Guide photo : visée, capteur, zoom, types d'appareils… On vous dit tout !

11 décembre 2020 à 13h26
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Équipement indispensable s'il en est, l'appareil photo numérique (APN) a envahi les foyers. Notre rapport à la photographie a même considérablement évolué ces dernières années avec la démocratisation des smartphones et des réseaux sociaux.

Nous traiterons de l'appareil photo numérique au sens large, puisque notre chère boîte à images n'a jamais pu, jusqu'ici, couvrir un si large faisceau de situations : outre les familles déjà existantes des compacts, ou bridges, il faut désormais compter avec les hybrides, les reflex tout public ou professionnels ainsi qu'avec les smartphones.

Le contenant évolue, mais le contenu change également très vite : capteur, zoom, objectif, sensibilité, vidéo, connectivité et fonctionnalités... Autant de caractéristiques sur lesquelles les constructeurs se focalisent et vont jouer pour diversifier leurs gammes, jusqu'à brouiller les frontières, parfois ténues, entre différentes catégories. Faire son choix peut ainsi devenir cornélien. Alors pour vous éviter des tiraillements à la limite de l'inextricable, nous vous proposons de défricher cette jungle qu'est le marché, en axant le tout sur l'utilisation et l'utilisateur.

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Définitions et pré-requis

Puisque nous parlerons, à de très nombreuses reprises, des différents types d'appareils photo numériques, il apparaît aujourd'hui essentiel de donner une brève définition pour chacun de ces types.

Ainsi, lorsque nous évoquerons un compact, il vous faudra comprendre un APN monobloc, très fin et souvent léger. Celui que l'on peut glisser dans une poche ou dans un sac à main.

Le terme bridge fera référence à un APN compact, mais doté d'un zoom puissant. Il sera plus imposant que le compact auquel nous faisions allusion et son ergonomie fera penser à un appareil de meilleur standing. Il n'est pas équipé d'une monture pour changer les objectifs.

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Pour les hybrides, il s'agit d'un APN relativement léger, équipé d'un capteur électronique, sur lequel il faut venir monter un objectif. Ils sont aussi appelés « mirrorless », en opposition aux reflex.

Concernant le reflex, nous parlerons d'APN à l'ergonomie plus imposante. Équipés d'un miroir, ils disposent d'une bague de monture pour objectifs.

Bien estimer ses besoins

Le temps des questions

En guise de préambule, il convient de se poser deux questions essentielles :
  • Quel est mon niveau en photographie ?
  • Ai-je l'envie de m'améliorer ou cette pratique restera-t-elle liée au plaisir du simple mais efficace souvenir ?

Soyez honnête avec vous-même, ne vous surestimez pas. Vous risqueriez de faire le mauvais choix.

Vous disposez d'un niveau de parfait néophyte, dont les seules compétences en photographie reviennent à appuyer sur le « bouton » ? Très bien, et ce n'est absolument pas blâmable. Si vous souhaitez simplement photographier pour garder des souvenirs, votre choix s'orientera naturellement vers des appareils photo numériques plutôt basiques, aux fonctionnalités accessibles, que nous évoquerons en détail au cours des pages à venir.

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Au contraire, vous souhaitez réaliser de jolis clichés et vous améliorer ? Vous avez envie d'apprendre l'art de la photographie ? Cela va demander un certain investissement matériel mais, surtout, une grande part de motivation et beaucoup de temps pour maîtriser parfaitement les fonctionnalités de votre appareil photo et les techniques de base.

Créer votre propre style prendra des mois, parfois des années. Cette étape arrivera une fois que vous aurez acquis une parfaite maîtrise de votre appareil afin de pouvoir imprimer votre patte à vos clichés.

Comme pour la plupart des équipements que l'on souhaite acquérir, il est nécessaire de se poser un certain nombre de questions plus précises. Elles sont au nombre de quatre, assez cruciales, pour ce qui est de la photographie :
  • Quel type de photos je souhaite faire ?
  • Que vais-je faire de ces photos ?
  • Quel budget suis-je prêt à consacrer ?
  • Quelle est ma motivation face à cette discipline ?

Répondre à la première question est plus complexe qu'il n'y paraît, puisqu'elle englobe trois sous-questions qui sont :
  • Quoi ?
  • Comment ?
  • Quand ?

Ensemble, elles résonnent comme une redondance de la première série de questions auxquelles vous avez dû répondre mais cela permettra de confirmer votre intention d'achat et de ne pas vous tromper.

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Il faudra donc définir ce qu'on souhaite photographier (portrait, animaux, paysage, scènes urbaines, nocturnes, de sport, etc.), selon quel niveau de pratique(débutant, amateur, passionné, etc.) et avec quelle régularité (photo quotidienne, régulière, occasionnelle, etc.). Chacun pondérera à sa sauce ces trois premières composantes pour constater son niveau d'exigence et déterminer ses besoins.

Vient ensuite la finalité de vos photos, le « pourquoi ». Que souhaitez-vous en faire ? Simplement les stocker sur un périphérique et les regarder de temps à autre, comme on épluche parfois nos vieux albums photo poussiéreux ? Avez-vous l'intention de les imprimer ? Si oui, dans quel format (10x15cm, 13x18, A4, agrandissements) ? Souhaitez-vous alimenter un site, des réseaux sociaux ? Un usage plus professionnel ? Ces interrogations sont essentielles car elles tournent autour de la notion de résolution de l'image, et donc de la taille de votre capteur et de sa définition.

Aux critères usage, finance et finalité vient s'ajouter une notion de motivation. Cette dernière va valider l'encombrement et le poids maximum d'équipement que l'utilisateur va tolérer. Sachez-le : un équipement complet peut peser plusieurs kilos, à transporter dans un sac dédié et protégé afin de ne pas détériorer votre matériel. Ce degré de motivation va également confirmer ou infirmer le besoin de fonctionnement manuel de l'appareil (modes de prise de vue, mise au point...) et de certaines caractéristiques (format RAW, griffe porte-flash...), si on parle de motivation pour apprendre la photographie.

Si vous souhaitez apprendre la photographie seul, sans cours ou assistance autre, vous pourrez vous faire assister par les nombreuses chaînes YouTube dédiées. N'oubliez pas que si vous démarrez votre apprentissage en prenant de mauvaises habitudes, vous aurez des difficultés à vous améliorer. La lecture de votre manuel d'utilisation sera toujours salutaire, afin de connaître votre APN et de saisir les fonctionnalités qui s'offrent à vous.

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Les problématiques à résoudre

À ce stade, des possibilités vont se dessiner, des choix pourront commencer à s'affiner. Assez naturellement, des utilisateurs s'orienteront vers les deux branches opposées de l'offre : compacts et bridge d'un côté, hybrides et reflex de l'autre. Là où le nœud sera le plus dur à démêler, c'est en plein milieu du spectre, pour les personnes qui hésitent entre plusieurs familles d'appareil.

En effet, la diversification des gammes est telle, notamment dans la grande famille des compacts, qu'un modèle haut de gamme de cette catégorie d'appareils peut aisément se mesurer à un bridge, un hybride et même à un reflex d'entrée de gamme sur certains aspects (les compacts à grand capteur).

Effectuer un bon dosage entre finances, besoins et motivation va permettre d'orienter les inévitables compromis dans une direction ou une autre :
  • privilégier la qualité d'image quitte à ce que l'appareil soit plus encombrant, compliqué à utiliser ou cher ;
  • privilégier la compacité et la polyvalence quitte à revoir ses exigences qualitatives à la baisse ;
  • faire le choix d'un smartphone qui alliera une certaine forme de qualité, une polyvalence à toute épreuve et, selon le modèle, des options photos proches des modes manuels.


Car c'est un fait : l'appareil parfait n'existe pas. Et s'il existait, il serait probablement très cher, et donc imparfait...

