comme EcoLogits, également open source et portée par le ministère de la Culture.