Asus PQ321 : test du 1er moniteur 4K grand public

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Le 14 octobre 2013
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Asus PQ321

Annoncé au mois de juin, le PQ321 est présenté comme le premier moniteur 4K commercialisé dans les canaux de distribution grand public. Une évolution logique au vu des développements attendus sur le marché des téléviseurs 4K, mais qui ne présente pas le même potentiel sur un écran d'ordinateur, avec des usages différents et une diagonale de « seulement » 31,5 pouces. Nous avons testé ce moniteur signé Asus, en nous concentrant sur les utilisations, photo, vidéo, jeu, bureautique. Faut-il débourser près de 3 500 € pour passer à la 4K ?

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Asus PQ321
Caractéristiques de la dalle
Type de dalle / rétro-éclairage : IGZO-TFT / LED
Diagonale : 80,1 cm (31,5 pouces)
Résolution / couleurs : 3 840 x 2 160 pixels @ 60 Hz / 1 073,7 millions (10 bits)
Pitch : 0,182 mm
Taux de contraste : 800 : 1
Luminosité max : 350 cd/m²
Temps de réponse : 8 ms (Gray To Gray)
Angles de vision : 176° / 176° (CR > 10)
Caractéristiques physiques
Pied réglable : Oui (15 cm)
Dalle pivotante : Non
Port(s) USB : Non (sauf pour mise à jour de firmware)
Connectique : DisplayPort 1.2, sortie casque, entrée mini jack
Enceintes / webcam : 2 x 2 watts / Non
Consommation min / max : < 1 W / 80 W
Dimensions avec pied (LxHxP) : 750 x 489 x 256 mm
Poids : 13 kg

Présentation de l'écran

4K oblige (ou plutôt Ultra HD pour être précis), le PQ321 propose une définition de 3 840 x 2 160 pixels, quatre fois supérieure à l'habituelle Full HD (deux fois la définition horizontale, deux fois celle verticale). Ces 8,3 mégapixels sont répartis sur une diagonale de 31,5 pouces soit 80 centimètres (69,6 x 39,4 cm). Ce qui nous donne donc un pitch ultra fin de 0,182 mm.

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Macro sur du 4K versus du 1 920 x 1 200 pixels, à même distance

Aux caractéristiques plus communes que sont le taux de contraste à 800 : 1, la luminance à 350 cd/m² (rétro-éclairage LED) ou encore le temps de réponse donné à 8 ms (gris à gris), s'ajoute un paramètre inédit (sur un moniteur) : la technologie de dalle IGZO. Développée par Sharp, IGZO est une matrice TFT (Thin-Film Transistor) différente des matrices a-Si (anamorphous silicon) qui équipent la majorité des écrans. Semi-conducteur, son nom lui vient des composés qui le forment : Indium, Gallium, Zinc, Oxygen. Ses propriétés, notamment d'être meilleur conducteur, ont permis à Sharp de considérablement réduire la taille des transistors qui pilotent les cristaux liquides. Et donc d'en mettre plus dans un même espace. Ici Sharp a réussi à implémenter 8,3 mégapixels (ce n'est pas forcément le cas sur toutes les dalles IGZO). Enfin, la technologie IGZO est également connue pour consommer très peu d'énergie et proposer des angles de vision bien ouverts. D'aspect, la surface de l'écran est agréablement mate. Dernier point technique à évoquer : le PQ321 affiche en théorie 1,073 milliard de couleurs (10 bits).

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Pour ce qui est de la connectique, Asus se concentre sur le DisplayPort 1.2. Du moins en Europe. Car pour éviter les taxes qui sévissent dans nos contrées, Asus commercialisera chez nous une version dépourvue des deux ports HDMI pourtant existants sur notre modèle de test. Le port série, qui sert au pilotage distant des parcs de moniteurs dans les entreprises, a également été abandonné. Il ne reste donc qu'une entrée et une sortie audio, format mini jack, en plus du DisplayPort. Pas de hub USB (juste un port dédié aux mises à jour de firmware) ni de webcam, mais deux haut-parleurs de 2 W chacun. Comme d'habitude, le rendu audio est potable sans plus.

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Une connectique variée que vous ne verrez pas chez vous, la version européenne étant dépourvue de prise HDMI

Que dit notre sonde de calibrage LaCie ? Elle dit que par défaut la luminance atteint 402 cd/m², avec un point noir à 0,57 cd/m². Le taux de contraste tourne donc autour de 706 : 1. Ecran calibré, il tombe à 607 : 1, avec un point noir plus acceptable à 0,23 cd/m². Nous pouvons donc dire que le PQ321 offre un contraste d'affichage correct, même s'il n'est pas rare de dépasser les 1 000 : 1 sur d'autres dalles.

