Matthieu Gagnot

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Avec près de 90% des recherches mondiales, Google ne laisse que des miettes à ses concurrents. Inspirés par les protestations sur le traitement des données privées, ses rivaux ont fourbi leurs armes et arrivent pour beaucoup à maturité. Clubic les met face à face dans ce comparatif des moteurs de recherche 2018. Qwant, DuckDuckGo, Bing, Google, Lilo et Ecosia : pour présenter les qualités et les défauts de chaque moteur de recherche, nous avons notamment pris en compte les critères suivants : la pertinence des résultats, la clarté et la lisibilité de l'interface, le respect des données privées et la quantité de publicités. Sommaire1. Google : le mastodonte2. Bing : le concurrent nostalgique3. Qwant : le challenger frenchie4. Ecosia : l'amoureux de l'environnement5. Duckduckgo : l'électron libre6. Lilo : au service des projets sociaux1. Google : le mastodonte « Don't be evil », motto historique de Google, a récemment été abandonné au profit d'un conseil plus pragmatique : « Do the right thing ». Il sonne presque comme un rappel pour lui-même, tant le géant de Mountain View a été écorné par les scandales à répétition, des révélations d'Edward Snowden aux critiques qui visent les GAFAM en général. Souriez, vous êtes fichés Le cœur du problème, pour de nombreux utilisateurs, est l'utilisation qu'il fait de nos données privées. Google applique à la lettre l'adage : « si c'est gratuit, c'est que vous êtes le produit ». A partir de son moteur de recherche, notre activité sur le web est fichée et répertoriée pour mieux cibler les résultats et les annonces publicitaires. Avec Google, le fichage publicitaire atteint des proportions jamais vues : il dépasse la recherche web pour épier tous les autres produits de la firme. Gmail, Google Maps, calendrier, carnet d'adresse... Toutes vos données sont répertoriées et dispersées à tous les vents, pour les intérêts de la régie publicitaire de Google. Cette dernière se montre d'ailleurs de plus en plus invasive (jusqu'à sept annonces par page de résultats) et de moins en moins facile à distinguer des résultats naturels de la recherche. Une IA extrêmement efficace Si malgré tout cela, Google reste le moteur de recherche le plus populaire, c'est qu'il est au top en termes de pertinence des résultats. Perfectionnant ses algorithmes au fil des ans, son catalogue de pages indexées est le plus vaste et le plus réactif. Il utilise un module d'intelligence artificielle, Rankbrain, pour agencer les pages de résultats de façon à maximiser leur efficacité. En prime, les résultats enrichis vous donnent bien souvent la réponse que vous cherchez sans même quitter la page de résultat. Quant à l'autosuggestion, c'est un modèle du genre. Enfin, l'interface de Google a relativement peu dévié depuis ses débuts : le moteur de recherche reste fidèle à un design minimaliste qui a fait école. 2. Bing : le concurrent nostalgique Propulsé par Microsoft, Bing est de loin le concurrent le plus complet de Google. C'est notamment le seul qui parvienne réellement à le titiller au niveau de la qualité des résultats. En ce qui concerne le traitement des données privées, Bing est très proche de Google. Le moteur de recherche collecte un grand nombre d'informations sur ses utilisateurs, surtout s'ils sont connectés à leur compte Microsoft. Vos données privées sont au cœur de son modèle économique : Bing enregistre votre activité pour rentabiliser au maximum sa régie publicitaire. Il est cependant moins tentaculaire que Google, qui espionne vos activités sur de nombreux sites. Un copycat pur et simple de Google ? L'interface de Bing est plutôt convaincante : elle reprend la configuration générale de Google, avec des onglets pour passer des résultats web aux images, vidéos, actus ou encore cartes. En revanche, pour la publicité, Bing est le moteur où les annonces sont les plus intrusives. Sur certaines recherches commerciales, on a compté jusqu'à 12 liens publicitaires pour seulement 6 résultats organiques ! Des résultats largement améliorés C'est pourtant sur ces résultats organiques que se situe la plus-value de Bing dans ce classement. Le moteur de recherche de Microsoft a peaufiné la qualité de ses résultats grâce à une indexation à très grande échelle et des algorithmes toujours plus poussés. Sur le critère de la pertinence des résultats, il se tient dans un mouchoir de poche avec Google, ce qui lui vaut d'avoir grappillé un tiers du marché de la recherche aux Etats-Unis. Autre avantage, Bing propose une meilleure présentation des images et des vidéos depuis sa page de résultat. Les photos y sont affichées en haute résolution, et les vidéos peuvent être reproduites en plein écran sans quitter le site. C'est un avantage énorme si ce type de contenus représente une part importante de vos requêtes. Vu leur proximité, on peut dire qu'opter pour Bing ou Google est une affaire de choix personnel et d'affinité avec l'interface. 