Comment les "jeunes loups" de la Silicon Valley précipitent son déclin

21 décembre 2020 à 15h07
0
Deux experts prédisent, à court terme, un avenir sombre pour les start-up de la Silicon Valley. De nombreux signes montrent que la technopole la plus attractive de la planète est peut-être sur une phase de déclin.

« Il va y avoir du sang », « de la casse », « de l'eau dans le gaz »... Les images ne semblent pas manquer aux deux experts Philippe Suchet et Jim Breyer pour caractériser les jours sombres qui planent sur la vallée du silicium. Une véritable récession du marché des start-up devrait induire une valorisation revue à la baisse des plus prometteuses, sinon leur disparition pure et simple.

L'engouement s'englue au sud de la baie de San Francisco, à force de rêves et de peut-être un peu trop d'excentricité spéculative. Il y a des start-up « évaluées à plus de 10 millions de dollars qui n'ont aucun produit » révèle le Guardian. Sur place, diverses sources ne voient pas cette évolution d'un très bon œil : « la musique est sur le point de s'arrêter, et il n'y aura pas de chaises pour tout le monde » dit Philippe Suchet, qui conseille plus de 500 start-up californiennes.

Spécialiste du capital risque, Jim Breyer est encore plus clair : « 90% des start-up vont voir leur valorisation revue à la baisse ou vont mourir et 10% vont rencontrer le succès » dira-t-il dans une interview accordée a Business Insider. D'après lui, les start-up en demandent trop aux investisseurs, courant après des valorisations monétaires démesurées. Récemment, le Wall Street Journal avait recensé pas moins de 147 start-up valorisées à plus d' 1 milliard de dollars, le milliard tout rond étant, dans cet éventail incommodant, la mise de départ.

0258000008321380-photo-richard-branson.jpg
Richard Bronson et Lucas Duplan en septembre 2013, célébrant l'investissement du fondateur de Virgin dans la start-up Clinkle, d'un montant de 30 millions de dollars.


Plus royalistes que le roi

Mais en succombant à cette folie des grandeurs, les jeunes loups de la Silicon ne sont pas sans s'attirer aussi des méfiances nouvelles. Les investisseurs excluent désormais des levées de fonds sans clauses de ratchet (mesures de protection en cas de revalorisation à la baisse), et en viennent parfois à demander que leur soit rendu leur argent, comme pour Clinckle et son jeune fondateur Lucas Duplan.

Breyer pense que la Valley a bien connu un temps ou elle fut peuplée de gens originaux, mais qui ont été remplacés par « des arrogants », et se dit plutôt satisfait de voir quelques unes de ces sociétés faire faillite.

Pour Nellie Bowles du Guardian, de passage à San-Francisco, il y a bien des signes qui ne trompent pas, et les fêtes sur des toits d'immeubles « non-descriptibles », les pizzas feuilletées d'or ou la mention de parking « réservé aux investisseurs en capital-risque » annoncent bien « la fin d'un monde ».

A lire également
Soyez toujours courtois dans vos commentaires.
Respectez le réglement de la communauté.
0
0

Actualités du moment

iPhone 6 : un prototype (?) en vente sur eBay pour 7 000 dollars
Le créateur du Bitcoin n’est finalement pas celui que l’on croyait
Black Friday : elle achète un iPhone 6 et se retrouve avec des patates
Tesla Model S 75 kWh : plus autonome, mais plus chère
Une smartwatch Google Pixel à la rentrée ?
Comment régler les couleurs de son écran PC ?
4 techniques simples pour nettoyer son PC
Alimentation de 850 W pour le multi-GPU chez Corsair
USB Type-C : tout savoir sur la nouvelle norme USB
De Facebook... à Sexebook, réseau social coquin ?
Haut de page