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Taux de contraste mesurés


Quid de l'ergonomie ?


Physiquement, le moniteur est imposant et lourd, mais relativement fin, comparé notamment au Dell U3011 de 30 pouces (qui a été arrêté). Toutes les fixations, du pied au socle et de la monture VESA à la dalle, se font via des vis (une clé Allen est fournie) : c'est fastidieux mais solide. Côté articulations, Asus offre un pied réglable en hauteur (15 cm environ), l'inclinaison de la dalle sur 30° et la rotation du socle sur 90°. En revanche, point de bascule de la dalle de paysage à portrait. Asus fournit des attaches en plastique pour guider les câbles, qui se raccordent tous sur les côtés de l'écran, et non pas en dessous de la dalle comme c'est d'habitude le cas. Mais sur cette dimension d'écran, ce choix apparaît judicieux.

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L'OSD est plutôt bien construit, la navigation par des boutons physiques sur la tranche de l'écran se montre opérationnelle. Asus livre un autocollant à apposer sur le carénage en plastique du PQ321, histoire de rappeler la fonction de chaque touche. Guère esthétique mais vraiment pratique. L'onglet « Image » des cinq que comporte l'OSD propose des réglages généreux : luminosité, contraste, niveau du noir, teinte, couleur et netteté. Dans « ajustement des couleurs », l'utilisateur accède aux préréglages, à la balance des blancs, au gamma et au dosage individuel RVB.

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La 4K plug and play ?


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Si nous posons la question, vous vous doutez que la réponse n'est pas évidente. En effet, selon la carte graphique employée, les pilotes installés et la version de la norme VESA Display ID de l'écran, la mise en route de l'écran sera plus ou moins compliquée. En effet, on n'envoie pas un flux de 8 mégapixels à une fréquence de 60 Hz simplement en claquant des doigts. Par défaut, et si votre carte supporte la définition 3 840 x 2 160 pixels (au minimum une GTX 650 chez Nvidia ou une Radeon HD 7730 chez AMD), le rafraîchissement du PQ321 plafonne à 30 Hz, ce qui est assez pénible, et même disons-le inutilisable (sauf à regarder des photos et encore). Il va donc falloir commencer par activer l'option Multi-Stream Transport sur l'entrée DisplayPort du moniteur.

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La 4K à 60 Hz est aujourd'hui composée de deux 2K synchronisés côte à côte. Avec une carte NVIDIA, pas de souci, cette synchronisation est automatique.


Il reste donc une petite manipulation à effectuer : aller dans le menu « multi-affichages AMD Eyefinity » et créer un groupe d'affichages 2 x 1 pour synchroniser les deux affichages afin de n'en faire plus qu'un, en 4K à 60 Hz.

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Une première installation un brin fastidieuse en AMD mais qui se verra facilitée dans un avenir proche lorsque les moniteurs 4K supporteront la nouvelle norme VESA Display ID v1.3. Par ailleurs, les prochaines générations de GPU devraient également permettre le transport de 4K à 60 Hz via DisplayPort en Single Stream Transport. Et la généralisation de la norme HDMI en v2.0 apportera, si les constructeurs intègrent cette connectique à leurs écrans, une solution alternative pour supporter pareils débits.

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Document fourni par AMD expliquant le fonctionnement actuel des moniteurs 4K

Consommation énergétique


La technologie IGZO est supposée économe en énergie. C'est plutôt le cas : le PQ321 consomme un peu moins que le PA246Q, doté d'une dalle IPS de 24 pouces en 1 920 x 1 200 pixels ! 77,5 watts par défaut, quasiment autant au maximum (les réglages par défaut poussant la luminosité à fond), 51,3 watts calibré et 7,1 watts en veille. Un interrupteur physique coupe totalement l'écran au besoin.

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Consommations mesurées en watts à l'aide d'un wattmètres


La colorimétrie au crible de la sonde


Le PQ321 n'a pas une colorimétrie garantie en sortie d'usine comme les moniteurs de la gamme ProArt du constructeur, cependant son affichage est très correct d'emblée, en dépit d'une luminance trop élevée. De base, la sonde retourne un Delta E moyen à 4,5 avec un pic à 11,7 dans le bleu. En passant tout simplement sur le mode sRVB, le Delta E moyen tombe à 3,1 avec un pic à 11,7 : c'est tout à fait raisonnable. Et bien sûr l'écran se calibre parfaitement, avec un Delta E moyen à 0,5 et des « pics » dans les gris à 1,5.

