Antitrust : la neutralité du moteur de Google au coeur d'une polémique

06 septembre 2010 à 16h27
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Avec plus de 84% de parts de marché à travers le monde, le moteur de recherche Google est devenu un service incontournable au sein duquel des millions d'entreprises tentent d'obtenir davantage de visibilité en s'arrachant les meilleures places ou en déployant leurs campagnes de liens sponsorisés. Cette position reste cependant à double tranchant car Google est de nouveau scruté par la justice pour abus de position dominante. En effet, Greg Abbott, le ministre de la justice de l'état du Texas, a ouvert un enquête en se basant sur les plaintes enregistrées par trois sociétés Foundem, SourceTool (filiale de TradeComet) et myTriggers.

Sur l'un de ses blogs officiels, Google explique que chacun des plaignants est, de près ou de loin, en relation avec Microsoft. C'est ainsi que le moteur de comparaison de prix britannique Foundem serait soutenu par ICOMP (Initiative for a competiitve online marketplace), une organisation financée en grande partie par Microsoft. Foundem accusait Google d'avoir volontairement baissé la position de son site Internet (ranking) au sein de son moteur de recherche, et ce, afin de mettre en avant ses propres services de recherche. SourceTool et myTriggers estimaient pour leur part que le géant de Mountain View avait altéré le placement de leurs campagnes publicitaires au sein des résultats de recherche. Les deux sociétés avaient été représentées par les avocats de Microsoft spécialisés dans les affaires anti-trust. En mars 2010, les plaintes de la société SourceTool furent rejetées par un juge de la cour de l'état de New York. Google précise également qu'à cette époque, un incident avait causé une surchauffe sur les serveurs de myTriggers se traduisant alors par une baisse du trafic publicitaire.

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Google explique que l'algorithme de son moteur est centré autour des usages de l'internaute. Don Harrison, conseiller général de la société, déclare ainsi : « nous nous concentrons sur les utilisateurs, par sur les sites Internet ». Pourtant, dans un billet publié sur son site officiel, la société ICOMP estime que les choses vont au-delà de ces explications : « Google sait pertinemment que les choses ne sont pas aussi simples. La société Google manipule-t-elle manuellement les résultats de recherche (...) Fait-elle passer en priorité les résultats de recherche pour les produits de ses partenaires commerciaux ? Quels sont les moyens de défense lorsque Google se trompe et constitue une menace de banqueroute pour les sociétés Internet ? ».

En mars dernier nous rapportions que Microsoft soutenait également le comparateur de prix Ciao dans son dépôt de plainte contre Google pour abus de position dominante. Dave Heiner, vice président et député du conseil général de Microsoft, expliquait : « Ces derniers mois, Microsoft aussi a rencontré le département américain de la justice et la Commission Européenne ». Plus récemment la firme de Steve Ballmer s'est tournée vers le Japon alors que Yahoo! a annoncé la transition de son moteur vers celui de Google. Le même M. Heiner déclarait au mois de juillet qu'avec 90% du marché « Google à lui seul pourrait décider de ce que les consommateurs japonais trouveront ou ne trouveront pas sur Internet » et ce, en amassant une quantité d'informations exclusives lui permettant d'affiner davantage ses résultats.

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Google clame haut et fort avoir une position neutre vis-à-vis de son moteur de recherche. A plusieurs reprises la société a expliqué que les résultats étaient calculés à l'aide d'une série d'algorithmes complexes analysant plusieurs critères et ne sont pas altérés selon les intérêts de la société. Parmi les critères pris en compte notons la qualité du site mais aussi le ratio liens entrants/sortants, le jeu de méta-données ou encore la pertinence des mots-clés. Ce jeu d'algorithmes est toutefois tenu secret ce qui ne facilite pas une analyse poussée de ce dernier.

Rappelons toute de même que le passé de Google n'est pas tout rose. En février 2009 le magazine Asiajin blog rapportait qu'au Japon, le géant de la recherche avait payé certains bloggueurs afin qu'ils rédigent des billets sur les widgets développés par la société. Ces articles, gratifiant le service offert par Google, étaient tous quasiment identiques. Google avait lancé une campagne de recrutement au travers du site CyberBuzz, spécialisé dans la rémunération des bloggueurs souhaitant rédiger des billets à caractère publicitaire. Suite à cet incident, Google Japan fut contraint de s'excuser publiquement. Cette affaire souligne ironiquement que les ingénieurs de Google eux-mêmes ne furent pas en mesure d'altérer manuellement les résultats du moteur mais furent obligés d'organiser des campagnes de spamming pour augmenter le positionnement de leurs propres services au sein du moteur.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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