Critique The Guardians of Justice : pastiche fortiche ou parodie indigeste ?

06 mars 2022 à 17h34
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The Guardians of Justice © Netflix

« Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?? » a été notre pensée initiale devant le tout premier aperçu de la série The Guardians of Justice. Une attitude interloquée qui n'a presque pas changé durant toute la première saison tant le projet d'Adi Shankar est… non mais sérieusement, qu'est-ce que c'est que ce truc ?!

The Guardians of Justice
  • Vous aimez les œuvres qui mélangent PLEIN de genres
  • Vous recherchez une série courte
  • Vous voulez voir un show comme aucun autre
  • Vous êtes intolérant aux séries Z
  • Les super-héros, même parodiés, c'est non
  • Vous êtes épileptique ou sensible à la violence

Accompagnez la lecture de cet article avec la musique de la série (ou en tout cas avec une piste de son compositeur, Oscillian, faute de la présence d'une BO en ligne pour le moment) :

Fiche technique The Guardians of Justice

Informations

Genre
Science-Fiction, Fantasy, Animation, Action, Comédie
Réalisation
Adi Shankar
Editeur
Netflix, Bootleg Universe
Plateforme
Netflix
Nombre de saisons
1
Nombre d'épisodes (Total)
7
Classification
Déconseillé / interdit aux moins de 18 ans

Inspirations DC et d'ailleurs

Suite au suicide improbable en direct à la télévision de Marvelous Man, le super héros le plus puissant de la Terre, ses alliés et adversaires se retrouvent plongés dans une situation explosive et imprévisible. D'autant que le nouveau leader auto-proclamé des Guardians of Justice, Night Hawk, ne croit pas à ce suicide et décide d'enquêter.

Prenez un contexte historique de départ qui rappelle Watchmen , piquez et renommez n'importe comment et sans vergogne des personnages très clairement inspirés de DC et d'autres univers, empruntez la violence et la décontraction de The Boys et certains éléments d'Invincible , mélangez le tout avec quelques kilos des drogues de votre choix, saupoudrez de The Tick et de Jupiter's Legacy pour faire bonne mesure, et hop, vous voilà avec The Guardians of Justice.

The Guardians of Justice © Netflix

Comme l'a parfaitement résumé quelqu'un sur Twitter, la conversation entre Netflix et le créateur/scénariste/réalisateur Adi Shankar autour de ce show a probablement dû ressembler à quelque chose comme ceci :

« Tu veux essayer de t'inspirer de quoi avec ta série là ?
- Oui. 
»

Le prolifique Adi Shankar, à qui l'on doit notamment l'adaptation animée de Castlevania et qui travaille sur les futures séries Netflix Devil May Cry, Assassin's Creed, Far Cry Blood Dragon et bien d'autres, est en effet allé à contre-sens à 9 000 km/h sur l'autoroute du what the fuck en prenant la sortie vers « je fais ce que je veux, d'abord ».

The Guardians of Justice © Netflix

And Justice for lol

Sa série est non seulement un pot pourri parfaitement assumé de presque tout ce qui se fait de super héroïque depuis des dizaines d'années, mais c'est aussi un nanar comme on n'en fait plus. De la réalisation qui agresse les sens, au jeu d'acteur exagéré (y compris pour les quelques rares têtes connues), en passant par les costumes et décors indigents, ou encore la musique électro qui en fait des caisses : tout est volontairement kitch et peut provoquer des saignements des yeux ou des oreilles.

The Guardians of Justice © Netflix

Ces caractéristiques concernent bien entendu les parties en live action, dopées en effets visuels tous plus abusés les uns que les autres, mais The Guardians of Justice va encore plus loin dans l'excès et le mélange des genres. Car au milieu de ce qui ressemble déjà à de la bouillie se glissent également de très nombreux passages en stop motion et des pans entiers réalisés avec différents styles d'animation heureusement plutôt réussis.

« The Guardians of Justice a au moins le mérite d'aller au bout de son délire sans se soucier des conventions »

On relèvera également des codes empruntés à d'autres formes (barres de vie au-dessus des ennemis ou inspirations venues des animes pendant les combats, onomatopées visuelles façon BD…), quand ce ne sont pas des scènes entières qui sont réalisés à la façon de jeux vidéo old school pleins de pixels.

