Universal Music Group, Concord Music Group et ABKCO Music ont assigné Anthropic devant le tribunal fédéral du nord de la Californie pour 3 milliards de dollars. Ils reprochent à l'éditeur de Claude d’avoir utilisé plus de 20 000 chansons protégées pour entraîner ses modèles.

Le dépôt de plainte des éditeurs date du 28 janvier. Selon eux, l'éditeur de Claude a récupéré des chansons, des partitions et des paroles sur des sources non autorisées et les a intégrées dans ses jeux de données. Les plaignants estiment que ces actions constituent un « piratage flagrant » et réclament des dommages et intérêts. D'autant que le nombre d’œuvres en cause a fortement augmenté depuis une première plainte qui mentionnait seulement 500 titres.
Dario Amodei et Benjamin Mann apparaissent dans la plainte. Les documents montrent que les deux fondateurs d'Anthropic ont directement orchestré la collecte et l’usage des œuvres protégées. L'éditeur n’a pas commenté au moment du dépôt.
Une collecte systématique et organisée
Les avocats des éditeurs avaient déjà représenté des auteurs dans l’affaire Bartz contre Anthropic, dans laquelle l’entreprise utilisait des livres protégés. Le procès avait été évité de justesse grâce à un accord à l’amiable négocié à 1,5 milliard de dollars, soit environ 3 000 dollars par œuvre. Le juge William Alsup avait toutefois estimé que l’acquisition de contenu piraté restait illégale, même si certains usages pouvaient relever de l’exception de citation.
Mais dans cette nouvelle plainte, les éditeurs montrent que les téléchargements de 20 000 chansons ne constituent pas un incident isolé. Chaque chanson, chaque partition et chaque parole a été collectée pour alimenter les modèles commerciaux d’Anthropic sans verser de rémunération aux auteurs. Des archives pirates de plusieurs centaines de téraoctets ont fourni les fichiers utilisés pour entraîner Claude.
Les documents déposés précisent comment les œuvres ont été organisées et intégrées. Les plaignants pointent la supervision des dirigeants et prouvent que cette opération n'a plus rien d’une simple collecte automatisée.

Une affaire qui pourrait transformer le droit d’usage des contenus
La loi américaine prévoit des indemnités importantes par œuvre contrefaite. Avec 20 000 titres concernés, les éditeurs réclament 3 milliards de dollars. Les documents précisent également que les dirigeants ont tiré un avantage commercial direct de l’usage des chansons.
Mais les éditeurs souhaitent aller plus loin et mettent l'accent sur l’aspect juridique de l’affaire. Une décision favorable pourrait créer un précédent pour tout le secteur technologique, en clarifiant comment les entreprises peuvent utiliser des œuvres protégées pour entraîner leurs modèles. On entrevoit alors la perspective d’une « adoption plus large de jeux de données sous licence », ce qui sécuriserait les revenus des éditeurs et valoriserait leurs catalogues. Chaque étape de l’affaire renforce leur position dans la négociation des licences et dans la protection des droits d’auteur.
Charge maitenant au tribunal d'examiner si Anthropic a violé le droit d’auteur de manière répétée et si les cofondateurs ont participé à la collecte et à l’utilisation des œuvres protégées. Les audiences n’ont pas commencé et l’entreprise reste silencieuse.
Source : TechSpot