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A gauche, la colorimétrie de base, au milieu avec le mode sRVB et à droite une fois l'écran calibré


Côté homogénéité, il y a du bon et du moins bon. Sur les trois quarts hauts de l'écran, l'homogénéité est quasi irréprochable. Mais la bande qui constitue le dernier quart bas est trop lumineuse. En calibrant au centre à 140 cd/m², on trouve des valeurs autour de 162 cd/m². Nous avons même relevé un pic à 171 cd/m² ! Malgré cela, l'écart moyen de luminance par rapport au centre ne dépasse pas 5,4 %. Idem côté Delta E moyen, la variation n'excède pas 54,7 % par rapport au centre, qui rappelons-le, n'est qu'à 0,5. Insignifiant en somme. Mais un autre phénomène nous chagrine. Sur un fond d'écran blanc et avec la luminosité au maximum, l'œil perçoit des sortes de tâches à peine plus sombres ici et là, donnant un rendu papier froissé. Impossible à photographier pour vous le montrer malheureusement, ça ne rend rien... Est-ce un défaut du modèle de prêt ? Difficile à dire. On s'habitue rapidement, ça n'est pas rédhibitoire mais c'est étrange.

Homogénéité 4K
Clubic.com Modélisation des écarts moyen de luminance. La valeur de référence est le bas de l'écran, à 162 cd/m² schématisée par du blanc à R255, V255 et B255. Les autres teintes sont reproduites proportionnellement. Attention, dans la réalité l'œil compense ces écarts en utilisant une échelle non linéaire


Les usages : photo, bureautique, jeux vidéo et films


Photo et bureautique


L'usage le plus probant pour l'heure reste celui de la photo. Pourquoi ? Déjà parce que le contenu ne manque pas. En effet, la plupart des appareils photos et smartphones modernes produisent des clichés de plus (voire largement plus) de 8 mégapixels. Ainsi, quand on veut visionner ses photos en taille réelle pour faire des retouches ou vérifier des détails, on conserve un cadrage nettement plus large. Avec un logiciel comme Lightroom, c'est un confort sans précédent !

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A gauche, une photo de 41 MPix prise avec le Nokia 808 PureView, ajustée à l'écran. Au centre, ce qu'on voit sur un écran de 24 pouces en 1 920 x 1 200 pixels à 100 %, à droite la même chose mais sur le PQ321 !

Mais surtout, la finesse d'affichage est bien meilleure. Forcément, avec un pitch de 0,182 mm comparé au 0,276 mm d'un 24 pouces en définition Full HD standard, ça saute aux yeux. Pas autant que le suggèrent les illustrations des fabricants, avec des gros pixels carrés d'un côté et une image parfaite de l'autre, mais tout de même. Il suffit de pousser une image en 1920 x 1080 pixels au même cadrage qu'une en 3 840 x 2 160 pixels, vue à 100 % pour illustrer le gain.

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A gauche, une visualisation à 200 % d'une image en 1 920 x 1 080, à droite une visualisation à 100 % de la même image en 3 840 x 2 160 pixels, pour avoir un cadrage équivalent

En matière de bureautique, le principal avantage du PQ321 tient dans ce qu'il autorise d'accoler deux, trois voire quatre fenêtres (Web, Explorateur, etc.) en taille suffisante. Mais attention aux yeux : les écritures patte de mouche fatiguent ! Il est conseillé d'augmenter les polices du système d'exploitation (à 125 % dans les options d'affichage) mais également le zoom de son navigateur, sans quoi c'est un rendez-vous chez l'ophtalmo auquel vous vous condamnez.

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A gauche, un agencement de fenêtres avec la police de Windows et le zoom du navigateur à 100 %, à droite avec la police de Windows à 125 % et le zoom du navigateur à 150 %


Jeux vidéo et films


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Le premier moniteur 4K est surtout très attendu dans le domaine du jeu vidéo. La définition en 3 840 x 2 160 pixels combinée à la grande diagonale d'écran assure une immersion optimum dans le jeu, avec une finesse d'affichage incomparable étant donné que la distance de l'utilisateur à l'écran reste la même. Oui mais pour jouer en 4K (rappelons-le, c'est quatre fois plus de pixels à traiter) avec un frame rate décent, il faut une carte graphique sérieusement musclée ! Voire deux cartes d'ailleurs. Chez NVIDIA, on préconise un SLI de GTX 780 pour jouer dans de bonnes conditions. La firme au caméléon a même concocté un label, nommé Battlebox, pour garantir une expérience de jeu en 4K aux petits oignons (avec même un triple SLI). Chez AMD, il n'y a pas de recommandation similaire. L'ex-fondeur précise juste qu'il faut a minima une Radeon HD 7000 pour accéder à la 4K. On imagine que pour atteindre le même frame rate qu'un SLI de GTX 780, il faut un CrossFire de Radeon HD 7970.

