Arianespace vient de signer un contrat pour lancer deux satellites Galileo de seconde génération avec Ariane 6. Une cinquième mission à venir, donc, et une indépendance spatiale européenne assumée face aux géants américain et chinois.

En décembre dernier, Arianespace avait lancé avec succès deux satellites Galigeo, avec Ariane 6. © Arianespace
En décembre dernier, Arianespace avait lancé avec succès deux satellites Galigeo, avec Ariane 6. © Arianespace

Propulsée par Arianespace, l'Europe tisse patiemment mais sûrement sa toile dans l'espace. Ce lundi 27 janvier depuis Bruxelles, lors de la Conférence spatiale européenne, l'opérateur français a officialisé son contrat avec l'agence de l'Union européenne pour le programme spatial (EUSPA) pour propulser deux nouveaux satellites du système de géolicalisation Galileo. Baptisée L18, la mission marquera le cinquième rendez-vous entre le lanceur Ariane 6 et la constellation, après un baptême du feu couronné de succès en décembre dernier.

Ariane 6 décroche sa cinquième mission Galileo

Le nouveau lanceur européen Ariane 6 enchaîne les missions pour Galileo, l'équivalent européen du GPS américain. Le contrat signé avec l'Agence de l'Union européenne pour le programme spatial officialise au passage une décision prise en avril 2024. Ces deux satellites de nouvelle génération rejoindront la constellation en orbite pour offrir une localisation plus précise aux utilisateurs partout dans le monde.

Le lanceur a fait ses preuves le 17 décembre dernier. Ce jour-là, Ariane 6 réussissait ses débuts avec Galileo en envoyant deux satellites de la mission L14 exactement là où ils devaient aller. Une précision qui a rassuré les responsables européens sur les capacités du nouveau lanceur pour ces missions spatiales ultra-délicates.

Le planning s'annonce chargé avant L18. Trois autres vols attendent Ariane 6 pour Galileo, avec d'abord les missions L15 et L16, qui complèteront la première génération de satellites, et L17 qui inaugurera le déploiement des engins de nouvelle génération. Un ballet spatial orchestré pour garantir la continuité du service de géolocalisation européen. Et cette fois, SpaceX n'en profitera pas.

La signature entre Arianespace et l'EUSPA, ce mardi 27 janvier 2026 à Bruxelles. © Arianespace
La signature entre Arianespace et l'EUSPA, ce mardi 27 janvier 2026 à Bruxelles. © Arianespace

L'Europe joue son autonomie technologique dans l'espace

Ce contrat représente bien plus qu'un simple transport de satellites. « Cette signature illustre l'engagement d'Arianespace à garantir à l'Europe un accès souverain à l'espace », souligne David Cavaillolès, président exécutif d'Arianespace. Avec Galileo, l'Europe dispose de son propre système de localisation satellite, sans dépendre d'acteurs étrangers. Une autonomie stratégique pour les gouvernements, institutions et citoyens.

L'EUSPA confirme sa montée en puissance. « Ce nouveau contrat de lancement reflète l'engagement durable de l'EUSPA dans son rôle élargi, notamment en ce qui concerne les activités de lancement », explique de son côté Rodrigo da Costa, son directeur exécutif. Chaque satellite envoyé conforte l'autonomie spatiale européenne et améliore les services proposés aux utilisateurs.

Pour la Commission européenne, « le programme Galileo constitue un pilier de l'autonomie stratégique de l'Europe », rappelle Timo Pesonen, directeur général de la défense et de l'espace. Dans un monde où la maîtrise des infrastructures spatiales devient cruciale, Ariane 6 préserve l'accès fiable et indépendant de l'Europe à l'espace pour ses infrastructures critiques.