Free Mobile : Xavier Niel règle ses comptes dans une tribune

22 juin 2012 à 17h18
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Dans une tribune publiée aujourd'hui dans Les Echos, Xavier Niel, patron de Free et de Free Mobile, remet les pendules à l'heure face à la concurrence, qu'il qualifie d' « oligopole » responsable selon lui des problèmes du secteur de la téléphonie mobile.

Dans cette tribune baptisée « Free Mobile : Mythes et réalités », le fondateur de Free prend clairement la parole pour défendre son dernier né, lancé le 10 janvier dernier. Depuis attaqué de toutes parts, aussi bien au niveau de son infrastructure technique que de l'impact de son offre sur la concurrence, Free Mobile n'a pas eu beaucoup de répits ces derniers mois.

La question de l'emploi

« Les arguments des détracteurs de la quatrième licence et de la concurrence sont simples, voire simplistes : la baisse des prix sur le mobile va amener les opérateurs à réduire leurs coûts, donc à diminuer l'emploi dans le secteur et naturellement à moins investir. » commence Xavier Niel, qui en conclut que « Le bien-être immédiat des consommateurs qui paient moins cher masquerait donc une « conception éculée de l'économie » dans laquelle la concurrence serait pour l'essentiel nuisible. » L'attaque est lancée et le PDG de Free n'est pas avare de chiffres pour démontrer que le marché du mobile n'était pas à la fête question emploi bien avant l'arrivée de Free Mobile : le secteur était passé de 156 000 emplois en 1998 à 124 000 en 2009, « année où il s'est stabilisé » note-il, avant de connaître une légère croissance. La sous-traitance des centres d'appel, le développement des boutiques propriétaires ou encore le faible pourcentage d'investissement chez les trois opérateurs historiques font partie des causes de la crise du secteur, selon Xavier Niel.

Concernant la question des investissements, Niel est fidèle à son discours : les opérateurs devraient verser moins de dividendes à leurs actionnaires. « France Télécom, SFR et Bouygues Telecom ont des investissements qui représentent de 12 % à 20 % de leur chiffre d'affaires. Iliad est à plus de 50 % en 2011. Et regardons ensuite le taux de distribution des dividendes... il est colossal chez nos concurrents, quasi nul chez nous. » Pour le PDG de Free, investir plus est la clé pour pérenniser le secteur. Mais au lieu d'agir en ce sens, la concurrence utiliserait Free Mobile comme un « bouc émissaire » pour justifier les difficultés d'un secteur en baisse depuis de nombreuses années.

Enfin, Xavier Niel souligne que « Free a recruté plus de 1.500 personnes sur la dernière année pour son activité mobile, auxquelles s'ajoutent les nombreux emplois indirects. Free avait un centre d'appels en France en 2008, il y en a cinq aujourd'hui, avec des effectifs qui ont quintuplé. » Une réalité face à laquelle il faut rappeler que les centres d'appels de Free Mobile ont fait parler d'eux en avril dernier.

« L'oligopole » français

La diatribe de Xaviel Niel est maîtrisée, mais elle peut se résumer assez facilement : selon le PDG de Free, « Le marché français du mobile était un oligopole » bien décidé à continuer en circuit fermé. Il évoque les offres quadruples play comme étant une stratégie des opérateurs disposants d'une licence mobile pour évincer la concurrence n'en disposant pas et l'opposition face à l'arrivée d'un quatrième opérateur comme autant de façon de maintenir cet oligopole en place. « Comment réussir face aux trois géants du CAC 40 que sont France Télécom, Vivendi et Bouygues sur un marché équipé à 100 % ? Free Mobile a été seul candidat. » constate Xavier Niel.

Une arrivée qui, pour Xavier Niel, a été bénéfique aux consommateurs, puisque la concurrence a dû rapidement baisser les prix pour s'aligner. « Les forfaits illimités étaient proposés autour de 180 euros par mois en 2008 quand le projet de quatrième licence était moribond, puis autour de 80 euros quand l'appel d'offres a été ouvert, et miraculeusement, quelques mois avant le lancement commercial de Free Mobile, de 24,90 euros. Quels gains de productivité en quelques mois ! » ironise-t-il, rappelant la situation similaire lors du développement des offres triple play en France, en 2000.

« J'affirme que Free Mobile dynamise le marché »

En somme, les paroles de Xavier Niel résonnent comme un résumé du constat que bons nombres de mobinautes ont pu réaliser depuis le début de l'année : baisse des prix, limitation des offres, davantage de clartés dans les forfaits... « J'affirme que Free Mobile dynamise le marché » déclare le patron du quatrième opérateur. Et même si tout n'est pas rose chez Free Mobile encore aujourd'hui, difficile de lui donner tort sur ce point.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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