Alors que le marché des lunettes intelligentes est en plein essor, les conflits autour de la propriété intellectuelle se multiplient. Et cette fois, c'est le leader du secteur, Meta, qui en paye les frais.

Grâce à ses partenariats avec Ray-Ban et Oakley, l'entreprise de Mark Zuckerberg connaît un succès retentissant dans les lunettes connectées. À tel point qu'elle envisage de doubler la production de son modèle pour répondre à la demande croissante. Mais d'après Solos, un autre fabricant de lunettes intelligentes, la technologie de Meta s'appuie sur ses propres travaux.
Des brevets qui couvrent des « technologies cœur »
Dans une plainte déposée dans l'État du Massachusetts, Solos l'accuse d'avoir sciemment violé plusieurs de ses brevets couvrant des « technologies cœur » des lunettes connectées. Le document cible principalement la Ray-Ban Meta Wayfarer Gen 1, que Solos présente comme la base technique de toute la gamme actuelle.
Selon elle, les modèles plus récents ne seraient que des déclinaisons d'une plateforme initiale déjà fondée sur ses inventions protégées. Elle réclame, dans ce contexte, des dommages de plusieurs milliards de dollars et une injonction pouvant aller jusqu'à bloquer certaines ventes.
Dans sa plainte, la firme explique qu'une chercheuse du MIT, Priyanka Shekar, a publié en 2021 une étude stratégique sur ses appareils, citant explicitement plusieurs de ses brevets, avant de rejoindre Meta comme cheffe de produit. Il s'agit, pour Solo, d'une preuve que des connaissances issues de ses technologies brevetées ont été intégrées en interne chez Meta avant la commercialisation conjointe avec EssilorLuxottica, propriétaire de Ray-Ban et Oakley.

Lourdes accusations
Mais ce n'est pas tout. Le document affirme que les marques de lunettes ont eu accès très tôt à ses technologies, bien avant l’arrivée de Meta sur le marché. Des ingénieurs d'Oakley auraient ainsi découvert ses prototypes dès 2015. Et en 2017, des réunions avec EssilorLuxottica auraient permis de partager en détail sa feuille de route technologique.
« Au moment où Meta a commercialisé conjointement des lunettes intelligentes avec EssilorLuxottica vers 2021, les deux parties avaient accumulé des années de connaissances directes, approfondies et de plus en plus détaillées sur la technologie des lunettes intelligentes de Solos », indique la plainte. Les lunettes de Solos proposent des fonctionnalités d'intelligence artificielle intégrées telles que la traduction et l'intégration de ChatGPT. Mais elles sont bien moins populaires que celles de Meta.
Cette affaire intervient peu de temps après que Xreal, autre spécialiste des lunettes connectées, ait déposé une plainte pour contrefaçon aux États-Unis contre l'un de ses concurrents, Viture.
Source : Bloomberg