Créer de la musique sur PC/Mac : nos conseils

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En plus d'être une solution puissante pour retoucher ses photos ou monter ses vidéos, un ordinateur est également un allié de choix pour créer de la musique, que ce soit dans le but d'enregistrer de vrais instruments, ou de créer des morceaux à partir de synthétiseurs physiques ou virtuels. Du choix de la configuration matérielle aux différents logiciels disponibles selon votre profil, nous vous guidons pas à pas dans la création musicale sur PC ou Mac

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L'informatique musicale n'a rien de nouveau. Les utilisateurs assez âgés pour avoir eu un Atari ST entre les mains se souviennent sans doute de ces prises rondes à gauche de l'appareil. Il s'agissait de ports MIDI In et Out permettant de brancher un synthétiseur, un clavier, une boite à rythme ou tout autre instrument de musique à cette norme. Les premiers séquenceurs, au sens où on les entend aujourd'hui, ont également vu le jour à cette époque.

Néanmoins, si les musiciens les plus expérimentaux n'ont pas attendu l'avènement des PC et Mac pour manipuler des armoires aux airs de standard téléphoniques afin d'en tirer des sonorités et de les programmer, la création musicale assistée par ordinateur s'est nettement démocratisée ces dernières années, et on peut tout à fait affirmer que n'importe quel utilisateur doté d'un instrument, de quelques connaissances musicales et, surtout, d'un certain talent (eh oui, on l'oublie souvent) peut créer de la musique sur son PC ou son Mac. Pas forcément dans le but d'enregistrer un n°1, mais ne serait-ce que pour enregistrer son groupe en multi-pistes, bidouiller un peu de musique électronique ou composer des mélodies, on trouve aujourd'hui quantité de logiciels et de périphériques relativement simples d'utilisation, à condition d'en comprendre le fonctionnement. D'où l'idée de vous proposer un guide destiné à faciliter votre entrée dans ce monde merveilleux, mais un peu complexe.

Le but de ce guide n'est pas de vous fournir LA solution qui fera de vous un artiste riche et célèbre. De même, nous vous présentons dans les pages suivantes des logiciels que nous avons choisi, parce qu'ils nous paraissaient pertinents. Il est clair que ce ne sont pas, loin de là, les seules solutions disponibles. Chaque musicien a son logiciel de prédilection et, si nous aborderons certaines solutions utilisées par des professionnels, l'oubli de tel ou tel logiciel ne signifie en rien que nous le jugeons moins intéressant qu'un autre. Notre but est avant tout de fournir les outils nécessaires pour se lancer, à des niveaux divers, dans la création musicale. Quel séquenceur audio/midi choisir ? Quelle plate-forme privilégier ? Comment choisir son clavier ? Quelles sont les possibilités offertes par les logiciels modernes ? Voilà quelques questions auxquelles nous tenterons de répondre dans ce dossier.

Sommaire :

Créer de la musique sur ordinateur : Mac ou PC ?

Le premier choix matériel qui s'impose est évidemment celui de la plate-forme à utiliser. Dans notre guide, nous nous concentrerons sur Windows et Mac OS X. Il existe évidemment des logiciels de création musicale sous Linux, et en effectuant quelques recherches, on trouvera des périphériques compatibles avec ce système. Si vous vous intéressez à la création musicale sur Linux, vous pourrez consulter le site Linux MAO, très complet sur le sujet.

Ceci étant posé, faut-il opter pour un Mac ou un PC équipé de Windows ? Il existe un vieux cliché selon lequel le seul PC que l'on trouve dans un studio d'enregistrement se situe au département de la comptabilité. S'il est vrai que le Mac a un avantage historique, les choses ont considérablement changé ces dernières années et, à moins d'avoir une préférence personnelle pour un système ou l'autre, le PC est une plate-forme tout à fait capable de satisfaire les besoins des musiciens aujourd'hui. Windows est beaucoup plus stable qu'à une époque encore pas si lointaine, et si la sortie de Windows Vista avait causé un joli cafouillage en raison de son environnement à la traîne (pilotes indisponibles pour de nombreuses cartes son), les choses se sont arrangées depuis, et les constructeurs semblent également emboiter le pas de Windows 7 assez vite (en tous cas pas moins vite que pour Snow Leopard). Le PC dispose également d'un avantage au niveau du prix : si vous souhaitez monter une configuration personnalisée et évolutive, le ticket d'entrée sur Mac est de 2200 euros pour le premier (et unique) Mac évolutif, le Mac Pro.

