Le Waymo Driver a déjà parcouru près de 200 millions de kilomètres sur routes ouvertes aux États-Unis. Pour préparer ses véhicules aux situations les plus rares, les équipes de Waymo multiplient les kilomètres simulés, avec des scénarios impossibles à reproduire à grande échelle dans le monde réel.

Les ingénieurs de Waymo ont pré-entraîné Genie 3 sur un vaste ensemble de vidéos issues de villes américaines, de routes secondaires et de zones rurales - ©NorthSky Films / Shutterstock
Les ingénieurs de Waymo ont pré-entraîné Genie 3 sur un vaste ensemble de vidéos issues de villes américaines, de routes secondaires et de zones rurales - ©NorthSky Films / Shutterstock

C'est au début de ce mois que Waymo a présenté son Waymo World Model, un moteur de simulation conçu pour exposer ses véhicules autonomes à des situations extrêmes. Les ingénieurs utilisent Genie 3, développé par DeepMind, pour générer des environnements urbains et naturels proches du réel.

Dans ces scènes, un Waymo Driver ne sera donc pas surpris de croiser un camion à contresens, traverser une rue submergée ou s’arrêter devant un animal surgissant sans préavis. Les équipes observent chaque réaction et ajustent les paramètres de conduite pour tester d’autres issues possibles. Le véhicule répète ces situations, parfois des centaines de fois, alors qu’aucune route réelle ne permettrait une telle répétition.

De scénarios extrêmes en incidents improbables, le Waymo World Model ne laisse rien passer

Les ingénieurs de Waymo ont pré-entraîné Genie 3 sur un vaste ensemble de vidéos issues de villes américaines, de routes secondaires et de zones rurales. Ils construisent ensuite des scènes dans lesquelles un piéton traverse hors passage protégé, un SUV transporte des meubles instables ou un arbre bloque la chaussée après une tempête. Le Waymo Driver freine, change de voie ou s’immobilise. Les équipes comparent ces décisions avec celles enregistrées lors de trajets réels, puis modifient les commandes de conduite.

Ainsi, il maîtrise la situation en toutes situations. Que ce soit sur le Golden Gate Bridge ou sous une chute de neige simulée, le véhicule ralentit face à un trafic dense. Dans une impasse inondée, il manœuvre entre des objets flottants. Les équipes tentent de gruger le système en changeant l’heure de la journée, déplaçant les autres usagers ou modifiant la configuration des routes pour créer de nouvelles situations. Chaque test confronte le véhicule à un cas limite, et chaque résultat va servir à améliorer et agrémenter les scénarios suivants.

Il n'est donc pas rare de voir apparaître des objets inhabituels dans ces simulations. Les Waymo Drivers pourront très bien rencontrer un tumbleweed géant, la fameuse boule d'herbes sèches qui traverse le désert dans nos westerns d'enfance, mais aussi un éléphant qui traverse une avenue en ville ou un piéton déguisé en dinosaure qui erre sur la chaussée. Charge aux équipes d'évaluer les distances de sécurité et la trajectoire adoptée. Ils replacent ensuite l’obstacle ailleurs ou modifient sa vitesse pour vérifier la cohérence du comportement du véhicule. Ces séquences permettent d’examiner des cas rares que la circulation réelle n’exposerait qu’une fois sur plusieurs millions de kilomètres.

Contrôle précis et visualisation détaillée

Tout est réglé comme sur du papier à musique chez Waymo. De la position des autres véhicules, à l'état des feux tricolores en passant par la largeur des voies. Il suffit d'ordonner des changements d’itinéraires pour évaluer plusieurs choix de conduite sur une même scène. À partir de vidéos prises par des caméras embarquées ou des appareils grand public, il est possible de recréer des parcours en simulation et observer comment le Waymo Driver interprète chaque relief, chaque obstacle ou chaque variation de lumière.

Tout est passé au crible grâce à l'analyse des nuages de points 4D générés par les capteurs lidar. Ils servent à vérifier la distance exacte entre le véhicule et son environnement, la position des roues ou l’angle de braquage à chaque instant. Sur autoroute, le Waymo Driver est ainsi capable de slalomer entre des motocyclistes ou se réinsèrer dans un trafic rapide. Dans un quartier escarpé, il effectue un demi-tour serré les doigts quasiment dans le nez sous l’œil affûté des examinateurs de la marque.