3. Qwant : le challenger frenchie C'est le régional de l'étape. Conçu en France, Qwant est un moteur de recherche aussi européen qu'ambitieux. Il surfe sur le rejet du moteur de recherche américain en faisant de la protection des données privées son étendard. Cette initiative hautement stratégique a été encouragée par la BEI (Banque Européenne d'Investissement) qui a financé le projet à hauteur de 25 millions d'euros en 2015. Lire aussi : Qwant : portrait du leader des moteurs de recherche français Une expérience de recherche enrichie Aujourd'hui, Qwant se décline en trois versions : Qwant, Qwant Lite (à l'interface minimaliste) et Qwant Kids (pour les enfants). La page de résultats se divise par colonnes : une pour le web et une pour les actus, avec une bande d'images en haut de l'écran. Les onglets latéraux proposent tous types de résultats : réseaux sociaux (essentiellement Twitter), images, vidéos, shopping... Mais aussi musique et boards (ou carnets). C'est la particularité de Qwant, qui offre une expérience enrichie. L'interface peut sembler chargée pour certaines recherches. La colonne d'actualités, par exemple, n'est franchement pas nécessaire pour une recherche d'hôtel. La configuration de la page gagnerait à être plus dynamique en fonction du type de recherche – mais c'est déjà en quelque sorte ce que propose Qwant Lite. Protection des données : l'anti-Google La protection de la vie privée est le gros point fort de Qwant, qui applique la philosophie inverse à Google en s'engageant contre le fichage des internautes et les résultats personnalisés. Son code source a été mis à disposition de la CNIL pour prouver ses bonnes intentions. Si la publicité est présente, c'est en quantité limitée (deux annonces par page au maximum) et sans ciblage des utilisateurs. Au niveau des résultats de recherche, Qwant a développé sa propre indexation des pages web. Il la combine avec d'autres sources de résultats externes au moyen d'algorithmes de classement qui s'améliorent d'année en année. Ses progrès lui permettent de ne pas rougir devant ses concurrents et d'être le moteur de recherche par défaut sur une version bundlée de Mozilla Firefox. Bien qu'on apprécierait plus de « résultats instantanés » (qui affichent l'information sur la page de résultat), Qwant est une aubaine pour les internautes qui veulent protéger leurs données privées. Après la vague d'indignation provoquée par l'affaire Cambridge Analytica, il a été rejoint par de nombreux utilisateurs et représente 4% des recherches effectuées en France. 4. Ecosia : l'amoureux de l'environnement Ecosia vous promet de « surfer sur le web tout en plantant des arbres ». Pas littéralement, bien sûr : le moteur de recherche s'en charge pour vous. Il fonctionne sur le principe des moteurs de recherche solidaires. Lire aussi : Ecosia, le moteur de recherche écologique qui veut reboiser la Terre Beaucoup de publicités… pour la bonne cause A l'origine, une idée simple : puisque la recherche web génère autant d'argent, autant s'en servir pour une bonne cause. Ecosia affiche de la publicité et dédie 80% des revenus à des projets solidaires. Son cheval de bataille est la lutte contre la déforestation, et l'essentiel des dons est fait auprès d'ONG situées en Indonésie, au Brésil, au Pérou ou au Burkina Faso. Pour la bonne cause, Ecosia affiche donc de la pub, beaucoup de pubs. Fournies par la régie Eco Ads (elle-même alimentée par Bing Ads), elles peuvent sembler intrusives : sur les requêtes commerciales, il arrive que la page de résultats soit couverte d'annonces. Vous êtes tracés, mais vous pouvez le désactiver Ecosia est relativement respectueux de votre vie privée : par défaut, il cible les résultats à partir de votre historique de requêtes, mais ce tracking peut être désactivé en trois clics. Rien ne sort du site : les recherches sont chiffrées et les données personnelles ne sont pas vendues à des régies publicitaires. Aucun traqueur externe n'est utilisé pour documenter votre activité sur le web. L'interface d'Ecosia ressemble de loin à celle de Google. Quant aux résultats, le moteur de recherche préfère le dire : ils sont fournis par Bing et Yahoo!, entre autres. Cela donne des pages de résultat performantes, avec des réponses instantanées sur certaines questions pratiques. 