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Pour autant, cette différence ne se justifie réellement que si vous avez de grosses ambitions au niveau de vos productions. Tous les Mac sont équipés d'un processeur suffisant pour exécuter un logiciel de création musicale et la profusion d'interfaces audio externes en USB ou en Firewire réduit l'intérêt d'une configuration évolutive à « l'intérieur ». Dans tous les cas il faudra privilégier deux aspects : le processeur et la mémoire vive. La musique fait partie des domaines où les configurations multi processeur ou multi-cœurs sont mises à profit. On optera donc au minimum pour un Core 2 Duo, qui sera sans doute suffisant pour un usage modéré. La mémoire vive est également importante : si vous avez l'intention d'utiliser des banques de son, celles-ci seront stockées en mémoire vive et certaines peuvent s'avérer très volumineuses. Afin que votre logiciel ne perde pas les pédales, il ne faudra donc pas lésiner sur la RAM. 2 Go sont un minimum, et 4 Go sont vivement conseillés si vous vous lancez dans l'utilisation de logiciels comme Logic, Cubase et leurs sampleurs virtuels (Halion, ESX24...) très gourmands.

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Quelle carte son choisir ?

Ça ne sera peut être pas évident pour un utilisateur néophyte, mais la partie son intégrée à un PC ou à un Mac s'avère rapidement limitée pour créer de la musique. Le problème principal est le temps de latence assez élevé des pilotes de ces cartes, ce qui s'avère très problématique pour enregistrer des pistes vocales ou des instruments virtuels. En clair, pour les non-initiés : pour pouvoir enregistrer des parties musicales en rythme, il faut disposer d'un temps de latence aussi proche que possible de 0. Lorsque vous appuyez sur une touche de votre clavier MIDI, ou lorsque vous enregistrez votre voix et votre guitare, votre logiciel doit rester « synchro », ne pas perdre le fil. Le standard ASIO a été créé par l'éditeur Steinberg dans ce but. Sans rentrer dans des détails techniques qui n'auraient pas grand intérêt, une carte son compatible ASIO est la garantie de pilotes à faible latence. Faut-il nécessairement une carte son compatible ASIO pour bénéficier de ce standard ? Non : il existe des pilotes logiciels qui ajoutent la prise en charge ASIO aux chipsets intégrés qui équipent les PC. Ceux ci sont disponibles sur le site ASIO4ALL.

L'ajout d'une carte son dédiée peut néanmoins être préférable, même si ces pilotes logiciels fonctionnent relativement bien. Les interfaces audio dédiées permettent de bénéficier de plus de sorties, ce qui peut s'avérer utile pour enregistrer une guitare électrique et une voix, par exemple, et également de sorties plus « professionnelles » que les mini-jacks qui équipent les PC.

Que choisir alors ? Déjà, deux questions se posent. La première : interne ou externe ? Si vous disposez d'un PC desktop, une carte son PCI peut être un avantage. Dans cette catégorie, on peut citer la 1212 de la fameuse marque E-MU, division professionnelle de Creative. Assez complète, cette double carte (deux ports PCI seront nécessaires) dispose de 2 entrées et 2 sorties équilibrées 6,35 mm, d'entrées et sorties SPDIF et ADAT et même d'une entrée et d'une sortie MIDI ce qui vous permettra d'y brancher un clavier sans utiliser un port USB (voir page suivante pour les détails).

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Étant donné les très bonnes performances atteintes aujourd'hui par les cartes externes, opter pour l'une d'entre elles peut également s'avérer un choix intéressant, notamment si vous comptez avoir un usage nomade. Là encore, un choix s'impose entre le Firewire et l'USB 2.0. Traditionnellement, le Firewire était cité comme une solution préférable, car il permet de disposer d'une bande passante dédiée et non partagée avec les autres périphériques USB. Néanmoins, tous les ordinateurs n'en sont pas équipés et même les Mac, autrefois tous équipés d'une entrée Firewire 400, ne sont plus égaux sur ce point : la plupart disposent d'une entrée Firewire 800 (compatible 400 mais nécessitant un adaptateur) alors que la dernière révision du MacBook blanc, qui était le dernier « survivant », s'en voit désormais dépourvu.

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Quels modèles retenir ? Pour débuter, on pourra se tourner vers les constructeurs M-Audio (filiale de Avid) et Edirol (filiale de Roland), dont les offres sont variées au niveau des entrées / sorties et généralement de bonne qualité, et bénéficiant de pilotes à jour. On retiendra par exemple la Firewire Solo de M-Audio, adaptée comme son nom l'indique aux musiciens / chanteurs enregistrant en solo : on trouvera ainsi des entrées jack 6,5 mm (pour brancher une guitare, par exemple) et une entrée XLR pour y connecter un micro. Toujours en Firewire, on pourra conseiller pour un prix un peu plus élevé, la FA-66 d'Edirol, un peu mieux lotie en entrées / sorties (on dispose notamment de 2 XLR en plus des 2 entrées RCA) et de quelques plus comme une interface MIDI, la possibilité de régler la fréquence d'enregistrement à même le boitier ou la présence d'un limiteur (voir section sur les effets). En USB, on trouvera d'autres options et notamment la série MBox du constructeur Digidesign, les créateurs du fameux logiciel ProTools. Ces dernières, relativement abordables, ont un avantage certain sur leur concurrentes : elles intègrent une version limitée de ProTools !

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Quel clavier choisir ?

