Stanislas CHESNAIS, Netsize "le SMS va devenir un outil de microfacturation"

Jérôme Bouteiller
27 octobre 2004 à 00h00
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PDG de Netsize, Stanislas CHESNAIS évoque l'internationalisation de sa société et le développement d'une nouvelle génération de services mobiles multimedia

JB - Stanislas Chesnais, bonjour. Netsize vient de lever 7 millions d'euros pour accélérer son développement outre atlantique. Estimez vous que les européens sont en avance sur ce marché ?

SC - Oui. Je pense que le monde se partage entre Européens et Japonais. Ces derniers bénéficient de l'expérience acquise au Japon et disposent de gros moyens financiers. Ils ont tenté une implantation directe à l'étranger mais ils ont échoué et adoptent désormais une stratégie d'acquisition d'entreprise en conservant le management et en leur laissant une participation.

A l'inverse, des sociétés européennes comme Netsize ont moins de moyens financiers mais bénéficient d'une expérience multiculturelle leur permettant de s'implanter rapidement sur de nouveaux marchés. En outre, l'Europe est certainement le marché le plus mûre et le plus concurrentiel.

Aujourd'hui, nous évoluons sur un marché global et nous devons faire face à la concurrence de sociétés établies comme For-side ou AG Interactive mais également à de gros groupes internet comme MSN, ou encore Google qui vient de dévoiler un bouquet de services SMS.

Netsize ne dispose pas des mêmes moyens mais nous continuons de déployer notre modèle, pays par pays, sereinement, à la vitesse d'un joueur de go. Nous sommes aujourd'hui présents dans l'ensemble des pays européens, en Amérique du Nord et nous commençons également notre implantation en Asie-Pacifique avec l'ouverture d'une filiale en Australie.

JB - Vous êtes un observateur privilégié du marché. Est-ce que la communication par SMS poursuit sa progression ? Est-ce que le jeu java ou le MMS prennent le relais des logos et sonneries ?

SC - Aujourd'hui, c'est le terminal qui dicte tout. Le jeu se développe mais je ne saurais me prononcer sur le MMS. Par contre, je pense que la vidéo a plus d'avenir que l'envoi de photos. Il est difficile de savoir quel usage va s'imposer mais les services multimédia vont se multiplier à mesure que les terminaux ouverts de type Symbian se démocratiseront. Le SMS quand à lui va progressivement devenir un outil de microfacturation des contenus mobiles, complémentaire du wap premium.

JB - Le SMS ou le MMS "MT premium" sont en cours de lancement chez les opérateurs français. Pensez vous que ces offres de "push" surtaxées vont profiter à de nouveaux type de services sur ce marché ?

SC - Il y a en tout cas un très fort intérêt de la part des 123Multimedia, CellCast et autres Plurimedia pour ce type de services et le MT premium a rencontré un gros succès partout où il a ont été lancé en Europe. De plus, le retour sur investissement est beaucoup plus important pour l'éditeur qui se consacre à la fidélisation de ses abonnés.

Mais je pense que la tendance lourde sera l'arrivée des entreprises sur ce marché, comme on a pu l'observer sur le Minitel dans les années 80. Toute entreprise ayant un site web doit être présente sur le SMS. Le MT premium est un formidable outil de microfacturation mais également d'information, quand il y a une logique économique.

On pourrait imaginer par exemple un dentiste qui envoie régulièrement à ses clients des rappels de rendez-vous. Il fait de la prévention, c'est normal que ce soit le client ou la Mutuelle qui paye.

JB - Quel regard portez vous sur le renouveau de l'internet mobile avec i-mode, vodafone live, orange world ou encore Gallery ?

SC - Je pense qu'il faut distinguer Gallery, qui est un portail ouvert où n'importe quel éditeur peut être référencé, des trois autres portails qui restent contrôlés par les opérateurs cellulaires. Ces portails sont des outils d'éducation du marché mais je pense qu'ils seront bousculés par des géants du web comme Yahoo, MSN ou Google qui entendent bien décliner leurs services sur les téléphones mobiles.

JB - La messagerie instantanée peut-elle être leur cheval de troie ?

SC - Je ne sais pas mais je pense qu'ils veulent déployer leurs services sur les mobiles et que rien ne pourra les arrêter. Même si les opérateurs voudront les bloquer, je pense que les groupes internet ont les moyens financiers et juridiques pour y parvenir.

Il faut aussi regarder des acteurs comme les banques qui voudront leur part du gâteau. Au japon, il existe près de 80.000 sites i-mode et à peine quelques centaines sont sur le portail officiel. Tous ces sites voudront bénéficier de moyens de facturation simples et d'un moteur de recherche pour les identifier.

JB - On parle de plus en plus de la technologie DVB-h et de la future télévision mobile interactive. Comptez vous être présent sur ce marché ?

SC - Le métier de Netsize c'est de faciliter l'opération de n'importe quel service, qu'il soit entertainement ou applicatif : son, vidéo, image, jeu, application pro. Si le flux DVB-h est du broadcasting, il pourra être facilement capté sur un téléphone mobile et c'est donc susceptible de nous intéresser. Mais il faudra certainement adapter les contenus.

JB - Le multimédia mobile est en plein mouvement de concentration (Fusion de Mobileway et Inphomatch, rachat de Kiwee par AG Interactive, rachat de 123 Multimedia par Index Corp, rachat de Mediaplazza par JetMultimédia...). Dans ce contexte, comptez vous être une proie ou un prédateur ? La bourse est-elle toujours à l'ordre du jour ?

SC - C'est surprenant que de nombreuses sociétés françaises soient rachetées par des groupes américains ou japonais et je pense que les pouvoirs publics devraient se pencher sur la question si la France veut disposer de champions dans ce secteur.

L'ambition de Netsize est d'être le numéro un mondial des plates-formes pour opérer des services mobiles. Nous misons essentiellement sur la croissance organique. La bourse est un moyen de devenir un prédateur et non une proie.

JB - Stanislas Chesnais, je vous remercie.
Modifié le 18/09/2018 à 14h15
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