Scaleway vient de décrocher un nouveau contrat de poids : le fournisseur français de cloud va héberger les applications sensibles d'Airbus. Une victoire qui confirme la montée en puissance de la filiale d'Iliad sur le marché du cloud de confiance.

Après avoir été choisi pour reprendre l'hébergement des données de santé des Français puis décroché un joli morceau du cloud souverain européen, Scaleway enchaîne les bonnes nouvelles. Ce jeudi 16 juillet, la filiale du groupe Iliad annonce avoir remporté l'appel d'offres cloud d'Airbus, pour héberger certaines applications sensibles de l'avionneur, comme la conception d'aéronefs, l'ingénierie, et la production industrielle. Un contrat stratégique qui vient couronner une année 2026 d'ores et déjà faste pour l'entreprise dirigée par Damien Lucas.
Airbus fait confiance à Scaleway pour son cloud souverain
Pour Scaleway, Airbus n'est évidemment pas un client comme un autre. On parle d'un groupe qui pèse parmi les géants mondiaux de l'aéronautique et de la défense, deux secteurs où une fuite de données peut coûter bien plus cher qu'ailleurs. Sur fond de tensions géopolitiques et de course à la maîtrise des infrastructures numériques, l'avionneur cherchait un partenaire capable d'héberger ses applications les plus sensible, mais aussi ses opérations internes, sans sacrifier la sécurité. Rien de révolutionnaire dans l'approche pour autant, car chaque charge de travail restera logée là où elle est le plus pertinente, dans la stratégie multicloud déjà en place chez Airbus, avec un mot d'ordre affiché, qui est de garder la main sur sa propriété intellectuelle et ses données industrielles.
Pour départager la cinquantaine de prétendants, Airbus avait choisi trois familles de critères, qui ont pesé dans la balance. Le volet technique d'abord, avec la richesse du catalogue cloud et les capacités en intelligence artificielle mises sur la table. L'aspect opérationnel ensuite, entre fiabilité et capacité à s'insérer sans accroc dans une infrastructure multicloud déjà bien rodée. Et puis, sans doute l'argument qui a fait pencher la balance : la solidité juridique, avec des données hébergées sous droit européen, à l'abri des législations extraterritoriales étrangères, Cloud Act américain en tête de liste.
« Nous sommes fiers qu'Airbus ait choisi Scaleway », s'est réjoui Damien Lucas, le patron de l'entreprise française, qui y voit la preuve que l'Europe sait proposer un cloud souverain digne des standards internationaux. Chez Airbus, Catherine Jestin, vice-présidente en charge du numérique, parle elle d'un « environnement cloud de confiance » censé protéger les données sensibles du groupe des législations étrangères, sans freiner le rythme de l'innovation aéronautique. Dans les faits, la plateforme sera greffée à l'écosystème technique déjà en place chez Airbus, et taillée pour grandir au même rythme que ses équipes d'ingénierie.

Scaleway enchaîne les succès en 2026
Cette signature avec Airbus vient confirmer une année déjà réussie pour Scaleway. En avril, la société avait été retenue pour reprendre l'hébergement de la Plateforme des données de santé, le fameux Health Data Hub, jusque-là confié à Microsoft. La bascule effective prendra encore du temps, mais l'annonce a suffi à clore des années de polémique autour de la présence du géant américain sur ce dossier ultrasensible pour les autorités.
Quelques jours plus tôt, la Commission européenne avait aussi retenu Scaleway parmi les quatre consortiums chargés d'héberger le cloud souverain de plus de 40 agences de l'UE, pour un contrat total de 180 millions d'euros. Une reconnaissance à l'échelle continentale, décrochée aux côtés d'autres champions tricolores comme OVHcloud, associé, lui, à Post Telecom et Clever Cloud dans un consortium distinct. Petit bémol tout de même : contrairement à ce que cette moisson de contrats pourrait laisser penser, Scaleway n'a pas encore décroché la qualification SecNumCloud, le label ultime de l'ANSSI pour le cloud le plus sensible, un dossier engagé début 2025 et toujours en cours d'instruction.
Il y a quelques jours seulement, Scaleway a annoncé le rachat de Qarnot, spécialiste français du calcul haute performance, pour muscler encore l'offre IA du groupe. Un mouvement cohérent avec le co-pilotage par Scaleway du consortium AION, qui planche sur une AI Gigafactory en France, et avec les ambitions affichées par Damien Lucas à la veille de VivaTech auprès de Clubic, qui est de faire de l'Europe un acteur incontournable de l'intelligence artificielle, plutôt qu'un simple client des plateformes américaines. Porté par des décennies d'expertise en infrastructures et un réseau de datacenters en expansion constante à travers le continent, Scaleway devient au passage, grâce à Qarnot, le seul acteur européen à réunir cloud, intelligence artificielle et calcul haute performance sur une même plateforme. Le contrat Airbus tombe donc à point nommé.