Même s'il est possible de composer de la musique sur ordinateur sans posséder un clavier MIDI, il est évidemment beaucoup plus pratique d'en disposer. Par définition, un clavier de contrôle ne produit pas de son : il sert comme son nom l'indique à contrôler d'autres périphériques MIDI ou des instruments virtuels. On retrouve là encore les deux constructeurs M-Audio et Edirol qui proposent tous les deux des claviers plus ou moins évolués et abordables. Ainsi, chez M-Audio, la série Oxygen est relativement abordable, mais pêche par un toucher un peu trop léger, ce qui limite son utilisation à des styles où la vélocité a peu d'importance (electro, hip-hop...). Un cran au-dessus, on trouvera la gamme Axiom, au toucher plus satisfaisant, et disposant en plus de pads percussifs qui peuvent s'avérer utile pour programmer des séquences rythmiques. Dans les deux cas, on appréciera la présence de potentiomètres et de faders que l'on se fera une joie d'assigner à divers paramètres des logiciels. La série PCR d'Edirol est un bon compromis entre les deux : le prix reste abordable et le toucher est légèrement supérieur à celui des Oxygen. Le nombre de touches est également un paramètre dont il faut tenir compte. Là encore tout dépendra de votre utilisation : un pianiste aura besoin d'un clavier important, mais si vous souhaitez uniquement utiliser votre clavier pour enregistrer quelques séquences, notamment dans des styles électro, un clavier de 49 touches (voire même moins) sera sans doute suffisant et vous permettra en outre de gagner quelques centimètres si vous êtes du genre nomade. Au niveau de la connexion, un clavier de contrôle pourra être branché en MIDI mais également, pour ceux qui ne disposent pas d'interface, en USB.

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Micro et enceintes

Vous aurez également sans doute envie de chanter sur vos créations. Pour cela, il vous faudra un micro spécialisé dans l'enregistrement de voix, et doté d'une sortie au format XLR (il vous faudra également une entrée XLR sur votre carte son). Ce type de micro commence aux alentours de 100 euros et vous pourrez opter par exemple pour une marque comme Studio Projects. Autre composant essentiel : les enceintes. Selon vos ambitions, vous pourrez vous contenter des enceintes multimédia de votre ordinateur, mais si vous souhaitez mixer vos morceaux, vous pourrez acquérir des enceintes dites de monitoring, au son neutre. Là encore les écarts de prix peuvent varier jusqu'à atteindre des tarifs astronomiques, mais on trouvera des enceintes correctes (pour débuter) à partir de 200 euros comme chez des constructeurs comme Prodipe.

Créer de la musique sur PC/Mac : Midi, audio, quelques concepts

Comment expliquer le concept de la musique assistée par ordinateur à un néophyte ? Partons d'un groupe qui enregistre un morceau. Chaque musicien va enregistrer ses parties sur une piste : la voix, la guitare, la basse, les différents éléments de la batterie ou encore les claviers. Ces pistes sont alors mixées pour obtenir ce que l'on écoute au final : un enregistrement en stéréo, avec certains instruments plus fort que d'autres, et des panoramiques différents : en écoutant le morceau au casque, on entend clairement qu'une percussion passe dans l'oreille gauche, alors que d'autres instruments sont plus centrés.

La création musicale sur ordinateur ne diffère pas fondamentalement d'un enregistrement sur un magnétophone multipiste. Les principales différences résident dans les possibilités offertes : on peut revenir en arrière, couper une partie, la remplacer par une autre, ajouter autant de pistes que le matériel et le logiciel le permettent, bref, disposer d'outils décuplant la créativité. Pour cela, on aura besoin d'un ordinateur, d'une carte son pour y connecter des instruments ou des micros et, surtout, un logiciel indispensable : le séquenceur. Celui-ci n'est rien de plus que l'équivalent musical d'un logiciel de montage vidéo : il s'agit d'un banc de montage sur lequel on va enregistrer, éditer et mixer différentes pistes (voix, instruments réels, synthétiseurs physiques ou virtuels). Ces pistes, globalement, peuvent être de deux types : MIDI ou Audio. Explications.

Les pistes MIDI

Qu'est ce qu'une piste MIDI ? Pour résumer, on pourrait dire qu'il s'agit d'une partition, contenant une suite de notes de musique avec des informations sur leur durée, leur hauteur ou encore la sonorité auxquelles elles sont attribuées. Car c'est là le détail principal à retenir sur la norme MIDI : elle ne génère aucun son. Un fichier MIDI est destiné à contrôler un module sonore en entrée (que l'on appellera générateur). Cela peut être un piano électrique, un synthétiseur, une boite à rythme ou un instrument virtuel générant des sons de manière logicielle. Une analogie fréquemment utilisée est celle de l'orgue de Barbarie et ses feuilles de carton troués qui indiquent les notes à jouer. La piste MIDI est le carton, et les évènements, qui peuvent également être des valeurs de potentiomètres tels que des changement de volume ou de panoramique, sont les trous.

