Le patron de Tesla et SpaceX, Elon Musk, réclame jusqu'à 134 milliards de dollars à Microsoft et OpenAI, alors que le procès qui les oppose est prévu en avril. Le dirigeant estime mériter les bénéfices générés par son investissement initial.

Face à OpenAI et Microsoft, Elon Musk n'y va pas avoir le dos de la cuillère. © FotoField / Shutterstock
Face à OpenAI et Microsoft, Elon Musk n'y va pas avoir le dos de la cuillère. © FotoField / Shutterstock

Un document judiciaire déposé par Elon Musk et ses avocats vendredi fait état de la volonté du milliardaire de récupérer jusqu'à 134 milliards de dollars auprès d'OpenAI et de son partenaire Microsoft. Celui qui est aussi le propriétaire du réseau social X affirme avoir été dépossédé des fruits de son investissement de 2016, alors que son ancienne création est devenue l'un des acteurs majeurs de l'intelligence artificielle mondiale. Une revendication qu'il assume avec autant de force aujourd'hui qu'il y a quelques mois.

Des millions investis pour des milliards générés, et Elon Musk veut sa part du gâteau

Le calcul d'Elon Musk a de quoi faire tourner les têtes. D'après les documents judiciaires déposés vendredi et consultés par Reuters, OpenAI aurait empoché entre 65,5 et 109,4 milliards de dollars depuis l'investissement initial d'Elon Musk. Le géant Microsoft, étroitement lié à OpenAI, aurait quant à lui récolté entre 13,3 et 25,1 milliards de cette croissance fulgurante.

À l'origine, le pari semblait modeste puisqu'en 2015, Musk n'avait injecté « que » 38 millions de dollars dans OpenAI, à ce moment-là une start-up inconnue. Cette somme représentait d'ailleurs 60% du financement initial. Mais aujourd'hui, le milliardaire ne réclame pas seulement un retour sur cet investissement. Il veut aussi être rémunéré pour tout ce qu'il a apporté d'autre, et compte sur ce procès pour obtenir gain de cause.

« Sans Elon Musk, OpenAI n'existerait pas », affirme son avocat Steven Molo. Selon la défense, le propriétaire de Tesla aurait également apporté son carnet d'adresses, sa réputation et son expertise du passage à l'échelle. Des contributions immatérielles qu'un expert financier a méthodiquement chiffrées pour étayer la demande astronomique.

OpenAI dénonce une campagne de harcèlement orchestrée par Musk

La réponse d'OpenAI a le mérite d'être claire. L'entreprise californienne, qui édite le désormais célébrissime ChatGPT, qualifie cette réclamation de « demande non sérieuse » et accuse son ancien cofondateur, Elon Musk donc, de mener une « campagne de harcèlement » envers la société. OpenAI et Microsoft rejettent en bloc les calculs présentés par Musk, qu'ils jugent « inventés » et « invérifiables ».

Cette action en justice, qu'il couve depuis de longs mois, n'arrive pas par hasard. Depuis qu'il a quitté OpenAI en 2018, Elon Musk a créé xAI, son propre concurrent direct avec le chatbot aux prompts et résultats plus que douteux Grok. Il accuse OpenAI d'avoir abandonné ses idéaux de départ pour devenir une entreprise classique qui court après les profits, et en 2026, sa position n'a pas évolué.

Le procès XXL débutera au mois d'avril devant un tribunal de Californie. Au-delà du cas Elon Musk, c'est toute la Silicon Valley qui observera les débats. Car cette affaire pourrait créer un précédent majeur dans la tech : un fondateur qui quitte son entreprise avant son succès a-t-il droit à une part des profits futurs ? La réponse pèsera des dizaines de milliards.