Jean-Marc MERAZIAN : "CineSnap se présente comme le service en ligne de location de DVD existant le

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Le 16 décembre 2002
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JM MERAZIAN : "CinéSnap n'est pas un vidéo-club, mais un service de location par correspondance qui permet de visionner des DVD sans contraintes de temps".

AB - Monsieur MERAZIAN, bonjour. Quel a été votre parcours avant de fonder DM Intertainment, SARL éditrice de CineSnap ? La location de DVD par Internet au forfait avec envoi et retour du produit par courrier, n'est-ce pas un pari risqué ?

JM - Bonjour, j'ai débuté comme auditeur dans l'une des "Big Five". Après l'école, cette expérience ressemblait malheureusement un peu trop... à l'école justement.

De fait, je suis parti aux Etats-Unis durant 3 années. Là, j'ai créé un petit studio de production web spécialisé dans la couverture d'événements liés au secteur de l'entertainment (divertissement).

Lors de mon retour en France, j'ai intégré l'agence de communication Orange Art pour y fonder Orange AD, un département dédié à la promotion des ventes par Internet.

Nous avions pour clientèle environ 80% de grands comptes (Siemens, Alcatel, Schneider Electric...), pour 20% de dotcoms (Photoreflex, SeniorPlanet, 33docavenue...)

C'est chez Orange Art que j'ai pu rencontrer Christophe DALLA RIVA alors Directeur de Pulp Solutions, la filiale spécialisée dans la sécurité et les réseaux. Ensemble, nous avons décidé de fonder DM Intertainment : "D" pour DALLA RIVA, "M" pour MERAZIAN et "Intertainment" car nous sommes au carrefour de l'Internet et de l'entertainment.

Quant au risque, c'est une donnée permanente. Pas seulement sur notre métier mais pour toute entreprise en création. A fortiori lorsqu'il s'agit de lancer un nouveau mode de consommation comme la location par correspondance (LPC). Effectivement, cela peut apparaître comme un pari risqué. Mais cela fait plus de 18 mois que nous travaillons pour sinon effacer du moins diminuer cette part de risque.

Pour ce faire, nous sommes partis d'un constat simple : le marché du divertissement connaît une explosion sans précédent et pérenne. Quant au marché du DVD, il bat tous les records de croissance aussi bien en France qu'outre-Atlantique.

Toufefois, bien que ce marché se démocratise très rapidement, plusieurs freins subsistent : le DVD est encore un support onéreux alors même que le prix du matériel diminue (pensez aux lecteurs à moins de 100 euros, soit le prix de 3 DVD environ).

Quant aux circuits de location vidéo classique, encore peu développée en France par comparaison à l'Allemagne ou à la Grande-Bretagne, ils n'offrent au final que peu d'avantages : un catalogue de titres restreint, une disponibilité des nouveautés peu en phase avec la demande des clients, un manque de conseil et pour le consommateur quelques contraintes de taille (dépôt d'une caution, temps de déplacement, etc.)

Parce que Christophe et moi-même étions consommateurs de tels circuits, nous avons décidé de fournir un véritable Service en tentant de lever un maximum de contraintes. Au final, CineSnap se présente comme le service de location de DVD existant le plus libre.

AB - Comment le service CineSnap fonctionne ? Vous n'imposez pas de "pénalité de retard", que se passe-t-il si le client ne retourne pas le produit ?

JM - Nous nous sommes focalisés sur la qualité de service et la simplicité d'utilisation. Cela passe par une formule sans contrainte, où le consommateur prend du plaisir au lieu de payer "à la consommation". Concrètement la démarche est la suivante :

1. vous choisissez vos DVD sur le site www.cinesnap.com parmi plus de 1.700 titres disponibles à ce jour.
2. vous recevez vos premiers DVD (2, 3 ou plus suivant le forfait choisi) par La Poste directement dans votre boîte aux lettres.
3. vous les conservez aussi longtemps que vous le désirez.
4.pour recevoir le(s) prochain(s ) DVD de votre liste de location, il vous suffit de nous retourner l'enveloppe déjà pré-payée par nos soins dans n'importe quelle boîte à lettres (ou au départ du courrier de votre entreprise). Avec les DVD dedans, bien entendu... Et ainsi de suite.