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Les pistes audio

Les premiers séquenceurs logiciels étaient uniquement destinés à piloter des appareils MIDI. La généralisation des cartes sons à faible temps de latence a permis de leur ajouter des fonctionnalités d'enregistrement audio. Ici, le principe est simple : on connecte un micro ou un instrument tel qu'une guitare électrique à la carte son et on enregistre. Le logiciel et la carte son vont convertir cet enregistrement en une forme d'onde plus ou moins fidèle au son original (d'où l'importance de la qualité des convertisseurs analogique / numérique). Celle-ci sera, en théorie, figée. À la différence d'une piste MIDI, dont on peut modifier les notes à volonté, une piste audio ne permet pas de modifications ultérieures aussi souples : si une note n'est pas dans le rythme ou une voix mal enregistrée, il sera moins facile de corriger sans altérer le reste de l'enregistrement. Nous verrons néanmoins que les logiciels offrent de plus en plus de souplesse à ce niveau.

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Plug-ins d'effets et instruments virtuels

La dernière notion sur laquelle nous souhaitons revenir est celle de plug-in. Les logiciels comme ProTools ou Cubase VST ont apporté la possibilité de compléter leurs fonctionnalités d'enregistrement et d'édition par l'ajout de composants additionnels. On peut dégager deux types de plug-ins : les effets et les instruments virtuels. Les premiers sont l'équivalent logiciel d'un rack ou d'une pédale, qui va modifier en temps réel le son d'une piste. De nombreux effets sont disponibles et certains sont souvent intégrés aux séquenceurs disponibles sur le marché : réverbération, délai, compression (équilibrage des niveaux plus faibles et plus forts d'une piste), distorsion ou encore filtres divers et variés permettent d'enrichir considérablement le son des pistes enregistrées.

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Le second type de plug-in est l'instrument virtuel. Celui-ci reproduit comme son nom l'indique, le fonctionnement et les sonorités d'un instrument réel. On trouve aujourd'hui des milliers d'instruments virtuels. La plupart émulent le son de vieux synthétiseurs analogiques, très prisés par les musiciens électroniques, mais on trouve également des instruments à base de samples qui reproduisent le son de pianos, de cuivres, d'orgues ou de cordes. Dans tous les cas, il faudra faire attention à la compatibilité de ces plug-ins avec le logiciel que vous avez choisi. Les principaux standards sont VST (créé par Steinberg et compatible avec de nombreux logiciels), DirectX (utilisé notamment par SONAR, même si celui-ci est désormais compatible VST) et AudioUnit, le format propriétaire d'Apple pour Mac OS X. De nombreux plug-ins sont fournis dans les trois versions, mais il faut savoir par exemple que Logic prend uniquement en charge les plug-ins AudioUnit. Dans d'autres cas des convertisseurs d'un format à l'autre peuvent exister.Il est impossible de vous conseiller LA solution matérielle et logicielle pour faire vos premiers pas dans le monde de la musique sur ordinateur. Tout dépendra de votre utilisation, de vos ambitions et de votre niveau. Ainsi, on n'ira pas conseiller à un néophyte pur et dur de se ruiner avec l'achat d'un Cubase 5 et d'une carte son haut de gamme. Toute la difficulté réside dans le fait de tabler un minimum sur l'avenir : un néophyte n'a pas vocation à le rester et une solution qui le bloquera trop rapidement sera alors à exclure.

Créer de la musique sur PC/Mac : profil débutant

Commençons donc tout en bas de l'échelle. Quelle solution à conseiller à un utilisateur qui n'a pas nécessairement de connaissances musicales, ni l'ambition de sortir une super production ? S'il s'agit uniquement de se frotter et de poser quelques idées musicales qui vous passent par la tête, il existe deux solutions. La première, réservée aux utilisateurs de Mac OS X, est Garageband. Ce très bon logiciel réalisé par les créateurs de Logic est parfaitement adapté aux débutants et permet de créer en quelques minutes des morceaux qui pourront sonoriser vos projets vidéos, ou servir de base, pour proposer des maquettes par exemple. En outre, GarageBand propose un module d'apprentissage à la musique plutôt réussi. Enfin, détail à prendre en compte si vous passer du PC au Mac : il est fourni avec les ordinateurs Apple. Nous avons déjà couvert la dernière version de GarageBand en détail dans notre test de la suite iLife 09.

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Music Maker 16 XXL : un logiciel simple et un clavier MIDI

La seconde solution, sous Windows cette fois, est le bundle Music Maker 16 XXL proposé par Magix. Évacuons d'emblée toute polémique : oui, Magix Music Maker est un logiciel assez limité, comme nous le verrons, et destiné uniquement au grand public. Néanmoins, sa simplicité d'utilisation en fait un outil d'apprentissage plutôt intéressant, car il offre un éventail de fonctionnalités assez poussé pour un « jouet », et permet de se familiariser avec des concepts que l'on trouve également dans des logiciels plus complexes.