5. DuckduckGo : l'électron libre Sur le plan de l'interface, DuckDuckGo joue la carte de la sécurité : il s'inspire librement du design de Google ! C'est à peu près la seule similitude entre les deux moteurs de recherche américains. En effet, le site au canard se veut radicalement anti-fichage des utilisateurs. Depuis sa genèse, il met un point d'honneur à ne jamais enregistrer les données privées des internautes et à ne pas cibler ses résultats. Lire aussi : DuckDuckGo : le moteur de recherche qui protège la vie privée Honnête, mais sous le coup de la loi américaine Les publicités sont discrètes : DuckDuckGo n'en affiche jamais plus que deux par page de résultats. Surtout, elles ne sont pas plus ciblées que les liens organiques. Le site protège votre vie privée, avec un bémol cependant : domicilié aux Etats-Unis, il tombe sous le coup de la loi américaine qui peut imposer des partages de données, comme ça s'est déjà vu avec l'affaire PRISM. Pour ce qui est de la pertinence des résultats, DuckDuckGo s'en tire avec les honneurs. Alors qu'il n'était à l'origine qu'un agrégateur de moteurs de recherche, il a développé son propre crawler, le DuckDuckBot. Il combine donc sa propre indexation avec les résultats de 400 sources dont Wikipédia, Yelp mais ais aussi Bing, Yahoo et Yandex. Une méthode hybride qui lui vaut d'excellents résultats. Des résultats enrichis, mais seulement en anglais Au niveau de l'interface, la page de résultats est très réussie : elle propose le scroll infini et un grand nombre de réponses instantanées. Comme sur Google ou Bing, elles reconnaissent certaines requêtes et affichent la réponse à même la page de résultat. Malheureusement, elles ne fonctionnent qu'en anglais, à l'image de la calculatrice qu'on invoque avec l'expression "solve" (résoudre). 6. Lilo : au service des projets sociaux Tout comme Ecosia, Lilo est un petit moteur de recherche qui la joue collectif. Il finance des projets de développement et de solidarité à travers les revenus publicitaires générés par le site. En l'utilisant, les internautes sont crédités de « gouttes » qu'ils peuvent allouer aux projets de leur choix. Lire aussi : Lilo, le moteur de recherche français qui a le cœur sur la main Un peu de publicité pour beaucoup de projets Chaque goutte équivaut à 0,002€ environ. On apprécie la possibilité de choisir les projets auxquels nos gouttes seront attribuées, tous présentés avec beaucoup d'informations. Pour chaque association, Lilo annonce le montant perçu chaque mois. Le premier projet a déjà reçu près de 50 000 €, et des dizaines d'autres se situent entre 2 000 € et 10 000 € de financement (chiffres de mai 2018). Pas mal pour un projet démarré en 2014 ! Pour financer ces projets, Lilo affiche de la publicité, mais moins que Google. Le nombre d'annonces va de 0 à 3 pour les requêtes commerciales. Environ 50% des recettes publicitaires sont allouées aux projets, le reste étant consacré au fonctionnement et au développement du site. Un méta-moteur plus respectueux des données privées Lilo reprend une interface à la Google, avec un design épuré et des onglets pour passer d'un type de résultat à un autre (comme toujours : images, actualités, vidéos, cartes...). Lilo, comme Ecosia, est un méta-moteur : il utilise les algorithmes de Bing, Google et Yahoo! pour alimenter ses pages de résultat. Cependant l'entreprise affirme ne pas tracer vos données, et vos recherches restent anonymes. Conclusion : il y a une vie après Google ! Deux géants américains (Google et Bing), deux moteurs solidaires (Ecosia et Lilo) et deux hérauts de la protection des données (Qwant et DuckDuckGo) : ce comparatif permet de faire son choix au sein de trois philosophies bien différentes. Une chose est sûre, les 6 moteurs de recherche présentés ici ont tous réalisé de très bonnes performances en termes de résultats de recherche. Lire aussi : Les meilleur logiciels pour se désintoxiquer de Google Pour le reste, c'est une question d'affinités avec l'interface et avec les fonctionnalités additionnelles de chacun... Alors, n'hésitez pas les tester ! Surtout que les moteurs de recherches ont une particularité : ils s'améliorent avec le volume de recherches traité. Plus ils sont utilisés, plus leurs algorithmes accumulent de l'expérience, et plus ils génèrent des revenus qui pourront être réinvestis dans le développement des fonctionnalités.