Ce mécanisme est rendu possible grâce aux forfaits CineSnap qui s'entendent "tout compris" : gratuité des échanges postaux, location illimitée (autant d'échanges de DVD que vous le souhaitez), sans déplacement, sans aucune pénalité de retard, sans caution, et surtout sans engagement puisque le contrat est résiliable sur simple demande.

Au final, ces forfaits sont adaptés à tous les types de structures familiales car ils offrent la possibilité d'avoir de 2 à 5 DVD simultanément à domicile.

L'intérêt de nos membres étant tout de même de les retourner suffisamment rapidement afin de profiter au maximum du jeu des "allers et retours". En ce sens, chacun de nos membres est en fait son propre directeur des programmes.

AB - En matière de logistique, l'entreprise gère-t-elle, elle-même, ses "stocks" ? Qui sont vos fournisseurs ?

JM - Nous gérons nous mêmes nos stocks et les expéditions grâce à des outils de gestion et d'aide à la décision développés en interne. Quant à nos fournisseurs, ce sont des centrales d'achats indépendantes dont nous gardons l'anonymat pour des raisons de concurrence. Fait important, ces centrales sont indépendantes des grandes enseignes de la vidéo en France.

AB - Quels sont les avantages du service CineSnap pour le client par rapport à la location en magasin, le choix, le prix ?

JM - Ils sont multiples :

- CinéSnap n'est pas un vidéo-club en ligne, mais un service en ligne de location par correspondance qui permet de visionner des DVD sans contraintes de temps. Pas besoin de se déplacer pour choisir son film, plus besoin de le rapporter le lendemain ou à 2 heures du matin.

- CinéSnap répond avant tout aux choix de ses membres. Notre catalogue est celui désiré par eux. Et non celui imposé par les éditeurs de films comme c'est le cas dans un vidéo-club classique.

- Parce que nous sommes on-line, nous pouvons annoncer 1 à 2 mois à l'avance les nouveautés et futures sorties. Aussi, nous achetons les quantités nécessaires pour répondre à la demande de titres voulus par nos membres. Cette gestion du service en flux tendu fait que nous sommes les seuls sur le marché en France à pouvoir, par exemple, disposer d'assez de copies d'Harry Potter ou de Spider Man pour satisfaire nos membres et ce le jour même de la sortie du DVD en location. Ce qui n'est guère le cas dans un vidéo-club ou un automate où le client est confronté à des indisponibilités récurrentes.

CinéSnap est ainsi le seul canal de location à savoir avec précision ce que veulent réellement louer les consommateurs tandis qu'un vidéo-club fonctionne à l'aveugle !

- Côté tarifs, ceux pratiqués par les automates ou les vidéo-clubs oscillent entre 1,5 et 4 euros le DVD pour 4 à 12 heures de détention. Mais à ce prix, il faut le plus souvent ajouter une caution et malheureusement des frais de retard. CinéSnap ne se positionne pas nécessairement en terme de prix (même si nous sommes bien plus compétitifs surtout pour les membres qui utilisent pleinement les possibilités de location illimitée) mais bien plus sur le terrain de la qualité de service. Toujours par ce que nous sommes en ligne, nos membres ont la possibilité de noter ou de commenter les films de notre catalogue. Ainsi, nous tenons à afficher notre indépendance vis-à-vis des éditeurs au profit de nos membres. Ces derniers savent en toute conscience s'ils choisissent un nanar !

AB - Pour vous, distributeur en ligne, les coûts de fonctionnement sont-ils bien moins importants que si vous étiez un distributeur classique ?

JM - Ils sont simplement différents. Le loueur classique n'a pas de frais d'expédition, ni autant de moyens à déployer en termes de logistique et d'informatique par exemple. Toutefois, notre objectif n'est pas de lancer un "fight" sur la question d'être ou non on-line. Seulement l'Internet est le seul canal qui nous permet d'offrir à nos membres cette qualité et richesse de service. Et ce de manière rentable pour eux... et pour nous.

