Steve Kessel, Amazon - "48% des livres proposés en numérique et en papier sont vendus sur le Kindle"

01 juin 2018 à 15h36
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Steve Kessel est le vice-président senior de la division "Worldwide Digital Media" d'Amazon.com. Il est notamment en charge du développement du Kindle, le lecteur de livres numériques de la librairie en ligne, que ce soit aux Etats-Unis ou dans le reste du monde. Il a participé également au lancement du kiosque de musiques numériques AmazonMP3.

Alexandre Habian : Steve Kessel, bonjour, près de deux ans après la sortie du Kindle aux Etats-Unis, pourquoi avoir choisi de le proposer dans le reste du monde en cette fin d'année ? Le marché des liseuses électroniques est-il aujourd'hui devenu plus mature ?
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Si nous avons choisi de décaler la sortie du Kindle en Europe et dans le reste du monde, c'est principalement pour deux raisons. Nous voulions premièrement bénéficier d'une couche sans fil qui soit utilisable partout, et pas seulement aux USA comme avec le premier Kindle qui n'est compatible qu'avec la technologie mobile CDMA. Cette fois, le Kindle destiné à l'international est compatible avec la norme GSM. Et puis nous voulions également finaliser des accords commerciaux pour permettre à tous nos clients de télécharger des livres anglais, peu importe où ils se trouvent. Notre objectif est de permettre à tous nos utilisateurs du Kindle de télécharger par les airs des livres électroniques en moins de 60 secondes.

Vous revendiquez un catalogue de 200 000 livres électroniques en anglais. Le Kindle français permettra-t-il d'accéder à des contenus... en français ?
Nous commercialisons depuis de nombreuses années maintenant des livres en anglais. Nous voulons pour le moment proposer des titres principalement anglais à nos clients les plus nomades. A terme, nous proposerons tous les livres imprimés en version numérique, dans toutes les langues. Mais cela prendra encore un certain temps. Quand on a lancé Amazon.com, les 30 premiers jours qui ont suivi l'ouverture de notre librairie en ligne, nous avons commercialisé des livres électroniques en anglais dans pas moins de 45 pays différents.

Contrairement aux liseuses de Sony, d'iRex ou de Bookeen, le Kindle n'est pas compatible avec le format ouvert « ePub ». Envisagez-vous de soutenir prochainement ce format ?
Le Kindle permet aujourd'hui d'accéder à des livres électroniques au format propriétaire « maison ». Mais il est également ouvert car il permet de lire des documents Word de Microsoft ou des documents PDF d'Adobe. Nous avons également ajouté différents outils pour mieux utiliser le produit, comme un dictionnaire intégré ou des interactions avec le logiciel « Kindle » pour iPhone. Ce programme sera d'ailleurs disponible dans le monde entier dans les prochains mois.

Le Kindle permet le téléchargement d'ouvrages directement en 3G. Cette fonctionnalité peut-elle faire la différence par rapport aux autres produits du marché ?
Oui effectivement. Cette offre est gratuite et ne nécessite ni abonnement ni facture. Nous avons rendu cela possible notamment via un partenariat signé avec l'opérateur AT&T aux Etats-Unis. Il sera donc possible de se connecter au « Kindle Store », de télécharger des extraits de livres ou des livres complets, sans avoir à relier le Kindle à un ordinateur. A noter que nous avons prévu de lancer une gamme d'options supplémentaires pour utiliser le Kindle en roaming. Si vous achetez un Kindle en France, vous pourrez l'utiliser en 3G sans surcoût dans toute la France. Si vous l'utilisez à l'étranger pour télécharger des livres, il faudra souscrire à un abonnement supplémentaire.

Vous allez lancer le Kindle en dehors des Etats-Unis le 19 octobre prochain pour un prix de 279 dollars, soit environ 190 euros. Pourquoi ne pas avoir lancé également la version XL du Kindle, le « Kindle DX » ?
Nous lancerons le Kindle DX à l'international dans le courant de l'année 2010. Nous préférons pour le moment ne commercialiser que le premier Kindle. Il est d'ailleurs le produit le plus offert sur Amazon.com et nous comptons sur le dernier trimestre pour augmenter sensiblement nos ventes sur cet appareil.

Le prix moyen de 10 dollars par livre électronique est-il selon vous justifié si l'on prend en compte le fait que vous n'avez ni stock ni frais d'impressions de nouveaux ouvrages ?
Nous avons différentes gammes de prix suivant les livres électroniques que nous proposons. Mais nous mettons un point d'honneur à proposer les derniers best seller à 10 dollars. Je pense qu'il s'agit d'un prix juste pour les consommateurs.

Sur le Kindle, vous proposez à la fois des livres électroniques et des quotidiens ou des magazines. Comment vos clients l'utilise-t-il le plus ? Sont-ils plutôt eBooks ou eQuotidiens ?
Le Kindle est conçu avant tout pour ceux qui aiment les livres. Les « gros » lecteurs sont ceux qui sont le plus intéressés par le produit. Il s'agit donc pour nous avant tout d'un outil permettant de lire plus aisément davantage de livres. 48% de nos ouvrages multi-formats sont aujourd'hui écoulés en version électronique. Cela signifie que sur 100 livres que nous proposons à la vente à la fois en version numérique et en version papier, nous en vendons 48... au format numérique pour le Kindle.

Steve Kessel, je vous remercie.
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