08/06/2018 | Comparatif 2019
Si ces jours-ci, vous avez reçu des salves d'emails vous demandant d'accepter les nouvelles politiques de confidentialité de la part de sites en tous genres, c'est normal... C'est la première conséquence du RGPD, ou Règlement Général sur la Protection des Données. Cette nouvelle loi européenne, bien accueillie par les pourfendeurs de Big Brother, renforce les obligations des entreprises qui traitent vos données privées. On vous explique ce qui va changer du côté des utilisateurs. Le RGPD entre en vigueur le 25 mai 2018. Cette loi européenne renforce le droit des internautes à la protection de leurs données privées. Les entreprises qui collectent vos informations personnelles devront désormais être totalement transparentes sur les traitements et leurs objectifs. Un barème de sanctions revu à la hausse Le RGPD ne suppose pas un bouleversement pour les internautes français, le droit hexagonal étant déjà relativement poussé sur le sujet. Cependant, il entraîne un certain nombre de changements que vous avez peut-être déjà remarqués, quelle que soit la taille de l'entreprise : des PME aux GAFAM, tous les acteurs du web sont concernés par le RGPD. Alors que la CNIL était parfois démunie face aux poids lourds du web, le RGPD va la doter d'un arsenal de sanctions bien plus dissuasif. Les amendes restent au coeur du système, mais elles passent de 300 000 € (le maximum auparavant) à 20 millions d'euros, ou 4% du chiffre d'affaire mondial de l'entreprise fautive – c'est le montant le plus élevé qui sera choisi entre ces deux options. De quoi faire remonter la problématique des données privées très haut dans les priorités des entreprises ! Ce que le RGPD va changer pour vous 1. Votre consentement prend du galon Globalement, le RGPD accentue la responsabilité des entreprises. Selon l'article 5, « les données personnelles doivent être adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire au regard des finalités pour lesquelles elles sont traitées ». C'est au responsable du traitement de prouver qu'il dispose de procédures adéquates et d'un registre des traitements en interne, sous peine de s'exposer à des sanctions. Le traitement doit aussi être réalisé après réception du consentement. Conséquence directe pour les internautes : ils vont être sollicités par e-mail et sur les sites pour réaffirmer ce consentement, dès la mise en oeuvre du RGPD et au-delà. 2. Vous aurez le droit de disposer de vos données Avec le RGPD, les internautes sont plus que jamais maîtres de leurs données, du moins dans les textes. Le droit de restitution confirme la possibilité de recevoir l'intégralité de ses données personnelles pour les consulter et les utiliser comme bon nous semble. Il est assorti d'un droit à la portabilité, favorisant l'ouverture à la concurrence : il implique que l'internaute peut faire passer toutes ses données vers un site concurrent. A priori, il sera donc possible de transférer tous ses emails ou ses données Facebook vers un opérateur rival, directement de site à site. Enfin, le RGPD détermine un statut spécial pour certaines données sensibles, comme la religion ou l'orientation sexuelle : elle ne pourront plus être traitées sans un consentement spécifique de l'internaute. 3. La majorité numérique est fixée à 16 ans maximum en Europe Le règlement européen fixe un âge limite, en dessous duquel un internaute ne peut consentir au traitement de ses données sans la présence de ses parents. Cette majorité numérique ne peut pas dépasser 16 ans. Cela dit, chaque pays reste libre de l'ajuster jusqu'à un minimum de 13 ans. En France, où elle est fixée à 15 ans, et ne devrait donc pas bouger. 4. Vous serez informé en cas de faille de sécurité ou de piratage En cas de piratage des données privées, les entreprises devront en aviser les internautes à travers l'autorité compétente (en France, la CNIL). Ce garde-fou ne s'applique que si le piratage entraîne un risque élevé pour les droits et les libertés, une notion volontairement floue qui pourrait bien nécessiter un arbitrage devant les tribunaux. 