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Dans bien des cas, le multi-équipement reste la meilleure solution pour répondre à un maximum d'attentes, si bien sûr le budget le permet. Typiquement, un petit compact pour la photo souvenir au quotidien et un reflex pour une pratique qualitative plus ponctuelle et réfléchie. À moins que vous ne fassiez le choix d'un smartphone, fidèle accessoire toujours à portée de main ?

Transporter un reflex et son lot d'objectifs toujours avec soi requiert une discipline qui tient de la dévotion photographique. Mais à l'inverse, faire de la photo ultra léchée avec un petit compact basique se révèle très délicat, voire impossible. Encore faut-il que le budget le permette... Et pour beaucoup d'utilisateurs, le budget est précisément le problème central. Avec en trame de fond la peur de se tromper au moment de la décision, en achetant soit un appareil disproportionné, soit un appareil sous-proportionné.

C'est sans doute pour cette raison que le smartphone, que nous avons tous adopté ces dernières années, est pour beaucoup devenu le bon compromis. Même s'il représente un budget parfois non négligeable, il a pour lui, outre ses capacités de plus en plus intéressantes en matière de photographie, la particularité d'être plurifonctionnel.

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Quid de l'occasion ou du vieux neuf ?

Le marché de l'occasion en photo numérique est à considérer avec des pincettes. En effet, en dehors du matériel reflex dit semi-pro (et a fortiori du matériel pro), qui bénéficie d'une finition supérieure (boîtier en alliage de magnésium, joints d'étanchéité, déclencheur garanti pour x prises de vues, etc.), opter pour de l'occasion comporte un risque si l'appareil visé n'est plus sous garantie. Les appareils photo étant des objets voués à être manipulés, transportés, quelque peu chahutés, préférez vous tourner vers une personne de confiance (et méticuleuse) pour tout achat d'occasion.

Ce qui est plus intéressant en revanche, ce sont les fins de séries d'appareils qui viennent d'être remplacés, mais qui sont encore commercialisés jusqu'à épuisement des stocks. Il faut bien sûr savoir ce qu'apporte le nouveau modèle et s'assurer que ce n'est pas précisément une caractéristique que l'on recherche.

Si le renouvellement des gammes a pu se faire à vitesse grand V il y a quelques années, les constructeurs ont dû ralentir la cadence récemment. Il faut dire que les ventes d'appareils photo numériques sont en chute libre. De fait, il est courant de voir sortir un nouveau boîtier phare par an, ainsi le renouvellement de certains APN plus modestes, aux évolutions mineures.

Au jeu des quatre familles, comment faire bonne pioche ?

Comme tout ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, démarrons ce dossier en détaillant ce qu'on entend communément par compact, bridge, hybride et reflex.

La famille des compacts

La grande famille des compacts propose une gamme d'appareils photo numériques large. L'éventail de prix s'étend d'une petite centaine d'euros à plus de 3 000 € pour certains bijoux technologiques, tels que le surprenant Leica Q Typ 116, en passant par la haute gamme de compacts autour de 1 000€, avec notamment le Sony RX100 VII.

Mais qu'entend-on par « compact » ?

Par compact, il faut comprendre appareil monobloc (objectif non dissociable du boîtier) avec visée à l'écran, ou éventuellement via un viseur optique, moins courante. En effet, ce mode de visée impose ici une petite lucarne trop peu confortable. Étrangement, les dimensions assez variables (mais presque toujours inférieures aux appareils des autres catégories) n'ont pas réellement d'impact sur l'appellation compact, puisque les prix font le grand écart, et dans un souci de clarté, nous avons repris des sous-catégories plus ou moins formelles qui permettront à chacun de s'y retrouver.

Sony RX100 VII
© Sony

Le compact entrée de gamme
Le principal critère ici est le prix, compris en gros entre 100 € et 200 €. L'appareil est petit, ultra simple à utiliser et souvent décliné en plusieurs coloris. C'est typiquement le compact pour toute la famille, pour faire de la photo souvenir. Ces dernières années néanmoins, du fait d'algorithmes de traitement toujours plus performants, les entrées de gamme ont eu tendance à proposer de plus en plus d'options - dont chacun est libre juger l'utilité.

De plus en plus de compacts entrée de gamme ont été équipés de capteurs tenant bien face au bruit numérique : ils sont ainsi capables de jolies prouesses (à leur niveau) pour réaliser quelques photos en nocturne. Les prix les plus bas trouvés à l'heure de la rédaction de ces lignes font état de moins de 80 € pour certains modèles, les plus simples d'utilisation, comme le Kodak FZ43 ou le Polaroïd IX828. Les plus légers avoisinent les 100 grammes : des poids plumes dans l'univers de la photographie !

Le compact étanche
Plus généralement destinée aux baroudeurs, cette gamme reste assez discrète. Elle englobe des appareils au design tout à fait reconnaissable (typé sport) qui ne se contentent pas d'être seulement étanches mais plus généralement « all-proof ». Ils résistent aux chocs, aux poussières et aux températures extrêmes. D'où le côté baroudeur...

Néanmoins, n'oubliez pas de vérifier les spécificités de ces appareils, qui évoluent d'une marque à l'autre et d'un APN à l'autre. Nikon propose son Coolpix W300, un tout terrain de 231 grammes qui offre l'avantage supplémentaire d'être connecté. Dans la même gamme, Canon, de son côté, propose le Powershot D30 à 218 grammes.

Le compact polyvalent
Ce type d'appareils a évolué au fil du temps jusqu'à constituer une véritable gamme à part, le jour où tous les constructeurs se sont mis à en proposer. Il s'agit de boîtiers relativement peu encombrants qui embarquent des zooms optiques non amovibles très puissants (facteur d'environ 20x ou plus entre le grand-angle et le téléobjectif). Bien souvent dotés de GPS, ces appareils sont des compagnons idéaux de voyage.

Le compact expert
L'offre montre ici d'un cran sur le plan de la finition des produits et de la qualité de prise en main. L'ergonomie devient « typée pro », en proposant plus de contrôles physiques (molettes, bagues, roues...) et photographiques (modes manuels, format RAW, réglages supplémentaires...). La qualité d'images évolue, de façon notable mais pas drastique, puisque les capteurs d'image embarqués sont légèrement plus gros.

Le compact à grand capteur
C'est une tendance qui se développe. Ces appareils adoptent la même ergonomie soignée que les compacts experts, mais se distinguent par des capteurs de grandes dimensions, comme sur les hybrides, et des formules optiques plus élaborées et lumineuses.

Le compact plein format
La crème de la crème des compacts. Sony a sorti en 2012 son RX1, le tout premier compact doté d'un capteur 24 x 36 mm. Ce type de capteurs plein format propose la meilleure résolution d'image possible. D'une qualité et d'une finition incomparables, ces compacts plein format affichent des prix supérieurs à 3 000 € voire supérieurs à 4 000 €. Leica s'est positionné sur ce créneau aussi, en proposant un superbe Q (Typ 116).

La famille des bridges

Les bridges sont des appareils de la famille des compacts au sens strict du terme. Leur taille correcte permet un bon compromis entre les compacts classiques, les hybrides ou les reflex - dont les deux familles nécessitent de transporter, en plus des boîtiers, un objectif.

Le bridge est également caractérisé par une ergonomie avancée et un zoom optique surpuissant pouvant dépasser le facteur 45x, voire 60x du côté du Coolpix B600 de Nikon. Il existe des zooms numériques, qui détériorent néanmoins la qualité de l'image. L'objectif n'est pas interchangeable, le capteur de même taille que sur la plupart des compacts standards. Cette catégorie d'appareils est en perte de vitesse.

Coolpix B600
© Nikon

Outre le concept même du bridge qui a toujours été un peu bancal (encombrement proche reflex, mais qualité d'image de compact), la concurrence très forte des autres familles d'appareils, peut-être mieux pensées, ne laisse que peu de marges de manœuvre aux bridges. Le poids de ce type d'appareils est souvent supérieur à 350 grammes. Il est nécessaire de s'équiper d'un petit sac pour le transporter, car ce type d'appareils s'abime rapidement si l'on n'en prend pas soin.

