Google vient de lever le voile : installer des applications hors Play Store va devenir un parcours du combattant. Et cette fois, pas de retour en arrière possible.

Android © Shutterstock
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C'est un véritable jeu de dupes qui se joue sous nos yeux. Après avoir brièvement fait mine de reculer face aux protestations, Google revient à la charge avec une subtilité sémantique dont seule la Silicon Valley a le secret. La firme confirme désormais officiellement qu'un processus d'installation à « haute friction » arrive sur Android . Finie la simple case à cocher : préparez-vous à une course d'obstacles.

Quand la sécurité devient une arme à double tranchant

Pour comprendre l'ampleur du changement, il faut écouter Matthew Forsyth. Le directeur de la gestion produit pour l'expérience développeur chez Google Play a tenté d'éteindre l'incendie sur X avec une rhétorique bien huilée. Selon lui, ce nouveau dispositif n'est pas une restriction, mais une « couche de responsabilisation ».

Dans une réponse directe aux inquiétudes de la communauté, il précise : « Les utilisateurs avancés pourront toujours choisir d'« installer sans vérifier », mais nous voulons nous assurer qu'ils comprennent les risques ». Traduction : le bouton existera toujours, mais il faudra probablement valider plusieurs écrans d'avertissement anxiogènes pour l'atteindre. La stratégie est limpide : ne pas interdire techniquement, mais décourager humainement.

Une liberté qui s'évapore étape par étape

La méthode de Google rappelle à s'y méprandre à ce qu'Apple avait fait pour se conformer au Digital Market Act. Android multiplie les avertissements lors de l'installation de fichiers APK provenant de sources non vérifiées. Chaque étape supplémentaire, chaque message d'alerte, chaque validation devient un obstacle dissuasif. Le discours officiel parle de sensibilisation aux risques. La réalité, c'est que chaque clic supplémentaire éloigne un peu plus l'utilisateur lambda de l'installation d'une application tierce.

Le problème est que cette politique frappe aveuglément. Les boutiques alternatives comme F-Droid, qui proposent des milliers d'applications open source sans traqueurs, se retrouvent dans le même sac que les distributeurs douteux. Comme nous l'évoquions précédemment, la fronde des développeurs s'était organisée autour du mouvement « Keep Android Open », dénonçant une mesure qui menace directement l'écosystème indépendant. Les nouvelles déclarations de Google confirment leurs pires craintes.

Google justifie ces mesures par les dangers du sideloading, alors que le Play Store lui-même a dû supprimer des dizaines d'applications malveillantes qui avaient infecté des millions d'utilisateurs en août dernier. Pendant que la firme verrouille l'entrée du système, les menaces continuent de prospérer à l'intérieur même de sa boutique officielle.

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31 décembre 2025 à 09h19
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Il faut aussi prendre la mesure du paradoxe. Nous parlions plus haut du Digital Markets Act pour justifier l'abaissement partielle des barrières d'iOS, mais ce texte pousse aussi Google à ouvrir davantage son écosystème. Or, Android semble prendre la direction opposée pendant que l'entreprise multiplie les barrières techniques. Pour les utilisateurs avancés et les défenseurs du logiciel libre, le message est sans appel : Android n'est plus tout à fait la plateforme libre qu'il prétendait être.