5. Vous pourrez faire un recours en justice par actions collectives Justement, le RGPD ouvre la porte aux actions collectives : les associations de défense des libertés pourront recevoir mandat des internautes pour attaquer en justice les entreprises ne respectant pas les nouvelles dispositions. Cette voie légale vient pallier les capacités limitées de la CNIL qui peine à faire appliquer les règlements à grande échelle. Cette mesure est un formidable levier d'action pour les associations, qui ne se sont pas fait attendre : la Quadrature du Net a déjà prévu une procédure collective contre les GAFAM, lancée dès l'entrée en vigueur du RGPD. Une mise en oeuvre attendue au tournant Pour le reste, le RGPD ne fait que confirmer des mesures déjà présentes en droit français, comme l'obligation du consentement pour les cookies et les traceurs ou le droit à l'effacement (qui entérine le droit à l'oubli, en vigueur depuis 2014). Si elle ne suppose pas de bouleversement pour les internautes, la nouvelle règlementation européenne est néanmoins crainte par les entreprises qui doivent désormais intégrer la protection des données à leurs problématiques. Cependant, la CNIL assure qu'il n'y a pas matière à s'affoler : entré en vigueur fin mai 2018, le RGPD est assorti d'une période de tolérance d'environ un an, pendant laquelle le dialogue sera préféré aux sanctions. Une fois l'état de grâce passé, difficile d'imaginer à quoi ressemblera son application, les textes ressemblant plus à une liste de grands principes qu'à des directives claires et précises. La possibilité d'actions collectives (couplée au barème ambitieux des sanctions) devra attendre la jurisprudence pour revêtir un pouvoir dissuasif face aux poids lourds du web. Cette base légale est plus que jamais nécessaire pour lutter contre les abus qui se multiplient, dans le sillage du scandale Cambridge Analytica. Quant à la CNIL, organe d'application du Règlement Général de Protection des Données pour la France, elle devra probablement (encore) changer d'envergure pour se montrer à la hauteur de ces nouveaux pouvoirs. Avec 200 agents (chiffres de 2017), ses capacités opérationnelles semblent trop limitées pour peser sur les débats et garantir un droit à la protection des données que réclament encore trop peu les citoyens.
24/05/2018 | RGPD
Lancé avec Windows 10, le programme Windows Insider permet de tester en avant-première les nouveautés du système d'exploitation de Microsoft. Bien qu'il ne nécessite pas de connaissances avancées, mieux vaut être bien préparé avant de le rejoindre. Vous souhaitez devenir un initié et découvrir les nouvelles fonctionnalités avant tout le monde? Voici tout ce qu'il faut savoir pour participer au programme Windows Insider ! Windows Insider, qu'est-ce que c'est ? Windows Insider est le programme de test à grande échelle des versions préliminaires de l'OS de Microsoft. Tous les utilisateurs peuvent désormais installer des builds (versions) de Windows relativement stables avant leurs sorties officielles. Le programme Windows Insider répond à plusieurs objectifs pour Microsoft : Tester ses mises à jour à grande échelle (sur plusieurs millions de PC) et récolter des retours ;Corriger des bugs et des failles de sécurité avant la sortie officielle ;Impliquer une communauté d'utilisateurs qui dépasse le cercle des informaticiens ;Et bien sûr, générer un peu de buzz avant la sortie des principales mises à jour en permettant aux sites spécialisés d'accéder facilement aux builds. Le programme Insider connaît une déclinaison pour chaque version de Windows : Famille, Pro et Entreprise. Ces derniers peuvent notamment tester leurs logiciels dans des SDK anticipant les nouvelles builds, et actualiser leur parc informatique avec les branches les plus stables. Est-ce réservé aux experts en informatique ? Non, le programme Windows Insider est ouvert à tous les niveaux techniques, y compris aux utilisateurs ayant peu de connaissances en informatique. Rejoindre le programme et installer une build Insider est rapide et facile. Pas besoin de manipulation complexe, le centre de mise à jour Windows Update se charge de tout. Vos fichiers et vos paramètres sont conservés d'une version à l'autre. Cela dit, il faut savoir que les versions Insider peuvent