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Le bundle XXL propose le logiciel Magix Music Maker et un clavier de contrôle MIDI / USB. C'est tout l'avantage de ce pack : à la manière des Guitare pour les Nuls, il permet de se lancer sans trop se ruiner ou en profitant des fêtes. Bien sur, vu le prix du pack (150 euros environ), il ne faut pas s'attendre à un clavier haut de gamme : la qualité de fabrication est moyenne et on reste dans la tradition de ce que propose Magix dans ses bundles : du matériel qui rend service aux débutants, mais clairement bas de gamme. Niveau possibilités, on se limite au strict minimum vital. L'instrument, de marque Miditech, propose 49 touches au toucher correct sans plus, deux molettes (pitch bend et modulation) et deux boutons permettant de monter ou descendre d'une octave (mais pas d'affichage numérique, plutôt gênant). C'est un peu court et on aurait aimé quelques potentiomètres qui permettraient de jouer avec les boutons des synthétiseurs proposés par le logiciel. Néanmoins, ce clavier permet au moins d'enregistrer des séquences de manière plus confortable qu'avec un clavier virtuel, ou de saisir les notes à la souris. C'est à peu près tout ce que l'on pourra en attendre.

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Music Maker lui même est très simple d'utilisation. Comme GarageBand, Magix Music Maker n'a pas vocation à être un outil de production, mais il propose une approche intéressante pour le néophyte, car basée sur des styles musicaux populaires. Pour chaque style, l'utilisateur trouvera des boucles sonores pour toutes les parties (guitare, basse, rythme, percussions, cordes...) qui permettent de gagner un certain temps si le but du projet est par exemple de réaliser une bande son pour un montage vidéo.

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Pour autant, le logiciel ne bride pas totalement la créativité des utilisateurs, car en plus de ces briques pré-enregistrées, Music Maker propose des modules sonores que l'utilisateur pourra utiliser pour enregistrer ses propres séquences mélodiques. On trouve des reproductions d'instruments réels (pianos, guitares, batteries...) ainsi que des simulations de synthétiseurs analogiques et boites à rythmes pour les utilisateurs plutôt portés sur l'electro ou le hip-hop. La version 16 apporte quelques outils pour les guitaristes et notamment des pédales d'effets et simulations d'ampli. Néanmoins, s'il est tout à fait possible de créer quelques morceaux fort sympathiques en peu de temps et d'approfondir un peu en s'initiant aux joies des instruments virtuels, on ne saurait conseiller ce bundle qu'aux utilisateurs souhaitant s'initier à la création musicale : on atteindra assez vite les limites des sons proposés et les possibilités d'édition, bien que correctes, sont loin d'offrir la souplesse de « vrais logiciels » comme Logic ou Cubase, même dans leurs versions les plus limitées.

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On l'a vu, les solutions comme Music Maker permettent de se faire la main, et peuvent éventuellement rendre de fiers services pour réaliser rapidement la bande-son d'un montage vidéo grâce à la bibliothèque de sons libres de droits. Néanmoins, comme nous l'avons dit en introduction, si vous avez des ambitions un peu plus sérieuses, il vaut peut-être mieux vous tourner vers des solutions plus complexes offrant une plus grande souplesse. On entre alors dans le monde des logiciels pro et semi-pro, avec notamment deux références dans le genre : Logic et Cubase. Le premier repose d'emblée le problème du choix entre PC et Mac : édité par Apple (bien que racheté et initialement multi plateformes), Logic est uniquement disponible pour Mac. Si vous utilisez actuellement Windows, cela nécessitera donc un changement de plateforme et un investissement supplémentaire. Néanmoins, on parle ici de se lancer dans la musique de manière un peu plus sérieuse et cet investissement n'est peut être pas vain, pour une bonne raison : l'offre logicielle d'Apple est sans doute l'une des plus attractives à l'heure actuelle et permet un très bon compromis entre simplicité (relative) d'utilisation et fonctionnalités.

Logic Studio : une solution complète et relativement abordable

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Visiblement désireux d'imposer son logiciel, Apple commercialise en effet Logic à un tarif particulièrement agressif. Le logiciel est disponible en deux versions. La première, Logic Express, est destinée aux amateurs « enthousiastes » ou à ceux qui recherchent uniquement une solution d'enregistrement Audio / MIDI sans fioritures. Elle est proposée à 199 euros et inclut uniquement le logiciel dans une version amputée de quelques fonctionnalités « pro » ainsi qu'une banque de sons et d'instruments virtuels assez réduite, mais suffisante pour débuter.

C'est néanmoins la version Studio qui s'avère la plus attractive : pour 499 euros, Apple propose beaucoup plus qu'une version pro de son séquenceur. Comme son grand frère Final Cut Studio, Logic Studio inclut de nombreux composants gravitant autour de Logic Pro. On trouve ainsi une banque de sons gargantuesque couvrant à peu près tous les domaines musicaux (sur 6 DVD, tout de même !) et une offre assez exhaustive d'instruments virtuels allant des synthétiseurs analogiques aux reproductions d'orgues et de piano électriques « vintage » en passant par un instrument permettant de modéliser différents types d'instruments à cordes. Logic Studio va également au delà du... studio en incluant Mainstage, une application spécialement conçue pour le jeu en live. Cet outil particulièrement bien fait justifierait presque l'achat de la suite à lui seul. Son interface optimisée pour le plein écran permet de contrôler facilement un ou plusieurs instruments virtuels, de les répartir sur le clavier ou encore d'enregistrer et manipuler en direct des boucles sonores pour vous accompagner. Vous avez peut être déjà vu un chanteur / guitariste dans une petite salle jongler avec des pédales pour empiler des couches d'accompagnement en boucle.