La famille des hybrides

Cette famille a aujourd'hui le vent en poupe et est devenue le cheval de bataille des constructeurs d'appareils photo. Nous pouvons aujourd'hui réellement parler de véritable famille, qui propose chaque année plus de modèles. L'APN hybride est une véritable approche du concept de pont entre les compacts et les reflex. Le gabarit du boîtier reste assez compact, mais il peut embarquer de remarquables performances techniques. L'appareil est équipé d'un capteur (Micro 4/3, APS-C ou plein format) et d'une monture d'objectifs interchangeables qui permet de changer d'optiques comme sur les reflex.

EOS M50
© Canon

Mais comme rien n'est parfait, la famille des hybrides comporte elle aussi ses défauts : encombrement supérieur à la plupart des compacts, gamme d'objectifs en développement, nécessité de changer d'objectif, prix inspiré des reflex... Enfin, il est important de noter l'incompatibilité entre les bagues pour hybride et pour reflex, même de marque identique. Ce qui signifie qu'il est indispensable d'utiliser un adaptateur pour monter des objectifs mécaniques sur un boîtier électronique, au risque de perdre en performances, notamment au niveau de l'autofocus.

Là encore, l'éventail de prix est large. Les hybrides les plus coûteux avoisinent les 8 000€, tels que le Leica M10-R, quand le Canon EOS M50 reste sous la barre des 600€.

La famille des reflex

Derniers mais pas des moindres, les reflex constituaient il y a quelques années ce qu'il se faisait de plus performant en matière de photographie numérique : qualité d'image, grâce à deux types de capteurs de grande taille et à des formules optiques pouvant être excellentes, réactivité, vitesse de mise au point et ergonomie (présence d'une vraie poignée). Jusqu'à l'explosion du marché du mirrorless, le roi, c'est lui.

L'atout phare du reflex, c'est sa visée, dite précisément « reflex ». En passant par le miroir, elle renvoie la scène telle que l'œil la voit et telle que le capteur la verra. La couverture n'est pas toujours à 100 % du cadrage, la luminosité et la taille du viseur varient selon la gamme à laquelle appartient le boîtier, mais c'est incontestablement un outil de qualité pour tout passionné.

Canon
© Canon

L'autre caractéristique du reflex, c'est qu'il dispose d'une monture spécifique pour les objectifs, permettant d'en changer selon ses besoins. Le problème du reflex réside dans son encombrement et son prix, bien que les constructeurs proposent désormais des reflex grand public à prix intéressant. Le boîtier est peu discret et potentiellement lourd (notamment en fonction de l'objectif monté). Il est également sujet au risque de poussières sur le capteur à chaque changement d'objectif... En termes de prix, vous en aurez pour toutes les bourses : à partir de 400 € en moyenne pour un boîtier nu neuf entrée de gamme, toutes marques confondues jusqu'à presque 7 000 € pour le Nikon D6.

Ces quelques éclaircissements donnés, il faut maintenant bien garder à l'esprit que la notion de famille a moins de sens aujourd'hui que fut un temps. Les reflex, le haut du panier en photo, se sont outrageusement simplifiés de sorte à séduire une clientèle toujours plus néophyte, tandis que les compacts tendent à se perfectionner toujours plus pour attirer des utilisateurs désirant faire moins de compromis sur la qualité d'image tout en restant sur du gabarit modeste. Ou pour des utilisateurs de reflex cherchant un complément plus facile à transporter. Et les hybrides viennent s'intercaler entre ces deux univers pour séduire toujours plus d'utilisateurs. Il y a donc plusieurs degrés dans la plupart des paramètres à prendre en compte, notamment la qualité d'image où tout ne se résume pas à reflex = excellent, compact = moyen.

Les spécificités au crible du bon sens

Faisons maintenant un petit décryptage, pour comprendre comment se traduisent les principales caractéristiques des différents appareils photo numériques dans la pratique.

La fabrication

Tous les appareils photo numériques ne sont pas logés à la même enseigne en termes de fabrication. Choix des matériaux et résistance à l'humidité, aux micropoussières, etc. : certains appareils sont plus « étanches » que d'autres. À ce titre, on évoque la tropicalisation de l'appareil. Si un appareil est tropicalisé, cela signifie qu'il dispose d'une excellente étanchéité et qu'il a un très faible risque de développer des moisissures ou de capter des poussières microscopiques. L'APN sera en métal et disposera d'excellentes finitions.

S'il n'est pas tropicalisé, l'appareil pourra développer des problèmes dans certains cas (des voyages dans des déserts de sable ou dans les pays tropicaux, d'où le terme « tropicalisation »). Cela représente un coût. Dans la famille des compacts, on compte quelques appareils photo étanches, qui permettent parfois de descendre jusqu'à 30 mètres de profondeur et photographier certains fonds marins.

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© Nikon

La visée

C'est un critère majeur dans le choix d'un appareil puisqu'il impacte directement le confort et la précision du cadrage et donc de la prise de vue. La visée peut être de quatre sortes :

  • Optique
Elle consiste simplement en une lucarne transparente déportée, qu'on ne trouve que sur certains compacts, de plus en plus rares, en complément de l'écran LCD. Elle présente l'avantage de rester utilisable en plein jour lorsque l'écran peut ne plus être très lisible. Et en termes d'ergonomie, le fait de porter son œil contre l'appareil favorise la stabilité et la concentration du photographe. Mais la couverture du cadrage se montre trop partielle (80 % généralement), la fenêtre de visée trop petite.

Et le fait qu'elle soit déportée sur un côté de l'appareil engendre de la parallaxe, c'est-à-dire un décalage entre ce que l'œil voit et ce que le capteur enregistre. Bref, une relique de l'argentique guère utile.

  • Ecran LCD
Il concerne la majorité des appareils, y compris un nombre croissant de reflex dotés de la fonction Live View. Le capteur renvoie l'image qu'il reçoit sur l'écran LCD situé au dos de l'appareil. Avantage : on cadre à 100 % et on bénéficie d'un panel conséquent d'informations pour assister sa prise de vue (réglages, grille, parfois histogramme, niveau électronique, etc.).

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L'écran est également supposé refléter exactement ce que sera la photo, en termes d'exposition comme de colorimétrie. Supposé seulement, parce que bien souvent ça n'est pas le cas : la luminosité peut être trompeuse, la colorimétrie hasardeuse. Si les constructeurs proposent aujourd'hui de superbes écrans, le problème de la visibilité en plein soleil reste toujours d'actualité. Et la visée au bout de bras, appareil tendu devant soi, n'est pas franchement un modèle de confort et de stabilité. Ce problème de luminosité se retrouve particulièrement pour l'essentiel des compacts, qui ne sont pas dotés de viseur.

Deux cas particuliers existent : les écrans articulés et les écrans tactiles. L'articulation est un plus, puisqu'elle permet de trouver des angles de cadrage qu'un écran fixe n'autorise pas forcément. Ce type d'écran permet notamment de cadrer en mode « selfie » tout en gardant un œil à l'image, que ce soit en photo ou en vidéo. De plus en plus d'appareils disposent de cette articulation. Pour ce qui est des écrans tactiles, de même de plus en plus répandus, c'est histoire de goût. Il est possible sur de nombreux appareils d'effectuer les réglages directement via l'écran LCD pour plus de rapidité d'exécution. Pensez néanmoins à protéger votre écran LCD, dans tous les cas, et plus encore si votre APN est doté d'un LCD tactile.

