Partage des contenus en ligne : mythes et réalités

01 juin 2018 à 15h36
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La problématique du partage des contenus sur internet en termes économiques et juridiques est loin d'être réglée. En témoignent, les conclusions rendues lors de l'atelier débat organisé par l'ASIC (Association des services internet communautaires) et le cabinet Herbert Smith LLP, jeudi 26 juin 2008 à Paris, dans le cadre des Assises du numérique chères à Eric Besson. Si les contenus générés par les utilisateurs (UGC) font la joie de plates-formes comme Dailymotion et YouTube (Google) et de chaînes télévisées comme France 24 (les observateurs) et CNN (ireport), qui ne sauraient snober le web, les UGC mettent les économistes et les juristes sur les dents.

A l'ère numérique, il est nécessaire : « de maintenir un environnement ouvert et de mettre en oeuvre un cadre réglementaire des droits intellectuels équilibré [...] Cet équilibre ne peut se passer d'une analyse économique en amont », a souligné Sacha Wunsh-Vincent, économiste pour l'OCDE. Celui-ci a ajouté que l'impact du web participatif est encore difficile à chiffrer et, qu'en la matière, « on est en encore trop souvent dans la spéculation ». En revanche, les changements concernant la chaîne de valeur (de la création du contenu à la gestion, puis à la distribution et, enfin, à l'utilisateur) sont inéluctables. Sur l'ensemble de la chaîne de valeur, l'on retrouve : la publicité/marketing/promotion, d'une part, la gestion des droits numériques (DRM) et celle des droits d'auteur (copyright), d'autre part. Par ailleurs, sur internet le lien entre producteur et utilisateur est souvent bien plus direct que sur tout autre média.

Par conséquent, les modèles économiques changent (financement par la publicité, abonnements, partenariats, partage des revenus...) et le calcul de rentabilité est rendu plus complexe. Dans cet environnement difficile à appréhender pour l'ensemble des acteurs - producteurs de contenus, éditeurs, annonceurs, prestataires techniques, internautes/utilisateurs - il est nécessaire de proposer des offres légales attractives, larges et interopérables. Or, a ajouté Sacha Wunsh-Vincent, à l'heure actuelle « on est loin d'une disponibilité de 'tous' les contenus sur les terminaux PC et mobiles ». Une autre problématique concerne la concentration des plates-formes communautaires. Cette dernière peut poser problème pour la dynamique concurrentielle. Concernant les modèles, Martin Rogard, directeur France de Dailymotion, a souligné : « les revenus publicitaires sont encore faibles sur internet en France, mais ça n'est pas le cas aux Etats-Unis et encore moins au Royaume-Uni. Le mouvement est inexorable ».

Une autres question se pose : la convergence d'intérêts entre éditeurs de contenus et opérateurs techniques est-elle tangible ? Stanislas Leridon, directeur internet et nouveaux médias de la jeune chaîne d'info internationale France 24, a témoigné : « je vous rassure, entre éditeurs et opérateurs il y a des divergences ! On est dans une logique d'agrégation et de syndication, on est à la fois concurrent et partenaire (relation de coopétition) ». Avant d'ajouter : « Chez France 24, on a intégré que le paysage media a changé. Dans le web, la concurrence est très forte et l'audience fragmentée. Notre logique : considérer l'audience globale de France 24 comme un agrégat d'audiences : TV, web, mobile et partenariats qui nous permettent de toucher une cible plus large que notre coeur de cible, les CSP+. Bref, on apprend ».

Les interrogations les plus franches sont venues de Valérie Laure Bénabou, professeur de droit à l'université Versailles Saint-Quentin en Yvelines. Dans les années 90, a-t-elle souligné, la question était : « est-ce que le droit d'auteur peut s'adapter aux nouveaux modes de distribution des contenus ? » Dans les années 2000, « il y a eu une grande agitation législative en France » : DADVSI, LCEN, Hadopi... Aujourd'hui, estime VLB, « il y a une absence de structuration d'acteurs émergents et certains préfèrent se défiler sur la question des droits d'auteur [...] Qui va payer, comment ? Est-ce que la réponse législative est la bonne, faut-il laisser les acteurs se positionner eux-mêmes, faut-il aiguillonner un peu pour rappeler les gens à leurs responsabilités ? » D'après Martin Rogard, « la difficulté n'est pas tant dans la protection de contenus que dans l'offre élargie, légale et attractive. Je ne suis pas sûr que ce soit en frustrant l'utilisateur que l'on y arrive ».
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