Logic 9 : de nouvelles fonctionnalités encore plus attractives

La version 9 de Logic a vu le jour récemment et elle apporte un certain nombre d'améliorations plus qu'intéressantes. La plupart d'entre-elles sont disponibles pour les deux versions (Express et Pro). Le logiciel propose ainsi de nouvelles possibilités d'édition des pistes audio, dans la lignée de ce que l'on trouve également dans Cubase ou Sonar. Celles ci rendent les pistes audio presque aussi flexibles que des pistes MIDI : vous pouvez ainsi recaler certaines parties d'une piste audio dans le temps. Le nouvel outil Flex du logiciel analyse automatiquement les régions audio et place des marqueurs de temps. Vous pouvez également ajouter vos propres marqueurs (au début d'une phrase ou d'un son par exemple) et les déplacer, ce qui aura pour conséquence de compresser ou d'étendre d'autres parties de la piste. Cette possibilité peut créer des résultats peu naturels si on déforme trop les pistes originales, mais pour recaler légèrement certaines parties, la simplicité d'utilisation et la qualité du rendu est assez bluffante : il est même possible d'opérer des modifications directement depuis le banc de montage des pistes.

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Toujours pour les pistes audio, le logiciel s'enrichit dans ses deux versions de fonctionnalités assez poussées dans la gestion des prises successives et permet facilement de mélanger certaines parties d'une prise avec d'autres pour obtenir un résultat optimal, là encore dans la lignée de ce que propose Sonar 8.5. On pourra également citer la possibilité de découper une piste audio pour jouer ses différentes parties comme un instrument (fonctionnalité introduite il y a fort longtemps par Recycle de Propellerheads). Enfin, les guitaristes trouveront moult simulations d'ampli et de pédales d'effet, dans la lignée de ce qu'Apple proposait déjà dans la dernière version de Garageband. Bref, des fonctionnalités pas forcément novatrices par rapport à la concurrence, mais qui viennent compléter une offre qui devient, du coup, très complète.

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Quel Mac pour Logic ?

Si vous vous posez la question du passage au Mac, se pose alors le problème du prix. Les Mac d'entrée de gamme sont-ils suffisants pour Logic ? Pour la version Express, on peut répondre positivement, mais on mettra tout de même un bémol sur les disques durs à 5400 tours inclus dans les Mac Mini et MacBook, ainsi que sur le fait qu'ils utilisent de la mémoire partagée. La quantité de mémoire vive fournie en standard ne devrait plus être aussi pénalisante qu'il y a deux ou trois ans, où Logic Express perdait facilement les pédales sur un MacBook équipé d'un petit Go de mémoire vive. En ce qui concerne Logic Studio, en revanche, la taille de certaines banques de son, la consommation en ressources de certains instruments et le recours à la carte graphique pour des outils comme MainStage nous poussent à recommander au moins un MacBook Pro 15 pouces ou un iMac, doté d'un disque dur rapide, de 4 Go de mémoire vive et d'une carte graphique dédiée, même si là encore, la 9400 intégrée aux Macbook ne posera sans doute pas les mêmes problèmes que le GMA précédent, réputé pour ses problèmes avec l'interface de MainStage.

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Si vous souhaitez au contraire rester sous Windows, l'offre est un peu plus complexe : on ne trouve aucune solution aussi cohérente et abordable que ce que l'on trouve dans Logic Studio, mais plusieurs logiciels concurrents, déclinés chacun en gammes comprenant plusieurs niveaux de prix et de fonctionnalités. Le premier choix qui vient à l'esprit est évidemment Cubase. Le logiciel de Steinberg fait figure de pionnier du genre et la version 5, dernière en date, offre une solution relativement complète et robuste.

Cubase 5 : toujours une référence ?

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Par rapport aux versions précédentes, Steinberg a rendu son logiciel un peu plus attractif et fourni en plug-ins et en sons. Il devient ainsi possible de démarrer avec une base solide : l'échantillonneur virtuel HalionOne propose une banque de sons assez variée et de qualité alors que plusieurs synthétiseurs virtuels et de nouveaux outils rythmiques viennent renforcer l'offre. La principale nouveauté de Cubase 5, en la matière, est l'instrument LoopMash qui permet de découper des boucles rythmiques en tranches individuelles et de mixer ces différentes parties entre elles pour créer de nouveaux rythmes. L'interface de l'outil est assez intuitive, la bibliothèque de boucles propose de nombreuses sonorités et on se prend assez vite au jeu. Cet outil à base de boucles vient s'ajouter à BeatDesigner, une boite à rythme permettant de créer de manière visuelle des séquences rythmiques à partir des sons d'une piste MIDI. En combinant ces possibilités avec les outils de découpage automatique des boucles et de transformation en instruments, on obtient une grande souplesse au niveau de la création de « beats » qui satisfera sans doute les amateurs de musique électronique.