The Guardians of Justice © Netflix

Kung Furry

Le show est donc un gigantesque gloubiboulga sur le fond comme sur la forme, d'autant que les épisodes s'enchaînent très rapidement et presque sans temps mort. Attention si vous êtes épileptique : le montage ne fait pas non plus dans la finesse.

Comme le veut l'expression classe et distinguée qui va bien : on n'est jamais très loin de roter du sang devant The Guardians of Justice tant la proposition est… unique. Le créateur a clairement voulu s'amuser et se faire plaisir en poussant tous les potards au maximum tout en multipliant les références et clins d'œil… mais est-ce que cela en fait une bonne série pour autant ?

The Guardians of Justice © Netflix

Voilà une excellente question à laquelle nous ne sommes pas certains de pouvoir répondre. Si l'appréciation de toute œuvre est forcément subjective, ici plus que jamais cela dépendra de vos attentes, de vos goûts, de votre tolérance à la surenchère ou encore de votre humeur du moment.

De notre côté, nous y avons vu aussi souvent un ovni télévisuel fun et détendu, aux passages atypiques et se démarquant de la concurrence (notamment quand il fait usage de l'animation et du stop motion), qu'un produit digne des pires fanfictions conçues avec les moyens du bord sur YouTube. Mais nous nous sommes tout de même plus souvent retrouvés les yeux écarquillés, perdus ou consternés face à la proposition, que nous n'avons ri ou même pouffé.

The Guardians of Justice © Netflix

Pierre qui roue libre n'amasse pas glousse

Sous ses faux airs de pastiche de la Justice League (plutôt grossière, et qui parlera surtout aux amateurs de comics, lesquels devraient s'amuser à faire des parallèles avec des situations et personnages qu'ils connaissent déjà), The Guardians of Justice cache de temps à autre quelques éléments un peu plus sérieux et dramatiques.

The Guardians of Justice © Netflix

La série pose notamment des questions sur la solitude liée au statut de super héros, sur quelques problèmes parfaitement humains, et sur les dérives et conséquences qu'une telle position peut engendrer. Malheureusement, ces propos, aussi intéressants à analyser soient-ils, se retrouvent généralement complètement occultés par la forme, qui rend le tout bien difficile à prendre au sérieux.

The Guardians of Justice parvient cependant, dans ses deux derniers épisodes, à surprendre davantage et à légèrement sortir des rails dans lesquelles elle s'était confortablement installée au fil de ses épisodes de 20 minutes. Cette première saison a au moins le mérite d'aller au bout de son délire sans se soucier des conventions, et c'est tout à son honneur.

The Guardians of Justice © Netflix
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Netflix n'a pas fait grande promotion de The Guardians of Justice et… on peut comprendre pourquoi. L'œuvre visiblement très personnelle d'Adi Shankar ne plaira assurément pas à tout le monde et certains spectateurs pourraient même questionner sa présence au catalogue du service de SVoD.
Reste que cette parodie super-héroïque, qui fonce sans freins et sans la moindre retenue, dérange autant qu'elle surprend et a le mérite de
proposer « quelque chose d'autre ». Regarder le premier épisode devrait suffire à vous faire votre avis quant à votre appétence pour ce genre d'œuvre.

Les plus

  • Vous aimez les œuvres qui mélangent PLEIN de genres
  • Vous recherchez une série courte
  • Vous voulez voir un show comme aucun autre

Les moins

  • Vous êtes intolérant aux séries Z
  • Les super-héros, même parodiés, c'est non
  • Vous êtes épileptique ou sensible à la violence

La première saison de The Guardians of Justice est disponible sur Netflix depuis le 1er mars 2022.

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Belgarath
Après tout, un truc délirant de temps en temps, cela ne peut pas faire de mal.
Jsp75
Pour moi de temps en temps a duré 5 minutes.<br /> Je suis plutôt d’accord avec la critique.
nonogt
Perso j’ai pris plus de plaisir en 7 épisode qu’en 2 saison de the boys
Olivier27
La critique est fidèle à l’impression que j’ai eue. Ça se regarde mais ça pique les yeux. Et il faut vraiment aimer les nanars. Au fond, c’est quand même super mauvais.
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