  • Reflex
C'est le nom de la visée qui donne aujourd'hui, par raccourci, l'appellation de l'appareil. Le nom « reflex » vient de la conception même de ce type d'appareil photo, où l'objectif joue un triple rôle : calculer la mesure d'exposition pour permettre à l'utilisateur de réussir sa photo, amener la lumière vers le capteur pour la prise de vue finale et produire l'image issue de la visée. Dans le cadre de la visée, la lumière - qui passe par l'objectif dans tous les cas - est renvoyée dans le viseur grâce à un miroir et un prisme (ou plusieurs miroirs). Cette méthode permet à l'utilisateur de voir exactement et en temps réel ce qu'il photographie (avec une couverture du cadrage plus ou moins proche de 100 % selon l'appareil). Cette visée est aussi appelée TTL (pour Through The Lens).

La taille du viseur, le facteur de grossissement et la luminosité sont les trois facteurs à surveiller, qui s'améliorent en même temps que l'on monte en gamme. La visée reflex est rapide, agréable et utilisable en toutes circonstances. Mais elle occasionne un encombrement supplémentaire (dû au prisme), fait du bruit (lorsque le miroir se lève puis s'abaisse au moment du déclenchement) et sale la facture. Et comme c'est un élément purement optique, elle ne donne aucune information sur la manière dont le capteur, élément numérique, rendra la photo, contrairement au système de Live View. Un mauvais réglage d'exposition ne se verra pas dans le viseur, par exemple.

La majorité des reflex récents est équipée d'un écran LCD qui permet néanmoins d'avoir un aperçu du résultat final en fonction des réglages. Il suffit donc d'activer le LCD pour accéder à cette fonctionnalité.

  • Électronique
C'est un mix de visée reflex et d'écran LCD. Pour être plus précis, c'est une visée TTL où le jeu de prisme + miroirs est remplacé par un écran LCD logé dans le viseur. L'idée étant de concilier le confort de la visée reflex avec le rendu de l'écran LCD et sans l'encombrement du reflex. C'est traditionnellement la visée qu'on trouve sur les hybrides et les bridges.

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© Samsung

Les constructeurs ont majoritairement abandonné l'idée des viseurs optiques « trous de serrure », tellement petits qu'il était difficile de les utiliser. Jadis, ces EVF (Electronic View Finder) souffraient d'une définition quelconque et d'un rafraîchissement trop lent pour éviter les saccades d'affichage. Ils sont aujourd'hui beaucoup plus performants et lisibles : jusqu'à 5,76 millions de points dans le viseur du Canon EOS R5 !

Quelques points négatifs demeurent : ils sont généralement plus petits que les viseurs de reflex (en particulier sur les bridges) et ils engendrent une surconsommation électrique. Enfin, sur les modèles les moins récents, la qualité d'image et les sensations de saccade peuvent freiner certains utilisateurs désireux d'acquérir un boîtier plus ancien, donc moins cher.

C'est en partie une question de goût et d'habitude, mais clairement, quelqu'un qui souhaite s'adonner aux joies de la photo aura tout intérêt à privilégier les visées plus précises que sont celles reflex et électroniques.

Le capteur

Votre capteur est la pièce maîtresse de tout appareil avec l'objectif : c'est en effet lui qui capte la lumière, et la photographie est une affaire de lumière. Nous devons associer le capteur numérique à la pellicule des appareils photo argentiques - qui revient à la mode aujourd'hui. À cette époque pas si lointaine, la photographie était captée sur une pellicule, dont le format exposé était de 24 x 36 mm (ce qui donne par extension un rapport hauteur/largeur de 1,5, d'où le format photo papier de 10x15 cm).

Aujourd'hui, les capteurs des APN sont équipés de photosites, des cellules photo-électriques qui s'activent avec une exposition à la lumière. Le capteur, toujours plus performant, est la pièce essentielle de votre APN. Sans lui, vous ne pourriez pas faire de photo numérique.

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© Panasonic

Trois paramètres sont à observer :
  • Le type : il peut être CMOS, CCD (DTC en français) ou CMOS rétro-exposé (dits CMOS BSI pour Back-Side Illumation). Ces CMOS BSI, lancés en 2006, sont des capteurs dont la quantité de lumière reçue est triplée par rapport à un capteur CMOS basique. Aujourd'hui, les CMOS BSI équipent la plus grande partie des appareils du marché, et à juste titre puisque ce sont les capteurs qui gèrent le mieux les hautes sensibilités tout en étant aussi les plus rapides. Quelle que soit la marque d'appareil photo numérique, on trouve aujourd'hui quasi exclusivement du CMOS. Le CCD/DTC a un effet pervers : l'image est rapidement détériorée en fonction de l'augmentation de la température. Le bruit électronique parasite double tous les 6 à 8 °C. Elle aura néanmoins valu aux inventeurs le Prix Nobel de Physique de 2009 pour cette invention remontant à 1969.
  • La taille : ce critère est le plus important de tous ! Par taille, on entend dimension physique du composant. Elle est généralement notée par un ratio 1/x qui se mesure en pouces et décrit la diagonale du cercle d'image, plus grande que celle du capteur (qui n'en occupe en général que les 2/3). Les capteurs de type 1/2,3'' (6,1 x 4,5 mm) et inférieurs sont ceux que l'on trouve dans la plupart des compacts et bridges. Les compacts experts peuvent eux recevoir des capteurs de 1/1,7'' (7,4 x 5,6 mm) voire 2/3'' (8,8 x 6,6 mm). Ceux dits à grand capteur commencent à 1'' (13,2 x 8,8 mm), puis 1,5'' (18,7 x 14 mm) sur le G1X de Canon, jusqu'à l'APS-C (23,4 x 15,6 mm environ). Même chose en hybride, où on démarre de 1'' (série hybride Nikon 1) jusqu'au format plein format (24 X 36 mm) de Sony, en passant par le format Micro 4/3 de Panasonic et Olympus (17,3 x 13 mm). Enfin l'univers des reflex est peuplé de capteur APS-C jusqu'au plein format, comme l'ancêtre argentique. La taille est déterminante dans trois domaines fondamentaux : la profondeur de champ, la dynamique et la propreté du signal, notamment dans les hautes sensibilités. De manière générale, nous pourrions dire que plus le capteur est grand, mieux c'est. Mais ne généralisons pas : tout dépend de votre pratique de la photographie. C'est à partir de 1'' que la différence se voit vraiment. On peut alors avoir une profondeur de champ plus courte (premier plan net, arrière-plan flou), une dynamique accrue (capacité à enregistrer un maximum d'informations et dans les zones d'ombre et dans celles lumineuses) et une image très propre quand la lumière ambiante est faible, sans utiliser de flash. En revanche, qui dit capteur plus gros dit optique et donc appareil plus volumineux. C'est pour ça qu'on ne peut raisonnablement pas concevoir un zoom 30x sur un reflex en APS-C sans construire un bazooka... Sur les appareils à grand capteur, les optiques sont ainsi limitées à une amplitude de 3x en moyenne. Le record noté aujourd'hui est de 25x, avec un objectif transtandard 16-400 mm f/3.5 -6.3 de chez Tamron. Néanmoins, une plage focale aussi large aura forcément des inconvénients de détérioration d'image. Les objectifs en focale fixe sont réputés pour produire de meilleures images (50 mm f/1.8 par exemple).
  • La résolution : c'est la quantité de pixels que contient le capteur, qu'on compte en dizaines de millions (chez Clubic, nous avons pris l'habitude de la noter Mp). Ce qu'il faut bien avoir à l'esprit, c'est que pour 90 à 99% des utilisateurs de compacts, une résolution de plus de 10 Mp (et encore pour être généreux) ne sert à rien, voire est un handicap. Or la plupart des compacts dépassent allègrement les 14, 16 voire 20 Mp ! Une forte résolution sert à capturer davantage de détails d'une scène, ce qui in fine permet soit des recadrages importants, soit des tirages très grands formats. Mais surtout pour bien alimenter tous ces pixels en lumière, il faut un très bon objectif, ce que de rares compacts possèdent. Ensuite, ces appareils ont des capteurs de petites dimensions, qui se comportent d'autant plus mal dans les hautes sensibilités qu'on les gave des pixels. Enfin, grosse résolution rime avec poids supérieur de fichier et ralentissement de l'appareil. La problématique est la même pour les reflex, sauf qu'avec une utilisation potentiellement plus poussée, des objectifs de meilleure qualité et des capteurs plus gros, 20 Mp ou plus n'est pas forcément dénué de sens. Le très récent et largement plébiscité Sony A 7R IV offre une résolution de 61 Mp, ce qui ne laisse plus aucune place à la moindre erreur. Avec de telles résolutions, l'objectif de qualité est absolument indispensable. En tout cas, ne prenez jamais la résolution comme un argument décisif dans le choix d'un appareil !