Nous avons conduit une série de tests pour avoir quelques chiffres de référence, et surtout pour mesurer l'impact de la 4K sur le GPU par rapport à de la Full HD. Notre configuration est ainsi achalandée :

  • Carte mère Asus P8Z77-V LK (Bios 0908)
  • Intel Core i7-2600K
  • 8 Go (2 x 4 Go) Mémoire DDR3-1600 @ 1333
  • SSD Intel 520 Series 60 Go

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Sur cette base, nous avons utilisé une carte NVIDIA GTX 780 seule, un SLI de GTX 780 et une Radeon R9 280X seule. L'idée n'est pas d'être exhaustif mais d'avoir un aperçu de la puissance requise pour jouer en 4K. Nous avons effectué nos benchs sur 3D Mark (la dernière version, avec le test Fire Strike), Dirt 3, Max Payne 3 et Borderlands 2, pour chaque configuration matérielle en 1 920 x 1 080 pixels et en 3 840 x 2 160 pixels, avec tous les paramètres au maximum. Et nous relevons le nombre de FPS avec Fraps, ou via le bench intégré (pour Dirt 3).

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  NVIDIA GTX 780 AMD Radeon R9 280X NVIDIA SLI GTX 780
Résolutions 1920x1080 3840x2160 1920x1080 3840x2160 1920x1080 3840x2160
3D Mark
test 1
40,2 fps 12,7 fps 31,3 fps 10,1 fps 69,4 fps 22,9 fps
Dirt 3
116,5 fps 56,5 fps 117,5 fps 48,4 fps 156,2 fps 89,6 fps
Max Payne 3
131,6 fps 44,3 fps 104,0 fps 36,9 fps 131,1 fps 107,0 fps
Borderlands 2
144,9 fps 58,4 fps 134,1 fps 43,3 fps 148,5 fps 96,5 fps


Cette série de tests nous livre une information : le passage de la Full HD à l'Ultra HD divise les performances des GTX 780 et R9 280X, utilisées seules, par 2 voire 3, à réglages équivalents (tout au maximum). Avec un SLI, la perte de frame rate est moindre, de l'ordre de 18 à 42 % selon les titres. Maintenant, au lieu de voir le verre à moitié vide, on peut aussi raisonner avec satisfaction, en se disant que la multiplication par quatre des informations à traiter en Ultra HD n'engendre pas une diminution des performances proportionnelles.

Quoi qu'il en soit, seule une carte très haut de gamme ou plutôt une combinaison de cartes permet de jouer en 4K dans de bonnes conditions (au-delà de 60 fps). Ça fait un sacré budget, en sus des 3 500 € de l'Asus PQ321 ! Et en l'état, il nous faut noter la meilleure prise en charge de la 4K par NVIDIA (pilotes 327.23 au minimum) : avec notre carte AMD, impossible de lancer le jeu en plein écran en 1 920 x 1 080 quand le bureau est en 3 840 x 2 160. Le jeu passe automatiquement en 3 840 x 2 160 ou se met en 1 920 x 2 160 sur un demi-écran. Il faut soit jouer en fenêtré, soit régler le moniteur en DisplayPort Single Stream Transport pour revenir à du Full HD. Et donc redémarrer l'écran, etc. (procédure détaillée plus haut).

Quoi qu'il en soit, reconnaissons que l'expérience 4K est grisante, et très prometteuse. Il faudra simplement que les éditeurs améliorent leurs textures, ce qui se fera sans aucun doute. En effet, si les polygones peuvent être agrandis par simples calculs en 4K, les textures méritent elles d'être optimisées pour la ultra haute définition. Rien de choquant toutefois sur les jeux testés. Et la bonne nouvelle, c'est que la dalle se montre plutôt réactive. Notre épreuve habituelle du logo Clubic défilant nous a permis de capturer 4,1 images sur 10 parfaitement nettes, 2 autres avec une légère rémanence et 3,9 sur 10 doublées. Soit 61 % d'images satisfaisantes, plutôt une bonne moyenne sans pour autant égaler les meilleurs écrans gamer étiquetés 1 ms avec un rafraîchissement à 120 Hz.

