BPCE poursuit sa transition avec LePotCommun

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Le 21 octobre 2015
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C'est via sa filiale de paiement mobile et d'encaissement pour les professionnels S-Money que la banque BPCE s'offre la cagnotte en ligne LePotCommun, deuxième acteur de ce secteur.

Les cagnottes ont la cote. Tout juste un mois après le rachat de Leetchi par Crédit Mutuel Arkéa, celui de LePotCommun, son principal rival, par BPCE. Ou plus précisément, sa filiale de paiement mobile S-Money. Le montant de la transaction n'a pas été dévoilé et la direction assure ne pas avoir copié Arkéa en rachetant aussi une cagnotte en ligne. LePotCommun travaillait déjà avec S-Money depuis un an sur l'encaissement.

La start-up a été créée en octobre 2011 par trois cousins, alors que Leetchi existait déjà depuis deux ans. Le principe est le même d'ailleurs : créer un pot commun en ligne pour un anniversaire, un pot de départ ou toute autre occasion. Aujourd'hui, la plateforme recense 2 millions d'utilisateurs cumulés et une création de cagnotte toutes les 8 secondes. À la fin de l'année, la société aura amélioré son chiffre d'affaires de 180 %.

Non à l'« uberisation »


Pour l'instant, S-Money s'empare de 85 % du capital de LePotCommun, avant de monter étape par étape pendant trois ans, pour atteindre 100 %. Les fondateurs garderont la direction opérationnelle de la start-up. L'objectif de ce rachat pour les deux sociétés est de réaliser des synergies. Nicolas Chatillon, le président de S-Money, n'exclut pas d'autres rachats à l'avenir, « si l'occasion se présente dans un secteur prometteur ». Il reconnaît d'ailleurs être « très sollicité » et pourrait s'intéresser, par exemple, aux portefeuilles en ligne.


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L'enjeu pour la banque est de construire un écosystème de start-up constituant une nouvelle offre, sur de nouveaux marchés. Et, en toile de fond, d'opérer la transformation numérique de l'institution. Jean-Yves Forel, directeur général en charge de la banque commerciale, explique qu'on « ne peut pas absorber une Fintech (start-up de la finance, ndlr) et l'absorber dans son propre système ». La première étape était de se doter de sa propre start-up (S-Money, créée en 2012). La deuxième sera d'y agréger de nouveaux services.

Quand les médias claironnent l'« uberisation » des banques, ces dernières se défendent en rachetant les jeunes pousses, avant qu'elles n'en sapent les bases. Plutôt que de développer elle-même ces services, et « nous en aurions les moyens », souligne Jean-Yves Forel, la BPCE (et ses concurrentes) croit qu'il vaut mieux s'entourer d'elles. Leur structure, « agile et innovante », irait de pair avec ces nouveaux marchés.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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