L'objectif

C'est l'autre pièce maîtresse de l'appareil photo, formant un tandem indissociable avec le capteur. L'objectif, que l'on appelle parfois zoom à tort, va être caractérisé principalement par la plage de focales qu'il couvre, sa luminosité (ses ouvertures maximales) et son éventuelle stabilisation.

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© Nikon

  • La focale
Elle se mesure en millimètres et indique l'angle qui sera embrassé. Pour éviter toute confusion, on se réfère toujours à la focale « équivalente à celle d'un capteur 24x36 mm », la taille de capteur qui sert de référence. Plus la focale est petite, plus l'angle est grand. À 28 mm et en dessous, on parle de grand angle. Au-delà de 100 mm, on passe sur du téléobjectif. L'écart entre la plus petite et la plus grande focale que couvre un zoom constitue la plage de focales, le ratio 10x par exemple signifie alors que la première est 10 fois plus courte que la seconde. Plus ce ratio est grand, plus l'appareil est dit polyvalent, parce qu'il pourra photographier des scènes proches avec très peu de recul comme des scènes très éloignées. Aujourd'hui, certains compacts atteignent un ratio de 30x, atteignent les 60x (le Panasonic Lumix FZ82) !

Comme pour les résolutions exorbitantes, nous serions tentés de dire : « À quoi ça sert ? ». La réponse est dans la question... Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il existe certaines focales clés pour des usages donnés. Le grand angle pour des paysages, de la photo d'intérieur ou des scènes urbaines, le 35 mm pour une forme de polyvalence (portrait large, scènes urbaines, paysages), de 50 à 80 mm pour faire du portrait plus ou moins serré et de la macro, et au-delà pour de l'animalier, du graphisme (en isolant des détails avec tassement des perspectives) ou de la photo de sport.

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© Sony

Néanmoins, dans la pratique, il est intéressant d'utiliser n'importe quel objectif pour faire n'importe quel type de photos. Certains photographes n'hésitent pas à se mettre des contraintes particulières, en shootant des paysages ou des photos d'architecture au 300 mm. Les photographes chevronnés tendent à se spécialiser dans certains domaines plus à leur goût que d'autres, et partent alors sur du reflex ou de l'hybride avec deux ou trois objectifs qui couvrent leurs besoins. C'est plus coûteux, mais nettement plus qualitatif. Car le dicton « qui peut le plus peut le moins » se fait au détriment de la qualité d'image en photo. Dès lors que l'on a cerné ses besoins, il est bon de travailler avec des focales fixes, c'est-à-dire sans zoom, qui donneront le meilleur résultat.

Notez que pour faire de la macro, seul un reflex avec un objectif dédié macro (ratio de 1:1, c'est-à-dire que la portion cadrée fait la même taille sur le capteur) donne de véritables résultats. Les compacts annoncent tous une prise de vue macro à quelques centimètres, mais c'est en fait de loin, avec un téléobjectif macro qu'on réalise les plus beaux clichés. Parce que collé à son sujet, l'appareil fait de l'ombre et le sujet, s'il est vivant (insecte ou animal), prend peur !

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© Panasonic

  • La luminosité
La notion de luminosité est liée à la capacité du diaphragme de l'objectif de s'ouvrir plus ou moins grand. On parle donc d'ouverture, qui se note f: ou f/ accompagnée d'un chiffre. Plus ce dernier est petit, plus l'ouverture est grande. Plus un objectif sera lumineux, plus il sera rapide. L'ouverture n'a de réel impact que sur certains compacts avancés qui ouvrent à moins de f/2.8, avec un capteur un peu plus grand que la moyenne. Sur les autres compacts, les valeurs d'ouverture, au grand angle comme au téléobjectif, sont peu ou prou toutes les mêmes, quelconques.

Une grande ouverture permettra à l'appareil de capter plus de lumière donc d'atteindre des temps de pose plus rapides pour une lumière ambiante donnée. C'est particulièrement appréciable en intérieur, de nuit ou pour des photos de concert par exemple. Cette notion de luminosité est très intrinsèquement liée à deux notions essentielles : la vitesse et la profondeur de champ. Plus le diaphragme a la capacité d'être ouvert (f/1.8 ou f/1.4 voire plus encore dans des cas extrêmes et pas forcément utiles), plus un objectif est lumineux, plus il sera rapide et plus il permettra de fixer un mouvement. En outre, une grande ouverture permet une meilleure gestion du flou. Un diaphragme à pleine ouverture aura une plage de netteté réduite, donc une forte zone de flou. C'est de cette manière que vous pourrez avoir un joli flou d'avant ou d'arrière-plan.

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© Panasonic

  • La stabilisation
Il existe trois procédés de stabilisation : numérique, mécanique et optique. La stabilisation consiste à rendre mobiles des éléments de l'appareil (le capteur pour la stabilisation mécanique, une lentille de l'objectif pour l'optique) de sorte à compenser les tremblements du photographe, notamment sur les poses longues ou les photos prises au téléobjectif à main levée (le téléobjectif allongeant les temps de pose). Sur un compact à zoom puissant, c'est un incontournable !

Avec un reflex ou un hybride, tout dépend des focales visées. La présence de la stabilisation et son efficacité dépendent du constructeur et de la qualité de l'objectif, donc de son prix. Notez que certains boîtiers intègrent une stabilisation de capteur qui s'applique alors à tout objectif monté.

Nota bene : les utilisateurs qui seront tentés d'opter pour un reflex ou hybride doivent savoir que chaque marque emploie ses propres montures. Pour faire simple, il s'agit de la vis de fixation de l'objectif sur le boîtier (EF/RF chez Canon, F/Z chez Nikon, A/E chez Sony...). Il faut donc, quand on veut effectuer cette transition, explorer les parcs d'objectifs proposés par chaque constructeur avant de choisir son boîtier. Et éventuellement voir s'il n'y a pas de vieux objectifs récupérables à droite à gauche. En d'autres termes, un objectif Nikon ne s'adaptera pas sur un boîtier Canon, et inversement pour toutes les marques.

Une monture c'est un peu comme une écurie de Formule 1. Une fois qu'on a investi dans plusieurs objectifs, il devient délicat de changer de marque de boîtier... Enfin, il existe un vrai marché de l'occasion pour les objectifs, avec de bonnes affaires à la clé.

La sensibilité

La sensibilité est un paramètre artificiel qui va doper les pixels du capteur pour les rendre plus sensibles à la lumière, afin de maintenir des temps de pose rapides quand la luminosité baisse. Elle se mesure en ISO. Chaque fois que l'on double la sensibilité ISO, cela équivaut à doubler la quantité de lumière reçue par le capteur. Cela permet donc de diviser la vitesse d'obturation par deux et d'obtenir des images plus nettes, diminuant par conséquent le flou de mouvement.

Plus on monte en sensibilité, plus l'appareil peut faire face à l'obscurité, mais aussi plus la qualité d'image va se dégrader. Toute amplification de signal électrique génère des parasites. C'est comme en audio lorsqu'on pousse un ampli, le son chuinte et fini par distordre. En argentique déjà, la pellicule était plus ou moins sensible à la lumière. Pour simplifier, on parlait alors de sensibilité ASA.