AB - Quel est l'importance de votre catalogue ? Les éditeurs (Time Warner, etc.) sont vos partenaires ?

JM - Nous disposons à ce jour de 1.700 titres. Notre catalogue augmente en moyenne de 50 nouveautés par mois. C'est bien plus qu'un vidéo-club classique car nous parlons ici de références et non du nombre de copies.

Quant aux éditeurs, nous nous tournons régulièrement vers eux pour étudier des modes d'approvisionnement différents, qui tiennent compte des goûts réels des consommateurs. Je pense par exemple à la difficulté d'approvisionnement en titre de "fond de catalogue", c'est-à-dire pas ou plus réédité.

Quoi qu'il en soit, CineSnap souhaite rester indépendant des majors. C'est aujourd'hui notre principale force vis-à-vis des autres canaux de location.

AB - Pour CineSnap, quel est la part de revenus générés par la location, d'une part, la publicité d'autre part, et les partenariats ? A ce propos, CineSnap est depuis novembre le partenaire exclusif de Tiscali France pour la location de DVD en ligne. En dehors de Tiscali, qui sont vos principaux partenaires commerciaux et financiers ?

JM - Notre business-model repose quasi exclusivement sur la location de DVD. Les autres revenus sont marginaux pour le moment. Nous sommes effectivement le partenaire exclusif de Tiscali et de sa chaîne thématique Mcinéma. Mais aussi, et c'est un scoop pour vous de free.fr.

D'autres partenariats sont en cours. Enfin, nous n'excluons pas le fait d'annoncer prochainement des fonctionnalités via SMS ou par le biais de la téléphonie dite de troisième génération. Pour résumer notre politique de partenariats, notre unique objectif est de proposer un service de qualité, complémentaire, utile et pratique à leurs clients/visiteurs.

Du côté de nos partenaires financiers, notre capital est composé de fonds privés et de deux fonds d'investissement professionnels. Aussi, devrions-nous boucler un prochain tour de table dans le courant 2003.

AB - Savez-vous combien de foyers français disposent d'un lecteur DVD à l'heure actuelle ? Quelle est la marge de croissance du marché du DVD, notamment en terme de location de DVD en ligne, ces prochaines années ?

JM - Le marché du DVD s'est démocratisé très rapidement. Depuis son arrivée dans le grand public, il y a 5 ans, il s'est développé 2,5 fois plus vite que le CD audio. En France, 25% des foyers seront équipés d'un lecteur DVD de salon d'ici à Noël 2002. C'est un chiffre qui ne tient pas compte des nombreux possesseurs d'équipement PC.

C'est aujourd'hui, dans le secteur d'équipement high-tech, celui qui enregistre la plus forte croissance avec celui de la photo-numérique. Quant au marché de la location DVD via le Web, le marché est encore trop jeune pour donner des estimations précises.

Ce que je peux vous dire, c'est que le nombre de connectés et consommateurs sur Internet augmente simultanément au taux d'équipement des foyers. Selon une étude FCA juin 2002, 8,3% des cadres (notre coeur de cible) sont connectés à Internet et ont un lecteur DVD de salon, sans compter l'ensemble de la population française. Nous servons des membres partout en France, même dans les régions les plus retirées !

AB - Quels sont vos objectifs à moyen terme, devenir un Netflix à la française ?

JM - Nous tablons prudemment sur 5.000 membres d'ici à novembre 2003 et nous devrions atteindre notre point d'équilibre en décembre de la même année. Au regard de la réussite de Netflix, l'une des rares formules gagnantes des services payants sur Internet aux Etats-Unis, nous voulons bien suivre le même chemin !

Plus sérieusement, les marchés français et américains du DVD, s'ils surfent sur la même croissance, n'en sont pas moins différents. C'est vrai en termes de consommation de cinéma, de télévision et surtout de goûts culturels.

Mais nous nous rejoignons sur un point. Il y a en France la place pour 2, voire 3 acteurs sur le secteur. Tout comme Netflix qui se partage le marché américain avec Wall-Mart et .

AB - Jean-Marc MERAZIAN, je vous remercie pour ces observations, et la spidermaniac attitude ;-)
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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