Pour la première fois, Google envisage de laisser les sites Web refuser l'utilisation de leurs contenus par ses outils d'intelligence artificielle (IA) générative. Mais le géant prévient déjà : toucher à cet équilibre pourrait profondément bouleverser son moteur de recherche et, avec lui, l'architecture même du Web.

Google doit prendre des décisions fortes à l'ère de l'IA. ©Melnikov Dmitriy / Shutterstock
Google doit prendre des décisions fortes à l'ère de l'IA. ©Melnikov Dmitriy / Shutterstock

Ces derniers mois, Google a accéléré le virage vers l'IA. Avec AI Overviews, Search affiche désormais en tête des résultats des résumés rédigés par IA, censés répondre directement aux questions des internautes. En parallèle, AI Mode pousse encore plus loin la logique, en transformant la recherche en échange conversationnel.

Mais la Competition and Markets Authority (CMA), régulateur britannique de la concurrence, passe à l'offensive. Elle propose d'imposer à Google de redonner la main aux éditeurs, en leur permettant de refuser que leurs contenus soient utilisés par les fonctionnalités d'IA générative. Une consultation publique est actuellement tenue, et s'achèvera le 25 février.

Google explore une nouvelle possibilité

Sous la pression des régulateurs, Google admet pour la première fois réfléchir à un changement de fond dans la manière dont ses outils d'IA utilisent les contenus du Web. Dans un billet de blog publié cette semaine, le groupe explique « explorer des mises à jour de ses contrôles » afin de permettre aux sites Web de refuser explicitement l'utilisation de leurs contenus dans les fonctionnalités d'IA générative de Search.

Ces options viseraient directement AI Overviews et AI Mode, qui s'appuient sur des articles, images et données tierces pour générer des réponses. La désinscription n'impliquerait pas de disparaître du moteur de recherche classique : les éditeurs pourraient dire non à l'IA, tout en restant visibles dans les résultats traditionnels.

Cette position marque, malgré tout, un virage franc, la firme de Mountain View défendant une approche beaucoup plus globale et indissociable entre indexation, la recherche et l'intelligence artificielle depuis des années.

La fonctionnalité AI Overviews de Google Search. ©DIA TV / Shutterstock
La fonctionnalité AI Overviews de Google Search. ©DIA TV / Shutterstock

Un changement profond de paradigme ?

Mais l'entreprise rappelle aussi que l'IA est au cœur de Search depuis plus de dix ans, bien au-delà des résumés génératifs visibles aujourd'hui. Elle intervient dans le classement des résultats, la détection du spam ou la mise en avant des liens pertinents. Créer des dispositifs de retrait trop stricts pour l'IA générative pourrait, selon elle, affaiblir ces mécanismes fondamentaux, ralentir l’accès à l'information et compliquer la découverte des sites Web à grande échelle.

L'enjeu est crucial. Au-delà du cas Google, c'est le contrat implicite qui a structuré le Web depuis vingt ans qui est remis en cause. Les éditeurs ont longtemps accepté d'offrir leurs contenus à l'indexation en échange de trafic.

Avec l'IA, cet équilibre se fissure : les résumés peuvent se substituer à la visite, la valeur est captée en amont par la plateforme, et les créateurs voient leur visibilité comme leurs revenus s'éroder. Le débat dépasse donc largement le Royaume-Uni, la décision de la CMA pourrait ainsi faire jurisprudence et redessiner les règles.

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