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© Leica

Ceux qui photographient par conditions difficiles (photos de soirées, d'intérieur, de concerts, de paysages nocturnes...) devront particulièrement prêter attention à ce paramètre. Et dès lors savoir que les compacts ne sont globalement pas les meilleurs doués dans ce domaine. Encore une fois, ça tient essentiellement à la dimension du capteur et ce n'est pas le flash, frontal et sous-dimensionné, qui va aider à produire de belles images...

C'est un conseil utile à tout débutant en photographie : ne flashez jamais en condition de basse lumière. Le flash ne servira à rien et détériorera votre photographie. Avec un hybride ou un reflex, c'est autre chose ! Sur un boîtier débutant ou amateur, on monte aisément à 800 ou 1 200 ISO sans dégradation de l'image, voire au-delà sans se soucier de la qualité des résultats. Sur des boîtiers experts, pro et haut de gamme, le bruit devient un sérieux problème à partir de 3 200 voire 6 400 ISO.

La réactivité

Il y a deux types de réactivité : celle de l'appareil (temps d'allumage, délai entre deux images, fluidité des opérations dans le menu, recyclage du flash, etc.) et celle de la mise au point (vitesse de l'autofocus). Dans un exercice professionnel, il peut être très intéressant de pouvoir déclencher plusieurs fois par seconde et les constructeurs tendent à chercher à augmenter ce nombre de déclenchements.

Dans tous les cas, les reflex dépassent de très loin leurs petits semblables, y compris les hybrides. Certains compacts (de polyvalents à experts) parviennent à offrir une bonne réactivité d'appareil, suffisante pour un usage bloc-notes ou photos prises sur le vif. Idem pour les hybrides.

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Mais dès qu'on rentre dans des considérations de photos de sport, seuls les reflex et les hybrides proposent la nervosité attendue pour photographier confortablement. La différence tient dans le mode de mesure de la mise au point, par détection de contraste sur les compacts et bridges, qui ne fait pas le poids par rapport à la détection de phase des reflex. Là aussi, le nombre de points AF a tendance à augmenter avec l'élévation dans la gamme : une meilleure réactivité de l'autofocus se paie forcément. Ces dernières années, les hybrides font montre de très belles performances du côté de l'autofocus, Sony en tête de liste, surpassant parfois les reflex.

L'encombrement

Attention, cette donnée n'est pas à sous-estimer ! On n'imagine pas à quel point le poids et les dimensions d'un produit peuvent vite devenir une vraie contrainte. L'utilisateur qui souhaite s'équiper d'un reflex comme seul appareil pour tout photographier (essais artistiques, vacances, soirées, etc.) au quotidien doit savoir que transporter son matériel partout avec soi exige une motivation sans faille, qui peut être là au début, mais risque de faiblir à la longue. C'est encore plus vrai quand on s'exerce avec plusieurs objectifs et pourquoi pas un flash. Avec à terme l'écueil du boîtier qu'on laisse au placard par flemme.

Sachez par ailleurs qu'un reflex n'est pas très discret, tant visuellement qu'acoustiquement. Quand on photographie des portraits ou que l'on immortalise un moment solennel, notamment. Car oui, le reflex, à plus fort titre s'il est grippé, a quelque chose d'oppressant pour le(s) sujet(s) et se fait entendre. Selon la situation, le bruit du déclenchement peut être un problème (cérémonie religieuse, moment d'intimité ou de recueillement, etc.).

EOS R5
© Canon

Et si on prend le problème dans l'autre sens, la disponibilité immédiate et permanente d'un appareil photo peut nourrir une certaine créativité, ou du moins combler un opportunisme photographique qu'il ne faut pas négliger. Tout dépend bien sûr de la démarche de chacun. Il y a un peu de vécu dans ces propos, si ça peut aider...

D'où l'intérêt du multi-équipement, qui permet de scinder les utilisations avec deux appareils adaptés (ou plus). Un reflex et un petit compact bloc-note, un compact polyvalent et un modèle étanche (le pack spécial vacances), etc.

Enfin, pour les utilisateurs de reflex : ne négligez pas la besace que vous allez utiliser pour transporter votre matériel. Un sac mal étudié fait mal au dos, protège plus ou moins bien son contenu et donne un accès variablement aisé au boîtier. Ça paraît anecdotique, mais ça ne l'est pas.

L'ergonomie

Prise en main de l'appareil, présence de touches de raccourcis, possibilité de personnalisation des boutons, visibilité de l'écran, qualité de l'interface sont autant de critères sur lesquels un photographe averti cherchera son bonheur. Et ça n'est pas avec la famille des compacts experts (éventuellement quelques appareils dits polyvalents) qu'il le trouvera...

Un appareil qui donne de bons résultats, mais qui se révèle pénible à utiliser restera un appareil pénible. Même si on s'habitue à tout. Parce que l'ergonomie qu'il procure va permettre au photographe d'arriver plus ou moins vite et facilement à ses fins, un critère de temps qui aura nécessairement un impact sur le résultat final.

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© Samsung

La miniaturisation est dans ce domaine assez pénalisante, sauf à ne laisser qu'un déclencheur et une manette de zoom pour un compact point and shoot.

À l'inverse, un reflex second de gamme et plus constitue ce qu'il se fait de plus stable, confortable, pratique et personnalisable. Nous précisions bien second de gamme et plus parce que l'entrée de gamme reflex est souvent très dépouillée au niveau des commandes.

Il faut alors passer sur le modèle au-dessus pour retrouver tous les détails qui vont bien : une molette de réglages à l'avant, une autre à l'arrière et un écran de contrôle sur le dessus du boîtier... qui sont autant d'éléments porteurs de confusion chez l'utilisateur débutant. D'où l'importance de choisir un boîtier adapté à son niveau, sous peine de l'abandonner bien vite.

L'évolutivité

À part des convertisseurs d'angle (grand angle ou télé) qui donnent des résultats variables, sachez-le, un appareil photo compact ne présente aucune évolutivité. Quelques modèles experts et bridges dotés d'une griffe porte-flash pourront vous permettre d'explorer d'autres sentiers mais les possibilités restent limitées.

Mais tout cela n'est rien à côté de l'évolutivité d'un hybride et d'un reflex. Grip de batteries, large choix de flashs, micro (la griffe-flash étant de plus en plus souvent griffe porte-accessoires), module GPS, module de synchro, déclencheur distant, multiples filtres (colorés, polarisants, UV, gris neutre...) et bien sûr, un parc conséquent d'objectifs, très variés côté reflex comme hybride.

Bien que le marché des hybrides soit relativement récent, le choix en matière d'objectifs dédiés est déjà large. Là où Sony, en bon leader du secteur, présente un catalogue bien fourni, Canon et Nikon le rattrapent à grands pas, proposant toujours plus de nouvelles références. Il faut toutefois noter qu'il existe des bagues adaptatrices permettant de monter à peu près tous les objectifs en fonction de la bague choisie, entre autres des objectifs pour reflex. La contrepartie de la manipulation réside dans une réactivité moindre et un autofocus souvent moins efficace. Cependant, l'utilisation d'une bague peut se révéler tout à fait confortable et convaincante : pourquoi s'en priver ?

Sur les reflex, en particulier chez Canon et Nikon, le parc d'objectifs est massif. On trouve de tout, du fisheye (photo circulaire à 180°) au super téléobjectif (jusqu'à 800 mm) en passant par des zooms courts ou longs, des focales fixes lumineuses, des optiques macro et des objectifs à décentrement. De quoi couvrir tous les besoins, avec une qualité incomparablement supérieure.

LE bémol en revanche, c'est que tout ça à un coût, qui peut devenir monumental si vos exigences vous orientent vers des objectifs « pro », dont les tarifs chatouillent les cimes ! N'oublions pas les marques dédiées à l'optique, qui produisent aujourd'hui des objectifs de qualité et plus abordables, tels que Sigma ou Tamron, idéales pour les photographes débutants ou amateurs qui désirent allier prix et efficacité.

