Karl Zero : "Le Club du Net AOL est une émission de démocratie participative"

24 octobre 2006 à 00h00
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Animateur remercié par Canal+, Karl Zero choisit Internet et la présidentielle "pour retrouver le parler vrai des débuts du 'Vrai Journal' ou des radios libres

AB - Karl Zero, bonjour. Nous optons pour le vouvoiement ou le tutoiement ?

KZ - Bienvenue, comme tu veux.

AB - Jusqu'à quel point parle-t-on "vrai ou plus vrai" sur Internet ? Avec 'le Club du Net AOL' fais-tu ce que tu aurais souhaité présenter à la télévision ?

KZ - Le champ des possibles sur Internet et bien plus vaste qu'à la télévision, ça change absolument tout. Pour quelles raisons je me retrouve sur le Net aujourd'hui ? Pour retrouver le "parler vrai" des débuts du 'Vrai Journal' ou des radios libres.

J'ai été viré de Canal+, comme tu le sais. La chaîne ne souhaitait pas s'engager avec moi dans la couverture "participative" de la campagne présidentielle. L'esprit Canal c'est quoi aujourd'hui exactement ? Avec Laurence Ferrari, je ne lui en veux pas particulièrement, l'objectif théorique est de décrypter la campagne présidentielle 2007. Mais nous sommes dans une sorte de non dit, la direction de Canal veut tout formater.

Autre chose, la fusion Canal/TPS n'a pas été souhaitée mais forcée. Il y a encore une semaine, 'le Club du Net AOL' portait le nom de 'Club AOL SFR'. Mais voilà, Canal+ a intimé l'ordre à SFR de ne pas continuer le partenariat engagé. C'est grave pour SFR qui rêverait de faire du contenu .

Je ne regrette pas de m'être tourné vers Internet, via un blog pour commencer (karlzero.podemus.com), leweb2zero.tv ensuite (un dailymotion, un YouTube 'like' avec des garde-fous) et 'le Club du Net AOL' aujourd'hui.

Avec Internet, on dispose d'un formidable espace de liberté. Un exemple : La théorie du complot, chère à Thierry Meyssan, derrière les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. La question n'est pas ici de défendre telle ou telle thèse mais de constater que cette hypothèse a été occultée par les médias "mainstream".

Heureusement, avec les documents du web 2.0 nous avons eu la possibilité d'entendre d'autres sons de cloche, de voir d'autres images. C'est primordial.

De plus, grâce au web citoyen, des gens qui ne pouvaient pas, sur d'autres supports, exprimer et échanger leurs idées, être observateurs autant qu'acteurs, peuvent le faire comme au début des radios libres.

Ceci dit, si avec 'le Club du Net AOL' je vais pouvoir m'adresser et intéresser les jeunes et moins jeunes connectés à l'Internet haut débit, en revanche, et c'est dommage, je vais perdre une partie de l'audience du 'Vrai Journal', à savoir : des jeunes de banlieues qui disposaient plus facilement d'un accès au téléviseur familial qu'à Internet.

Profitons aujourd'hui du Réseau, de la liberté offerte, car l'ombre de la régulation plane.

AB - 'Le Club du Net AOL' n'est pas un projet communautaire "open source", mais un projet basé sur un contrat commercial. Dans ce cadre, quelle est ta marge de manoeuvre ?

KZ - Mon indépendance éditoriale est totale, c'est convenu dans notre contrat. J'ajoute que 'le Club du Net AOL' peut être considéré comme une sorte de projet open source. Bon, je fais mon truc à moi, mais l'ensemble est ouvert aux interventions de blogeurs, politiques, citoyens. C'est par l'image, la vidéo, streaming ou podcast peu importe, que nous ferons passer le message, que nous ferons participer les internautes au débat.

Meyssan ne sera pas invité dans ce cadre, Dieudonné, en revanche, pourrait intervenir dans l'émission car c'est un politique. Les voix alternatives auront également leur place sur le Club du Net AOL, pas l'extrême droite, ni Mégret, ni Le Pen. Je ferai des choix, ça ne sera pas 'tout et n'importe quoi'. Une chose est sûre, une web tv de campagne présidentielle a du sens si les candidats s'y présentent. Laurent Fabius a essuyé les plâtres, il a accepté d'être mon premier invité.

AB - Les journalistes en ligne, qui peuvent être blogueurs, sont-ils eux-aussi des "crétins écervelés" ? L'avenir de la presse passe-t-il par Internet ?

KZ - Pour répondre à ta première question, j'ai effectivement qualifié mes collègues journalistes de "crétins écervelés" dans un podcast diffusé sur le blog de Loïc Le Meur. Un bémol : Internet est un média plus libre, les méthodes de travail y sont différentes. Quant aux journalistes, globalement, il faut bien qu'ils croutent.

Oui l'avenir de la presse, du journalisme, passe par Internet. En fait, en ligne ou pas, un journaliste, à mes yeux, c'est un pirate, un voyou, un Alex Jordanov - lourdé de Capa d'ailleurs. Il n'a pas de frontières, pas de barrières. Une partie des gens qui choisissent d'être journalistes font ce métier pour ça.

AB - Y compris au risque de se "planter" ?

KZ - Tu penses à quoi, à l'affaire Alègre !?

AB - Oui.

KZ - Concernant cette affaire , nous verrons le résultat plus tard, dans 10 ou 20 ans. Pourquoi tout le monde m'est tombé dessus au même moment ? On doit y réfléchir.

Aujourd'hui, sur le Web, je deviens "Karl 2.0", je suis anobli ce qui ne m'empêchera pas de travailler à nouveau à la télévision, avec Arte par exemple.

Pour revenir au 'Club du Net AOL', l'émission n'est pas un 'Vrai Journal' avec moins de moyens, c'est différent : il y a peu ou pas de sketches et plus de gens interviennent. En matière de web tv, il y a plein de trucs à faire, Gaspanik.tv est un chouette exemple.

AB - Karl Zero, merci.

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