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Résultats obtenus, de la pire à la meilleure image


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Reste le domaine des films, où là le constat est plus nuancé, et ce pour différentes raisons. D'abord, le contenu est rare, et même inexistant pour l'instant au sens commercial du terme, si on exclut les Blu-ray remasterisés en 4K de Sony, qui ne sont pas de véritables contenus UHD. Tout ce qu'on peut visionner, ce sont des bandes annonces en 4K, notamment sur YouTube. Et beaucoup ne sont en fait que des diaporamas, en 4K. L'idéal pour bien profiter de ce contenu en ligne étant alors de télécharger et installer un petit utilitaire comme 4K Video Downloader pour rapatrier facilement les fichiers vidéo sources sur votre machine. Est-ce probant ? Sans plus. Il faut dire que la compression MP4, la seule qui permette de récupérer les fichiers en 4K, n'est pas ce qu'il y a de plus soigneux. Ça rend pas trop mal avec le Drone Cast de Notre Dame de la Garde à Marseille ou avec le documentaire sur la fabrication d'un violon, mais sans jamais transcender.

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Le Drone Cast, un exemple à peu près réussi

Ensuite les appareils grand public capables de tourner en 4K sont encore trop anecdotiques : GoPro Hero 3, Samsung Galaxy Note3, Acer Liquid S2... après il faut passer à des caméscopes ou reflex nettement plus coûteux type Sony FDR-AX1 ou Canon EOS-1D C. Nous avons tout de même pu tester avec un rush tourné par un Galaxy Note 3, et il faut admettre que la 4K revêt alors un réel intérêt. La finesse des détails est impressionnante pour voir qu'il s'agit d'une capture de smartphone. Mais là-aussi la compression MP4, avec un bitrate de 48 Mbps seulement (du 12 Mbps en en Full HD), dégrade nettement l'ensemble. L'Ultra HD dispose d'un fort potentiel, mais à l'inverse elle ne pardonne aucune faiblesse d'encodage. Le codec HEVC (précédemment appelé H.265, puisqu'il remplacera le H.264) devrait solutionner ce problème.

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Capture d'une vidéo réalisée avec le Note3

Enfin, bien que notre modèle de test soit doté de deux prises HDMI, la version européenne n'aura qu'un connecteur DisplayPort (compatible HDCP). Limitant pour qui voudrait relier plusieurs équipements, ordinateur plus console de jeu par exemple. Nous avons testé quelques Blu-ray pour voir ce que donnait l'upscalling et... c'est du Blu-ray en plus grand. On ne retrouve pas la finesse d'affichage d'un contenu 4K, mais la qualité Full HD est bien préservée. Bref, en vidéo, on reste sur notre faim. Pour l'instant...

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Avec le Blu-ray de Super8, le rendu est propre, sans être aussi détaillé que du vrai 4K


Conclusion


Le premier appareil d'une nouvelle lignée technologique est toujours excitant... et délicat à tester. En tant que pionnier, Asus essuie un peu les plâtres d'une révolution qui peine à éclater, la fameuse 4K. Notamment dans le domaine de la vidéo, où le contenu se fait attendre. Il devrait se passer des choses d'ici la fin de l'année, notamment du côté de chez Sony, mais en attendant, le PQ321 apparaît prématuré pour un usage vidéo. Et l'absence de connectique HDMI dans nos contrées, troquée par une seule entrée vidéo (DisplayPort), constitue un manquement grave pour un moniteur de cette trempe.

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Pour ce qui est du jeu vidéo, passés les petits cafouillages d'installation sur plateforme AMD et en attendant que la norme VESA Display ID v1.3 se répande, l'expérience est très satisfaisante... si tant est qu'on dispose d'assez de puissance de calcul pour faire tourner ses jeux préférés en 4K. Les GPU progressant constamment, on peut s'attendre à ce que les conditions de jeu s'améliorent. Pour l'heure, il va falloir muscler sa config. C'est finalement pour l'usage photo et même la bureautique (dans une moindre mesure) que le PQ321 montre le plus d'intérêt. Colorimétrie de la dalle IGZO, homogénéité globale, ouverture des angles de vision, pied réglable en hauteur sont autant d'atouts qui compte dans ces scénarios. Reste le prix, 3 500 € durs à avaler, mais qui pour un premier appareil n'est pas surprenant. De l'eau à la bouche pour l'heure, on attend avec impatience la suite !

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Asus PQ321

Les plus
+ 4K sur 31,5 pouces / technologie IGZO
+ Usage photo et bureautique
+ Réactivité ok / jeux immersifs (si GPU ok)
+ Finesse écran / pied réglable
Les moins
- Usage vidéo pauvre pour l'instant
- Connectique / équipement chiche (en UE)
- Nécessite gros GPU pour jeu
- Prix !
Colorimétrie
Réactivité
Ergonomie
Réglages
3
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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