comporter des bugs de stabilité critiques ! Les utilisateurs qui intègrent le programme le font en connaissance de cause et doivent valider un accord légal lors de l'inscription. Cela dit, il est possible de choisir le type de version que l'on va installer, et éviter les builds les plus boguées. La plupart des versions sont des bêtas avancées, déjà testées en interne et proches des builds RTM (release to manufacture). En contrepartie, l'utilisateur s'engage à transmettre un grand nombre de données d'utilisation à Microsoft. Vous n'avez rien à faire : c'est l'outil de diagnostic interne de Windows qui se charge d'envoyer automatiquement les informations. Le diagnostic est un passage obligé du programme Insider. En temps normal, vous pouvez régler le niveau de confidentialité des données envoyées, entre basique ou complet. Si vous rejoignez Insider, il passe automatiquement à complet. Votre PC va alors transmettre toutes sortes d'informations à Microsoft : rapports d'erreurs améliorés, infos sur les sites webs visités, paramètres, applications utilisées, etc... Qui peut accéder au programme Insider ? Le programme est ouvert à tous les utilisateurs de Windows disposant d'une licence officielle (Famille, Pro ou Entreprise) en cours de validité. Un programme Insider calqué sur le nouveau cycle de mise à jour de Windows 10 Pour participer au programme Windows Insider, il est primordial de comprendre le nouveau calendrier des mises à jour de Windows 10. Terminés, les services packs qui comportaient avant tout des correctifs de bugs et de failles de sécurité. Ils font place à un nouveau concept, Windows as a Service (WaaS), qui consiste à livrer des actualisations régulières des fonctionnalités, à l'image de ce que font notamment les concurrents de Windows 10 mobile (iOS et Android). Windows 10 connaît deux types de mises à jour : Les mises à jour "Fonctionnalités" (Feature update) : Builds majeures, leur nom de code est Redstone. Deux fois par an, au printemps et à l'automne, elles apportent leur lot de nouvelles fonctionnalités à Windows. La dernière en date est l'April Update 2018, aussi appelée Redstone 4.Les mises à jour "Qualité" (Quality update) : Implémentées chaque mois de façon continue, elles visent à corriger les bugs de Windows 10 et des logiciels de Microsoft. Le programme Insider permet de tester chacune de ces mises à jour avant leurs sorties officielles. Comment rejoindre le programme Windows Insider ? Avant de télécharger et d'installer les futures versions de Windows 10 en avant-première, vous devez commencer par vous inscrire au programme sur le site officiel, à cette adresse. Cliquez sur le bouton "Rejoignez le programme". Connectez-vous avec un compte Microsoft Live ou Outlook. Vous devez ensuite lire et accepter les termes du contrat. Ça y est, vous faites partie du programme Insider ! Vous pouvez maintenant l'activer depuis les paramètres de Windows 10. Comment télécharger et installer les versions Insider ? Pour installer votre première version Insider, rendez-vous dans les paramètres de Windows, cliquez sur "Mises à jour" puis sur l'onglet "Programme Windows Insider". Là, cliquez sur "Commencer", puis sur "Lier un compte". Connectez ensuite le même compte Live ou Outlook que vous venez d'utiliser sur le site officiel du programme. Une fois que votre compte est lié, vous pouvez régler deux types de paramètres : le type de version Insider, et le rythme des mises à jour. Type de contenu Trois options s'offrent à vous : « M'envoyer uniquement les premières mises à jour » : cette option vous permet d'installer en avant-première les mises à jour « qualité ». Elles comportent avant tout des correctifs de bugs, des patchs de sécurité...« La prochaine version de Windows » : Cela permet de recevoir la version de Windows en cours de finalisation, qui sera très bientôt présentée au grand public.