Que Choisir s’oppose « au cartel du SMS » formé par Orange/SFR/Bouygues

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Le 26 novembre 2003
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L'UFC-Que Choisir accuse les trois opérateurs mobiles français d’abus de position dominante conjointe en matière de SMS. L’association veut saisir les autorités...

L'UFC-Que Choisir accuse les trois opérateurs mobiles français d'abus de position dominante conjointe en matière de SMS. L'association veut saisir les autorités...

Dans un communiqué mis en ligne mardi, l'Union fédérale des consommateurs-Que Choisir (www.quechoisir.org) s'est dite « déterminée à faire tomber le cartel des trois opérateurs mobiles français sur le marché du SMS ». Pour mémoire, le SMS (short message service) permet d'émettre et de recevoir des messages textuels limités à 160 caractères. Marché juteux, près de 7,5 milliards de messages courts sont envoyés en France chaque année, dont 75% par les jeunes âgés de 8 à 24 ans.

L'UFC estime pour sa part qu'en proposant aux clients de la téléphonie mobile le SMS au prix unique de 0,15 euro depuis 1999, Orange (groupe France Télécom), SFR (groupe Cegetel) et Bouygues Telecom « ont donné l'illusion, à la jeunesse en particulier, d'un juste prix ».

L'association de défense des consommateurs ajoute que « les offres par paquets de SMS ne sont qu'un simulacre de concurrence puisque le revenu moyen par mini-message n'a pas diminué de façon significative ».

Après une investigation de 6 mois, l'UFC-Que Choisir a constaté que chaque opérateur français réalise « la marge exorbitante de 82% sur chaque envoi de mini-message qui ne lui coûte en fait que 0,02 euro ! »

Or, l'association affirme que pour un coût opérateur de 0,05 euro le message court, le SMS dégagerait encore « une marge très confortable de 47% ». A ce prix, « les jeunes consommateurs en France auraient économisé 400 millions d'euros en 2002 ! »

Afin que cette situation cesse et que les consommateurs aient enfin droit à « un véritable prix de marché », l'UFC-Que Choisir a décidé de saisir le Conseil de la Concurrence « pour abus de position dominante conjointe » et de mobiliser ses partenaires « pour une action européenne début 2004 ».

Par ailleurs, l'association appelle « tous les consommateurs à exprimer leur mécontentement et leur volonté de ne plus être surfacturés » en signant une pétition nationale disponible en ligne sur www.quechoisir.org.

Ce nouveau brûlot de l'UFC-Que Choisir à propos de la situation du marché mobile français, a été immédiatement suivi de la réaction de SFR (www.sfr.fr).

L'opérateur souligne dans un communiqué avoir fait « baisser le prix des Texto » (les SMS chez SFR) à travers des « opérations spécifiques », des « forfaits Texto », avec un prix moyen d'envoi du SMS compris entre 0,08 et 0,10 euro, aux « promotions régulières » tout au long de l'année.

Grâce à ces différentes initiatives, l'opérateur affirme que « 95% » de ses abonnés « paient la majorité de leurs Texto entre 0 et 0,10 euro. Ces montants placent SFR dans la fourchette basse des tarifs des opérateurs européens, qui se situent entre 0,22 euro pour les Pays Bas et 0,08 euro pour la Grèce ».

Enfin, SFR ajoute que le coût réel d'un SMS estimé à 0,02 euro par l'UFC-Que choisir « ne reflète absolument pas la réalité des coûts engendrés par ce service ». L'opérateur conclut que le chiffre de 82% de marge avancé par l'association « est totalement erroné », sans pour autant communiquer sa propre estimation.

Ariane Béky
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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