Les fonctionnalités

Outre l'implantation de modes tels que le panorama ou le mode photo de nuit à main levée, l'une des fonctionnalités assez décisives aujourd'hui est la vidéo. Et pour le coup, les hybrides tirent leur épingle du jeu. Premièrement parce que la mise au point par détection de contraste se révèle plus efficace en vidéo, deuxièmement parce que les constructeurs se concentrent sur cette gamme et dotent leurs boîtiers de capacités béton en termes d'enregistrement vidéo. Étant assez légers et réduits, ils s'accordent facilement avec un stabilisateur externe pour réduire le bougé.

Aujourd'hui, les modèles qui intègrent l'enregistrement en 4K ne sont plus rares et la 8K fait tranquillement son trou. Stabilisation à cinq axes ou non, 25, 30, 50, 60 ou 120 fps (frame per second), 1080p, 2K, 4K ou 8K... À vous de choisir le boîtier qui convient le mieux à votre usage. À noter que les reflex sont également de bons produits en la matière. Leur poids et leur conception leur donnent même un petit avantage quant à la stabilisation à main levée, facilitée par une meilleure préhension. Du côté des compacts et des bridges, la plupart des modèles permettent de filmer dans une résolution plus ou moins élevée, mais amplement suffisante pour capter de précieux souvenirs. Oubliez les effets de slow motion à 120 fps, mais sont-ils vraiment pertinents ?

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Le GPS s'est démocratisé sur les compacts polyvalents orientés voyage, mais aussi les fonctionnalités sans fil via Wi-Fi qui permettent de capturer des photos à distance depuis son smartphone (via Camera Connect de Canon, SnapBridge de Nikon, etc.), de visionner le contenu de sa carte mémoire sur son mobile et de l'extraire. Un outil bien pratique pour envoyer des photos en un clin d'œil à ses proches ou publier des clichés sur les réseaux sociaux sans passer par un ordinateur. Car, oui, notre rapport à la photographie a beaucoup évolué ces dernières années avec l'arrivée des smartphones. Nous évoquerons cette particularité dans une partie dédiée ultérieure.

Notez que la plupart des utilisateurs de compact se contentent du mode tout automatique, qui convient dans la plupart des situations. Trop de fonctions et de réglages tendent à faire peur et à complexifier les interfaces. Prudence donc si vous êtes néophytes : ne partez pas d'emblée sur un compact expert ou un gros reflex.

Pour les photographes amateurs ou ceux désireux de se former à la pratique, il est important de disposer de modes débrayables A (priorité ouverture), S (priorité vitesse) ou M (tout manuel). D'autres réglages comme le bracketting, la puissance du flash, la balance des blancs, la mesure d'exposition ou la mise au point manuelle seront également appréciables pour explorer les arcanes de la photo.

Et l'accès au format RAW (brut, non compressé) permettra aux photographes les plus pointilleux de post-traiter dans les meilleures conditions qui soient. À noter que le développement des formats RAW passe par des logiciels spécialisés dont l'achat de licence peut représenter un surcoût non négligeable.

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© Canon

Cas particuliers : les hybrides, les smartphones

Les hybrides

Ils sont nés dans le but de concilier compacité (boîtier au format compact) et qualité d'image (capteur de reflex). Sur le papier, ça ressemble bien au meilleur compromis imaginable. Ces appareils sont en effet beaucoup plus petits que leurs ainés reflex et ils sont capables de résultats nettement plus qualitatifs que leurs cadets compacts.

Ils peuvent ainsi séduire les utilisateurs de compacts ou bridges cherchant quelque chose de plus performant sans s'encombrer d'un reflex, tout comme les utilisateurs de reflex voulant un appareil plus transportable et discret sans tomber dans la qualité d'image assez uniformément moyenne des compacts.

Sony A7RIV
© Sony

Les dernières générations d'hybride offrent des capacités supérieures, en termes de qualité d'image et de rendu final, aux boîtiers reflex d'entrée de gamme. Certains hybrides haut de gamme sont même équipés du capteur plein format 24 x 36 mm et résistent parfaitement aux conditions de basse luminosité (haute sensibilité ISO).

Oui, mais il reste des contre-indications :

  • La taille : si le boîtier est souvent très petit, les objectifs que l'on greffe dessus, et notamment les zooms, sont eux assez volumineux. Surtout sur les hybrides qui embarquent un capteur APS-C. Selon la configuration choisie, l'appareil ne se glissera pas dans une poche comme un compact. Les constructeurs d'hybrides proposent tous des focales fixes très fines, mais c'est alors une autre utilisation qui se profile.
  • Les objectifs : si la diversité du catalogue de chaque constructeur péchait il y a quelques années, ce n'est plus le cas désormais. Nikon, Canon, Sony, Olympus, Panasonic et les autres proposent de nombreuses références qui laissent l'embarras du choix aux utilisateurs d'appareils photo hybrides, qu'ils recherchent des focales pour débutant ou des gammes professionnelles. Le parc d'objectifs pour hybrides permet désormais à chacun de laisser parler sa créativité. Et selon l'optique montée, beaucoup plus grosse qu'une optique dédiée équivalente, l'hybride deviendra aussi encombrant qu'un reflex... en moins agréable à manipuler. Par ailleurs, qui dit objectifs interchangeables dit logistique dès qu'il faut jongler entre eux, contrainte quand on change d'objectif pour accéder à d'autres focales et risque de poussières à chaque changement.
  • Le coût : un boîtier hybride coûte le prix d'un reflex d'entrée de gamme, voire beaucoup plus pour certains hybrides haut de gamme. Le fameux Sony A7R III, considéré comme l'un des meilleurs hybrides à ce jour, est équipé d'un capteur plein format. Il est affiché au prix de 2 800 € environ. Et les objectifs viennent copieusement grever le budget : comptez au bas mot 200 € pièce, souvent 300 à 500 €, et parfois jusqu'à plus de 1 000 €. On ne trouve certes pas de haut de gamme aussi coûteux que dans les parcs d'optiques pour reflex, mais on s'en rapproche tout de même !
  • L'ergonomie : le boîtier étant petit, on ne retrouve pas la même prise en main des reflex. Les constructeurs ont progressé dans ce domaine et intègrent de plus en plus un form factor appréciable à appréhender. De même, il est possible d'acquérir une poignée ou grip pour faciliter la prise en main.


Les smartphones

Nous les avons évoqués à plusieurs reprises et pour cause : les smartphones ont désormais toute leur place quand on évoque des sujets autour de la photographie. Leur succès incontestable a participé à transformer les usages autour de la photo.

Est-ce à dire qu'ils répondent à un besoin ou que le besoin a été fabriqué de toutes pièces avec l'apparition des smartphones à la fin des années 2010 ? Nous ne pourrions répondre à cette question. Néanmoins, la certitude est que la technologie s'est fortement développée et améliorée ces dernières années.

Leur principale force, c'est une disponibilité incomparable. Dans la plupart des cas, il vaut mieux une photo de qualité moyenne, mais dans la boîte que pas de photo du tout. Le smartphone est disponible, toujours à portée de main. Il suffit de dégainer et shooter ce que l'on voit.

Certes, il est difficile de comparer la qualité d'image d'un appareil photo avec celle d'un smartphone... Vraiment ? La frontière se fait de plus en plus fine. S'il est compliqué de doter un mobile de capteurs plein format ou APS-C, les fabricants redoublent d'ingéniosité pour parvenir à un résultat qui peut en bluffer plus d'un. Multiplication de capteurs, téléobjectif, pixel-binning, algorithmes et machine learning... La photo sur smartphone est un vrai sujet de recherche et développement, et un point que les consommateurs ne manquent pas d'étudier avant achat.