« Skip ahead to the next Windows Release » : Cette dernière option vous propose de sauter la version en finalisation et de tester la build la plus avancée de Windows 10 (qui comprend les toutes dernières fonctionnalités). Rythme des nouvelles versions Ce paramètre vous propose d'installer les nouvelles versions plus ou moins rapidement : Lent : Ces versions sont plus stables et sont installées à intervalles plus longs. Rapide : Ces versions comportent potentiellement plus de bugs, et sont installées à un rythme soutenu. Une fois que vous avez réglé ces paramètres, il faut redémarrer l'ordinateur pour qu'ils soient pris en compte. Accédez ensuite aux Paramètres de Windows, cliquez sur "Mises à jour et sécurité", puis sur "Windows Update". Vous devriez voir apparaître une nouvelle option vous invitant, selon disponibilité, à installer une version Insider de Windows 10. Après avoir accepté, le téléchargement peut commencer. Une fois téléchargée, la nouvelle build sera installée. Un redémarrage sera nécessaire pour la finaliser. Après ce nouveau redémarrage, vous pouvez vérifier que votre version de Windows 10 est bien une toute nouvelle build. Pour cela, accédez aux Paramètres Windows, cliquez sur "Système" puis sur "Informations Système". Sur cette fenêtre, scrollez jusqu'aux "Spécifications de Windows". Vous pouvez voir que le numéro de version est bien celui d'une version en cours de test.
04/05/2018 | Windows
Comme chaque année, avec les beaux jours, Microsoft dévoile au grand public sa mise à jour biannuelle de Windows 10. Cette nouvelle mouture printanière (nom de code Redstone 4) a un temps hésité sur son label officiel : de Spring Creator Update, elle est passée à April Update. Quoi qu'il en soit, elle arrive chargée de nouvelles fonctionnalités qui devraient confirmer encore un peu plus le succès de Windows 10. Partage de proximité, Timeline, Focus Assist et bien plus encore : nous avons utilisé le programme Windows Insider pour tester un peu avant sa sortie cette version Redstone 4. Si elles ne vont pas bouleverser votre expérience de Windows 10, ces innovations en font un OS plus agréable, plus transparent et plus fluide à l'utilisation. Un processus de mise à jour léger et discret Dès l'installation, la mise à jour April Update se distingue des précédentes. L'actualisation du système est particulièrement flexible et discrète : une fois téléchargée, la mise à jour vous prévient qu'elle est prête à être déployée via le centre Windows Update. L'utilisateur peut alors choisir de l'exécuter ou de la reporter. Surtout, la mise à jour du système est plus rapide qu'avant : elle ne prend que quelques minutes. Le déploiement se déroule ensuite en tâche de fond, permettant de retourner à ses occupations sans dérangement majeur. Near Share : le partage de proximité La fonction Near Share, déjà connue des supports mobiles, débarque maintenant sur Windows 10. Elle permet de partager instantanément des fichiers de toutes tailles entre deux devices (PC, tablette, smartphone). Proche de l'AirDrop d'Apple, Near Share utilise le Bluetooth pour appairer les appareils et le Wi-Fi pour transférer le fichier, avec un résultat très fluide pour l'utilisateur. Pour fonctionner, les deux dispositifs doivent avoir activé l'option Near Share dans les paramètres Windows (Système > Expériences partagées > Partage de proximité). Ensuite, l'option Near Share apparaît à chaque fois que cliquez sur le bouton Partager de Windows : il est disponible depuis l'explorateur de fichiers, le navigateur web ou tout autre logiciel compatible. Timeline : remontez l'historique de vos activités La toute nouvelle fonction Timeline ajoute une dimension temporelle à l'affichage des tâches (accessible via son icône dans la barre des tâches). Grâce à la barre de défilement située à droite de l'écran, vous pouvez maintenant remonter le temps et afficher des actions réalisées plusieurs jours auparavant, heure par heure. Mieux : la fonction Timeline permet de basculer sur d'autres dispositifs synchronisés avec l'appareil. Elle permet notamment de consulter des pages web que vous avez fermées depuis longtemps. En revanche, elle ne permet pas de restaurer la version antérieure d'un fichier modifié. La compatibilité avec les cartes eSIM Les cartes eSIM (pour embedded SIM) sont des puces intégrées aux dispositifs. Elles permettent notamment de se connecter à un abonnement de données cellulaires sans avoir à insérer de carte SIM, ni passer en