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Tout comme Logic 9, Cubase 5 se dote également de fonctionnalités assez puissantes dans le domaine des manipulations audio. Comme son concurrent, il permet d'ajouter des repères à un clip audio afin de corriger une piste vocale en accélérant ou compressant certains passages, de « quantifier » une piste rythmique pour recaler certains temps ou, encore plus fort, corriger la hauteur de certaines notes pour des pistes vocales ou des pistes d'instruments monophoniques. Comme pour Logic, cet outil peut être à double tranchant : utilisé avec parcimonie, il s'avèrera efficace, mais en abuser peut créer des résultats trop artificiels.

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Le principal défaut de Cubase réside dans sa complexité. Par rapport à Logic, pour lequel Apple a fait un certain effort ergonomique depuis la version 8, Cubase propose encore aujourd'hui une interface assez rebutante pour un utilisateur « débutant ». Évidemment, le logiciel étant destiné aux professionnels, il est difficile d'attendre de la part de Steinberg une interface « grand public ». Néanmoins, la profusion de menus, de fenêtres et d'icônes peut s'avérer assez déroutante au premier abord. L'approche « mono fenêtre » de Logic est plus intuitive et permet de se plonger plus rapidement dans l'enregistrement d'un morceau. Cubase n'en est pas pour autant inutilisable : une fois que l'on est habitué aux conventions de Steinberg, on finit par trouver ses repères.

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Plusieurs versions de Cubase 5 sont disponibles. On appréciera, comme pour Logic, la présence d'une version d'entrée de gamme, Cubase 5 Essential. Celle-ci s'avère néanmoins plus limitée par rapport à sa grande sœur que dans l'offre d'Apple : les pistes audio, les instruments virtuels ou les effets sont limités dans leur nombre, et certaines fonctionnalités, notamment au niveau de la manipulation audio, manquent à l'appel alors qu'elles sont intégrées à Logic Express comme Logic Pro. Bon point en revanche : Cubase 5 est multi plates-formes et fourni dans ses deux versions, que vous pourrez utiliser indépendamment puisqu'il utilise un système de protection par dongle USB (attention à ne pas le perdre ou le casser, la coque en plastique est fragile). On appréciera aussi la présence d'une version 64-bit, elle aussi intégrée, mais malheureusement réservée aux utilisateurs de Windows.

D'autres solutions Audio/MIDI

Cubase n'est pas la seule solution audio / MIDI disponible pour Windows, loin de là. Dans les solutions multi plates-formes, il faut tout d'abord citer le fameux ProTools de Digidesign. L'approche est ici différente, Digidesign étant à la fois un fabricant de solutions matérielles et un éditeur de son propre logiciel. En clair, Digigdesign commercialise des solutions incluant une carte son et un logiciel conçu pour celle ci. Ces systèmes peuvent atteindre des sommes astronomiques mais Digidesign s'intéresse également aux petites bourses avec la version LE de son logiciel, associée à sa gamme d'interfaces MBox, nettement moins onéreuses. ProTools LE inclut l'essentiel des fonctionnalités de son grand frère. La version 8 de ProTools se dote d'une nouvelle interface plus agréable à l'oeil, d'un éditeur MIDI complètement refondu et de nouveaux outils pour la gestion des prises, permettant là encore de combiner les meilleures parties de plusieurs prises successives afin d'obtenir le meilleur résultat possible. ProTools 8 fait également sauter les limitations du nombre de pistes dans la version LE, proposée avec les interfaces MBox, pour atteindre 48 pistes audio. Autant dire que la plupart des musiciens visés par ces versions bridées auront largement de quoi voir venir.

Impossible également de ne pas citer Sonar de l'éditeur Cakewalk, appartenant aujourd'hui à Roland. Conçu depuis ses origines pour le PC, contrairement à Cubase qui a toujours été multi plates-formes, Sonar a su trouver ses adeptes au fil des versions, notamment grâce à une tarification avantageuse et une interface un peu plus abordable, à l'époque, que celle de Cubase. Le logiciel en est aujourd'hui à sa version 8.5 et profite de l'apport de Roland, notamment via l'intégration de plug-ins reproduisant certains instruments et technologies du constructeur. La dernière version en date intègre également les technologies de manipulation audio avancées évoquées pour Cubase et Logic. Cakewalk propose également une version à destination des utilisateurs « enthousiastes », mais là encore bridée par rapport à la version Pro.

