Jacques CHIRAC soutient la Nouvelle économie à Net2000

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A l'occasion du salon Net2000, organisé par Pierre FAURE de l'AFUU, le président de la République à communiqué un message très volontariste aux participants de cet événement.

Nous vivons en effet une période de mutation accélérée de notre structure économique. C'est une période dérangeante, comme toutes les périodes de mouvement. Une période exaltante, riche de promesses, d'emplois nouveaux, de prospérité retrouvée mais aussi une période d'incertitude pour ceux qui redoutent de ne pas bénéficier de ces spectaculaires progrès. Ce terme de "nouvelle économie", couramment employé, est ambigu, car les transformations économiques qui commencent à toucher la France et l'Europe ne concernent pas seulement les entreprises de technologies nouvelles. A mes yeux, la "nouvelle économie", c'est en réalité la capacité d'innover, de créer de nouveaux produits, d'exploiter de nouveaux marchés, de trouver de nouvelles sources de compétitivité en utilisant tous les moyens appropriés, y compris l'Internet et le commerce électronique. Et ce mouvement concerne toutes les entreprises, dans tous les secteurs, qu'ils possèdent un fort contenu technologique ou non, dans l'industrie comme dans les services. L'effort d'adaptation à faire est considérable. Il faut repenser nos méthodes, nos règles, nos concepts, promouvoir de nouvelles valeurs. Il faut accepter de prendre des risques dans un environnement moins assuré qu'autrefois. Il faut fixer des objectifs ambitieux, que ce soit pour les entreprises ou pour les Etats. Au récent Conseil Européen de Lisbonne, les quinze Etats de l'Union se sont donnés comme défi de rattraper les Etats-Unis dans le domaine de l'internet d'ici dix ans. Nous avons tous les atouts pour y parvenir. Mais cela suppose de faire des choix . Le choix de l'innovation d'abord. Nous devons mener désormais une politique volontariste de soutien à la recherche et aux entreprises innovantes afin de construire une France et une Europe dynamiques, créatives, réactives, capables de faire la course en tête dans l'économie de demain. C'est la raison pour laquelle la France a proposé à Lisbonne que soit mis en place un fonds européen de capital-risque et que les marchés financiers des Etats de l'Union accélèrent leur intégration. Par ailleurs, nous devrions parvenir dès 2001 à la création d'un brevet communautaire unique qui réduira sensiblement le coût de la protection de nos inventions. Enfin, l'accroissement de la concurrence sur les réseaux locaux de télécommunications devrait permettre, d'ici la fin de l'année, de faire sensiblement baisser les coûts d'accès à l'internet. Au delà de ces actions communes à l'ensemble de l'Europe, la France doit se fixer comme objectif de devenir le pays d'accueil de nombreuses entreprises innovantes. Cela exige que les bonnes décisions soient prises. Nous devons poursuivre nos réformes de structures, diminuer les prélèvements et les contraintes administratives pour libérer les énergies et encourager l'esprit d'entreprise. La prospérité et le dynamisme de notre pays en dépendent. Le choix de la formation des hommes ensuite. Dans une économie fondée sur la connaissance, les enjeux de l'éducation deviennent cruciaux. Elle seule permettra d'éviter que ne se creuse, à l'avenir, un véritable "fossé numérique", entre les Français qui auront accès aux nouvelles technologies: les plus jeunes, les plus aisés, les plus diplômés, et les autres. En renforçant toujours davantage la lutte contre l'illettrisme, source de nouvelles exclusions, nous devons familiariser les enfants à l'ordinateur dès l'école primaire. Cela implique que, d'ici 2001, toutes nos écoles soient connectées à l'internet. Nous devons également ouvrir aux jeunes de nouvelles filières scolaires et universitaires dans le domaine des technologies de l'information à tous les niveaux de qualification car, dans ces secteurs, nous serons confrontés à une pénurie croissante de travailleurs qualifiés. Nous devons enfin offrir aux adultes un droit personnel à la formation tout au long de la vie, qui leur permette de s'adapter au rythme accéléré du progrès."

Le président semble donc avoir compris l'essentiel des nouveaux enjeux et devrait utiliser cette thématique dans sa future campagne présidentielle contre un Lionel JOSPIN, bien décidé lui aussi à revendiquer son rôle dans le développement de la société de l'information.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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