Il devait être le smartphone haut de gamme made in USA, mais le téléphone Trump Mobile n’a jamais trouvé son public. Retards, promesses mouvantes et précommandes en attente ont fini par attirer l’attention de la FTC. Des élus demandent l’ouverture d’une enquête.

Souvenez-vous, c’était en juin dernier. On trouvait déjà curieux que le T1 de Trump Mobile affiche une fabrication aux États-Unis, mette en avant une production américaine, alors que d’après les informations accessibles, la fabrication avait lieu… en Chine, comme pour la plupart des smartphones Android. Trump Mobile utilisait la couleur dorée et des messages patriotiques pour attirer les clients, mais la chaîne de production ne correspondait pas aux promesses.
À ce moment-là, Trump Mobile avait déjà ouvert les précommandes. Des acheteurs avaient versé un acompte pour réserver leur téléphone. Mais les livraisons annoncées n’arrivaient pas. Plusieurs clients ont contacté la société pour obtenir des explications, souvent sans réponse claire. En janvier 2026, plusieurs sénateurs démocrates ont envoyé un courrier à la Federal Trade Commission. Ils demandent à cette agence fédérale, chargée de protéger les consommateurs américains, de vérifier les pratiques commerciales de Trump Mobile et le respect des règles autour des précommandes.
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Les clients et les sénateurs vent debout contre les manquements du Trump Mobile
Les précommandes du T1 étaient possibles dès l’ouverture du site. Plusieurs clients ont versé un acompte de 100 dollars pour réserver leur appareil, séduits par la couleur dorée, le prix et le discours de Trump Mobile qui vantait un smartphone « Made in USA ».
Au fil du temps, ne voyant pas leur précieux arriver dans leurs boîte aux lettres, les premiers acheteurs ont tenté de savoir quand ils recevraient leur téléphone. Ils ont appelé le service client, envoyé des e-mails et utilisé les formulaires du site pour obtenir des informations. Certains ont reçu des réponses partielles, d’autres des messages contradictoires. Beaucoup sont restés sans retour précis, soit largement de quoi déclencher colère et méfiance.
Pendant ce temps, des journalistes et analystes ont contacté des fournisseurs et examiné certaines étapes de production. Les investigations ont montré que la majorité des composants provenaient de Chine, alors que Trump Mobile continuait d’afficher une fabrication américaine. Ces vérifications ont fourni aux sénateurs des éléments concrets pour rédiger leur courrier à la Federal Trade Commission (FTC) en cette mi-janvier.
Les clients ont également partagé leurs expériences sur des forums et réseaux sociaux. Ils ont détaillé les appels répétés, les échanges par messagerie et les notifications automatiques annonçant des livraisons qui n’arrivaient pas. Ces témoignages ont permis aux élus de constituer un dossier structuré, avec des faits datés et vérifiables, pour demander à la FTC d’examiner la gestion des précommandes et la communication de Trump Mobile.
La FTC monte au créneau et examine les pratiques commerciales du T1
Dans un courrier adressé le 15 janvier dernier à la FTC, plusieurs sénateurs démocrates, sous la houlette d'Elizabeth Warren, ont détaillé les précommandes en attente, les retards répétitifs et les informations contradictoires communiquées par Trump Mobile à ses clients. Le courrier demandait à l’agence fédérale de vérifier si la société respectait les règles relatives aux pratiques commerciales et à la protection des consommateurs.
La FTC a donc commencé par demander à Trump Mobile un ensemble de documents internes. L’agence a sollicité les contrats avec les fournisseurs, les plannings de production et les informations relatives aux acomptes versés par les acheteurs. Les agents ont également récupéré les preuves des communications envoyées aux clients, pour établir un état précis des informations transmises et de la réalité des livraisons.
Ils ont ensuite examiné la publicité autour du T1. Ils ont vérifié les messages qui mettaient en avant une fabrication américaine et la couleur dorée du téléphone, et confronté ces affirmations aux données recueillies auprès des fournisseurs et des fabricants des composants. L’objectif était de déterminer si les informations publiées correspondaient aux conditions effectives de production et de livraison.
De leur côté, les sénateurs ont fourni à la FTC les témoignages des clients. Ces documents comprenaient des copies d'e-mails, des échanges avec le service client et des preuves de versements d’acomptes. Chaque élément a permis à l’agence de reconstituer le déroulé des précommandes, les délais constatés et les difficultés rencontrées par les acheteurs.
L’enquête a également inclus la vérification des dates de livraison annoncées et des changements éventuels dans les caractéristiques du téléphone. La FTC a étudié les documents pour identifier tout écart entre les promesses commerciales et la réalité opérationnelle.
Les sénateurs ont fixé au 15 février la date limite pour obtenir une réponse de la FTC, et souligné dans leur courrier que ce délai devait servir à vérifier l’indépendance de l’agence. Car il faut savoir qu'en février 2025, le président Trump avait signé un décret qui renforçait le contrôle de la Maison-Blanche sur les agences de régulation, y compris des organismes comme la FTC. Depuis, chaque décision politique doit passer par l’approbation présidentielle, et les budgets de ces commissions restent sous supervision directe de la présidence.
L’administration a présenté cette mesure comme une façon de rendre les agences responsables devant le peuple américain. Les critiques, en revanche, y voient un moyen d’étendre le pouvoir exécutif sur des organismes supposés indépendants.
Source : The Register, Sénat, Maison Blanche