Des activistes retournent la reconnaissance faciale contre les policiers américains

22 octobre 2020 à 12h50
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Reconnaissance faciale

La reconnaissance faciale a toujours fait l'objet de débats et notamment en ce qui concerne la protection de la vie privée. Face à son utilisation par certains membres de la police, des activistes ont décidé eux aussi de l'exploiter.

Permettre à la police d'identifier automatiquement un sujet en temps réel, ce dispositif n'a pas encore été autorisé en France. Cependant, depuis 2012, les forces de l'ordre peuvent effectuer une analyse a posteriori au sein du fichier de traitement des antécédents judiciaires.

Les travers de la reconnaissance faciale

Aux États-Unis, la police utilise la technologie de reconnaissance faciale sans cadre légal. Dans ce flou juridique, l'argument avancé est bien entendu d'identifier des suspects et de permettre de savoir s'ils disposent déjà d'un casier judiciaire. Mais le dispositif n'est pas au point. Au mois de juin, un homme afro-américain a été arrêté à tort, montrant les limites de l'algorithme utilisé et notamment chez les personnes de couleur.

Face à ces résultats, la reconnaissance faciale est perçue comme un outil inégalitaire défavorisant une partie de la population. Devant ces problèmes, Microsoft se montre désormais méfiante et craint les bavures. D'ailleurs, l'éditeur de Redmond, comme Amazon et IBM, a stoppé ses travaux jusqu'à ce qu'une loi soit votée.

En attendant cette loi, dans certains États américains, la police continue d'utiliser cette technologie. Face à ces pratiques, des activistes ont décidé d'en faire de même pour mettre à nu les policiers.

Capture

Plusieurs projets à travers le monde

Le New York Times rapporte qu'en juillet 2019, Colin Cheung, un manifestant de Hong Kong expliquait que la police tentait à tout prix d'identifier les activistes au point où la plupart manifestaient le visage couvert. Les tensions seraient montées d'un cran après que les forces de l'ordre ont retiré leur badge d'identification. Colin Cheung a alors développé un outil pour identifier les policiers, mais cette entreprise lui a valu d'être arrêté.

En France, c'est un artiste du nom de Paolo Cirio qui a publié en ligne 4 000 visages d'officiers de police pour une exposition baptisée Capture. Pour lui, il s'agissait d'une première étape dans la création d'une application de reconnaissance faciale. Ces clichés provenaient à la fois de photos accessibles publiquement sur Internet, mais également récoltées par les manifestants.

Face à cette action, le ministre de l'Intérieur Gérard Darmanin s'est offusqué sur Twitter. Sous la menace, M. Cirio a alors retiré les clichés de son site, mais explique : « On parle de la vie privée de tout le monde. Ce n'est pas sérieux d'essayer de m'arrêter alors qu'en tant qu'artiste je ne fais que soulever un problème ».

gd

Un revers de situation

La réalisation d'algorithmes de reconnaissance faciale est devenue plus simple, notamment avec la plateforme TensorFlow de Google. Celle-ci permet de créer des modèles de machine learning. C'est à l'aide de cet outil que Christopher Howell développe actuellement sa propre application permettant d'identifier les membres des forces de l'ordre.

L'homme s'est fait gazer lors d'une manifestation à Portland dans l'État de l'Oregon. Il explique : « Je suis impliqué dans le développement d'un projet de reconnaissance faciale pour les officiers de la police de Portland. Ces derniers ne s'identifient pas publiquement ». Le système serait déjà capable de reconnaitre 20% des policiers. La plupart des photos ont été collectées sur Facebook.

Dans cet État, une loi fédérale a interdit aux policiers d'utiliser cette technologie dans le cadre de leur travail, mais puisqu'elle ne s'applique pas aux citoyens, Christopher Howell peut continuer librement son projet.

Source : NYTimes

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