L'iPhone 12 Pro Max, considéré dans nos tests comme l'un des meilleurs photophones de 2020, est capable de prouesses en termes de photo et d'enregistrement vidéo. Équipé de trois capteurs arrières de 12 Mp, d'un appareil photo avant et d'un scanner LiDAR, il propose une plage de focales allant du 13 mm (ultra grand-angle) f/2.4 1/3.6" au 65 mm (téléobjectif) avec zoom optique 2.5x et numérique 10x à f/2.2 1/3.4", en passant par une focale de 26 mm f/1.6 avec stabilisation optique et pixels de 1,7 µm. Côté vidéo, l'iPhone 12 Pro Max permet d'enregistrer en 4K jusqu'à 60 fps et en 1080 jusqu'à 120 fps avec stabilisation électronique. Bref, un smartphone bluffant côté photo, qui parvient notamment à des résultats forçant l'admiration pour ce qui est par exemple des effets de profondeur de champ.

iPhone 12 Pro Max test
Pierre Crochart pour Clubic

Il convient d'y mettre le prix pour avoir des photographies de qualité, mais des smartphones milieu de gamme, comme le Pixel 5, produisent des images remarquables. Et ils offrent évidemment l'atout majeur d'être hyper connectés, ce qui boucle la boucle de l'apparition des smartphones et bien sûr des réseaux sociaux : sitôt photographié, sitôt publié.

Les smartphones se positionnent désormais très clairement au-dessus de bon nombre de compacts entrée de gamme. Certains, haut de gamme viennent même chatouiller le niveau et la qualité de certains reflex bas de gamme, offrant en plus la garantie de presque toujours réussir ses photos. Et en plus d'assurer un mode « automatique » de qualité, nombre de smartphones intègrent un mode manuel semblable à ce que l'on peut trouver sur APN.

Pour parfaire les performances photophoniques de nos téléphones portables, de petits accessoires (des objectifs notamment) ont même été développés. Ils se clipsent directement sur l'ouverture du capteur et présentent l'intérêt de modifier la focale, comme un objectif le fait sur un reflex ou un hybride. Une manière supplémentaire de booster la créativité des utilisateurs.

À noter que des professionnels de la photographie n'hésitent plus à sortir leur smartphone, dans certaines circonstances. Il existe même des formations à la photographie au smartphone, afin d'en tirer le meilleur. Nul doute que la qualité des photographies des smartphones sera encore améliorée avec le temps.

Résumé par profil d'utilisation

L'idée maintenant est de synthétiser tout ce qui vient d'être dit en fonction de différents profils d'utilisation, pour que chacun puisse s'orienter plus facilement vers le type d'appareil qui lui conviendrait le mieux.

Vous êtes un parfait débutant en photographie et ne souhaitez pas vous investir dans cette pratique ? Vous souhaitez pouvoir faire des photographies souvenir, dans de nombreuses situations à condition d'avoir votre APN sous la main ? Ce profil devrait vous conduire vers un compact d'entrée de gamme, à moins de 200 € dans quasiment tous les cas.

Si vous vous considérez également comme un débutant mais que vous souhaitez avoir de belles images dans de nombreuses situations, deux choix s'offrent à vous. À noter que la seconde solution vous permettra une réelle évolution si la pratique de la photographie vous plaît :
  • le compact expert, le compact à grand capteur voire un bridge de qualité si vous ne souhaitez pas vous encombrez d'objectifs ;
  • l'hybride ou le reflex d'entrée de gamme devraient vous convenir si vous êtes prêt à subir un encombrement plus ou moins conséquent.

Pour parer à toutes les situations, et pour sa polyvalence incontestable, le smartphone vous conviendra également parfaitement. Choisir un modèle qui a fait ses preuves côté photo devrait vous satisfaire de manière incontestable.

Si vous êtes un débutant qui souhaite apprendre la photographie et progresser dans sa pratique, le reflex ou l'hybride d'entrée de gamme, c'est le must ! Il est même très éclairé de prendre le moins cher de la gamme actuellement en vente. Accompagnez-le de trois objectifs (un 18-55mm f/3.5-5.6, un 70-300 mm f/4-5.6 et une focale fixe 50 mm f/1.8) et vous serez paré pour toutes les situations. En vous débrouillant bien et en cherchant dans votre entourage des objectifs inutilisés, ou sur le marché de l'occasion, vous pouvez vous en sortir pour moins de 1 000€.

EOS R6
© Canon

Vous avez forcément une connaissance qui s'y connaît en photo : demandez-lui des conseils supplémentaires. N'oubliez pas que vous n'êtes pas obligés de tout acheter au même moment et que votre matériel, comme votre pratique, sera amené à évoluer. Préférez la qualité à la quantité et veillez à prendre soin de votre équipement.

Nous l'avons déjà évoqué plus haut : un appareil photo reflex ou hybride avancé risque de vous décourager et de vous dégoûter de la photographie si vous débutez tout juste. Entre les multiples fonctionnalités, les boutons avec lesquels il faudra sans cesse jongler, qu'il faudra paramétrer en fonction du moment... L'utilisation de ce type de matériel ne cadre simplement pas avec votre pratique ! Tournez-vous vers un boîtier adapté à votre niveau vous permettra d'éviter de dépenser des milliers d'euros dans un appareil photo numérique qui restera au placard, jusqu'à être oublié.

Conclusion

Nous en avons fini avec ce guide, qui n'a aucune valeur de vérité absolue, mais simplement de tamis à interrogations. Il a pu ouvrir des portes, vous apporter des réponses mais également apporter d'autant plus d'interrogations que les technologies évoluent très vite et que des nouveautés inondent le marché de manière très régulière.

N'hésitez pas à vous renseigner plus encore afin de trouver toutes les réponses à ces questions qui vous bloquent dans votre achat. Il n'y a jamais une seule réponse aux questions que l'on se pose, le problème consiste donc à les départager. Il faut déjà se fixer un budget, avec une marge assez généreuse en prévision des accessoires à envisager (carte mémoire, housse ou sac de transports, filtres, etc.) et des éventuels revirements au moment de prendre la décision pour un modèle un cran au-dessus.

Et il faut également évacuer cette idée angoissante du « si je me trompe, c'est le drame » qui peut paralyser le cheminement de la réflexion. Vous avez 14 jours pour changer d'avis dans le code de la consommation (en cas d'achat sur Internet) et il reste le marché de l'occasion dans le pire des cas pour éviter d'y laisser trop de plumes.

Entre les compacts basiques et les reflex, il n'y aura pas d'hésitation. Le principal blocage se situe plus loin, entre compacts experts, compacts à grand capteur, bridges, hybrides et reflex. Les budgets serrés éviteront tout ce qui marche avec monture d'objectifs interchangeables : pour pleinement en profiter, il faut investir, il y a donc risque de frustration. Le critère de l'encombrement devra également peser dans la balance : un appareil que vous trouverez trop gros est un appareil qui aura des chances de rester au placard.

Reste l'important paramètre de la qualité d'image, qu'il est difficile de jauger quand on ne connaît pas exactement quel type d'appareil produit quoi. Les reflex et les hybrident ont là l'avantage. Afin de trancher, vous devrez vous poser la question de ce que vous voulez faire avec vos images : de la publication Web, des tirages, des agrandissements, des expos ? Votre créativité est la seule limite, et c'est en produisant et en se documentant que l'on trouve sa voie. Vous pouvez aujourd'hui parfaitement réaliser des œuvres d'art avec un simple smartphone. Qui l'eût cru, à peine une décennie en arrière ?!

Nous fermerons cette page en évoquant le retour en force de l'argentique dans les sphères professionnelles et artistiques. La bonne vieille pellicule photo, que l'on croyait pourtant définitivement révolue, retrouve un public séduit par les nombreux avantages - mais aussi les inconvénients - qu'offrait cette pratique photographique pourtant jugée trop contraignante. À l'image des platines vinyles, l'argentique pourrait bien, finalement, ne pas avoir dit son dernier mot.
Modifié le 15/12/2020 à 14h49
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