magasin. Aussi utiles sur tablette que sur PC, Windows 10 permet maintenant de les utiliser pour rester connecté à tout moment, même sans Wi-Fi. Des paramètres Windows 10 new look Les paramètres Windows 10 continuent de s'enrichir et font peau neuve avec la généralisation de l'interface Fluent. Ce design new look gagne de plus en plus de menus de paramétrages, remplaçant à la fois Metro et l'interface ancestrale de l'explorateur de fichiers. Si cette dernière continuera d'être utilisée pour bon nombre de menus avancés sur PC, le design Fluent est nettement plus adapté aux autres plateformes compatibles Windows 10 (écrans tactiles, Xbox One...). En parallèle, les paramètres Windows accueillent les nouvelles fonctionnalités : Near Share, Assistant de Concentration et Timeline sont accessibles depuis le menu Système. Ce dernier permet maintenant de gérer les logiciels qui se lancent au démarrage, une tâche autrefois difficile d'accès pour les novices. Enfin, les paramètres accueillent des limitations de l'upload et du téléchargement (qui deviennent d'actualité avec les cartes eSIM). L'Assistant de Concentration, pour ne plus être dérangé Les notifications sont parfois un problème irritant pour les travailleurs. Pour faire fi des distractions, l'April Update ajoute un outil de productivité bien utile à Windows 10 : l'Assistant de Concentration (ou Focus Assist). Il permet de sélectionner une plage horaire et de se concentrer sur sa tâche sans recevoir aucune notification. Il est possible de personnaliser le niveau de filtre, et d'autoriser quelques notifications prioritaires. Un léger mieux pour la confidentialité des données Après s'être fait épingler sur le sujet de la confidentialité des données, Windows 10 fait un effort de transparence : il propose maintenant une visionneuse des données de diagnostic. Elle s'installe via les paramètres de Confidentialité, qui redirigent vers le Microsoft Store. Une fois lancée, elle permet de visualiser les (nombreuses) données émises depuis votre PC vers les serveurs de Microsoft, en temps réel. Le menu des paramètres Windows permet aussi de limiter et d'effacer les données de diagnostics collectées. À travers le menu Confidentialité, il présente encore plus d'options pour limiter les permissions des applications et les empêcher de récupérer vos informations personnelles. Lire aussi : Comment rendre Windows 10 (beaucoup) moins intrusif ? Cortana, un assistant encore plus personnel Google Home, Amazon Echo, Apple HomePod... À l'heure des assistants domestiques, Microsoft continue de peaufiner son IA maison, baptisée Cortana. A l'occasion de cette April Update, Windows 10 lui ajoute quelques fonctionnalités qui devraient la rendre encore plus réactive et personnalisée. Il est maintenant plus facile de gérer ses centres d'intérêts, ses listes et ses rappels, ainsi que la récupération de son mot de passe. Le nouveau Cortana est compatible avec un plus grand nombre d'assistants domestiques. Microsoft Edge Microsoft Edge, le navigateur web de Microsoft, bénéficie aussi de cette April Update : menu retapé, accès rapide aux favoris ou à l'historique, meilleure gestion automatisée des formulaires, options avancées pour les développeurs... Il gagne quelques fonctionnalités sensées le rapprocher de ses compétiteurs, Chrome et Firefox. Au passage, il s'enrichit enfin d'une fonctionnalité permettant de rendre des onglets muets. L'Update April 2018 compte également quelques autres actualisations : nouvelles polices, gestion avancée des multiprocesseurs... Cette mise à jour discrète (et gratuite) renforce encore un peu plus l'attractivité de Windows 10. Pour l'installer, rien de plus simple : elle sera automatiquement proposée aux utilisateurs depuis le Windows Update Center à partir du lundi 30 avril au soir. Télécharger Windows 10Avec cette nouvelle version du système d'exploitation, Microsoft introduit un nouveau produit mais aussi une nouvelle façon de le faire évoluer. Les cycles de développement de Windows 10 se voient réduits pour faire profiter aux utilisateurs de nouveautés et d'optimisations mises à jour plus régulièrement. Télécharger Windows 10
30/04/2018 | Windows 10