Revenons enfin à Magix, qui édite la solution Samplitude, plutôt réservée aux professionnels, mais aussi une alternative assez intéressante : sa version « grand public » Samplitude Music Studio. Ce produit est un bon compromis entre l'approche grand public de Magix Music Maker (le logiciel reste assez simple d'utilisation malgré des menus un peu touffus) et les possibilités étendues d'un « vrai » séquenceur audio / MIDI (ce qu'il est : c'est une version bridée, mais fonctionnelle de son grand frère Samplitude). Samplitude Music Studio souffrait jusqu'à récemment d'une interface assez aride, mais les dernières versions du produit ont considérablement amélioré ce point. Compatible avec les plug-ins VST et proposé à un prix très avantageux, Music Studio peut être considéré comme une solution intermédiaire intéressante.Nous avons vu jusqu'ici des solutions pour utilisateurs débutants, et des solutions pour semi pros et professionnels. Il nous reste à aborder un troisième profil : celui du musicien plutôt branché musiques électroniques. Les « ténors » que sont Cubase ou Logic proposent dans leurs solutions des outils et des instruments destinés à ces genres musicaux, mais il existe également des solutions plus spécifiques, issues d'une culture plus « pratique » où l'on cherche à aller à l'essentiel : des sons, des boutons à manipuler et des rythmes à créer facilement.

Reason : un rack de synthés pour enflammer le dancefloor

Créé par l'éditeur suédois Propellerhead Software, Reason est un logiciel emblématique de cette catégorie. Comme son prédécesseur Rebirth, il propose de mettre les mains dans le cambouis sans s'embarrasser avec la complexité d'un Cubase. Dans Reason, on dispose d'un rack sur lequel on branche des synthétiseurs, des boites à rythmes et des effets, et on manipule le tout avec un séquenceur. L'arsenal proposé inclut des instruments assez variés : des synthétiseurs de type « analogique », reproduisant les sonorités acides des machines d'antan, un sampleur virtuel permettant de jouer une multitude de sons d'instruments réels échantillonnés, une boite à rythme ou encore une batterie d'effets permettant d'améliorer, ou de salir, le son. L'interface privilégie le contact direct avec les instruments : on peut non seulement accéder aux potentiomètres, mais aussi à l'arrière des machines que l'on relie entre elles avec des câbles virtuels.

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Véritable logiciel culte, Reason est réputé pour son utilisation ludique et ses prodigieux utilisateurs (Liam Howlett, le leader de... Prodigy, en a maintes fois chanté les louanges), mais souffre en revanche d'une certaine fermeture : seuls les instruments intégrés au logiciel peuvent être utilisés. Cette limitation peut néanmoins être contournée avec Rewire, un système de synchronisation virtuelle entre Reason et un logiciel externe tel que Cubase. Il est également réservé à l'enregistrement d'instruments virtuels et ne propose pas de possibilités d'enregistrer de l'audio (voix, guitares, batteries). Cette limitation est néanmoins compensée par son nouveau petit frère, Record, spécialement conçu pour cette tâche, avec là encore une interface spécialement conçue pour les musiciens, plutôt que pour les ingénieurs du son. Les deux logiciels sont capables d'interagir et un bundle incluant Reason et Record est d'ailleurs disponible. Si vous souhaitez faire de la musique sans vous prendre la tête avec des logiciels trop complexes, cela peut être un bon choix. Comme Cubase, Reason et Record sont disponibles pour PC et Mac et incluent les deux versions dans la même boite.

FL Studio : la boite à rythme à tout faire

Pour les utilisateurs de Windows, on pourra enfin recommander chaudement FL Studio. Anciennement connu sous le nom de Fruity Loops, ce logiciel a démarré comme une simple boite à rythmes issue de l'univers des « trackers », ces antiques logiciels permettant de réaliser de la musique à base d'échantillons sur Amiga. Son interface est simple et s'inspire des boites à rythme des années 70/80 : une rangée de boutons correspondant aux temps d'une mesure, que l'on allume ou éteint, chaque rangée étant associée à un son. Très vite, le logiciel a cependant évolué pour s'enrichir de fonctionnalités mélodiques (enregistrement MIDI, vue « piano roll » pour éditer les notes...), de la prise en charge des instruments virtuels au format VSTi, et même de fonctionnalités d'enregistrement audio. Bref, de simple boite à créer des rythmes, FL Studio est devenu une vraie petite « Workstation » audio / MIDI, tout en conservant l'esprit ludique et immédiat de ses origines (son interface façon métal rouillé est toujours d'actualité).

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Les dernières versions de FL Studio ont vu apparaître de nouveaux synthétiseurs virtuels, des outils de découpage des rythmes ou encore des outils originaux comme un Vocoder (pour enregistrer des voix robotiques façon Air ou Daft Punk). Le logiciel est disponible en plusieurs éditions incluant plus ou moins de fonctionnalités et la tendance à ajouter de plus en plus de plug-ins payants peut être agaçante, néanmoins FLStudio propose un avantage assez rare dans le monde des logiciels : les mises à jour gratuites à vie ! Utilisateurs du logiciel depuis sa version 6, nous pouvons vous affirmer que ça marche et sans vice caché. Un bon point pour les musiciens peu fortunés qui n'ont pas forcément 300 euros à réinvestir tous les deux ans pour rester à la page.

Conclusion

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En matière de création musicale comme dans tous les domaines, il est impossible de vous conseiller LA solution qui répondra à tous vos besoins. Comme nous vous l'avons dit en introduction, les logiciels et le matériel dont vous aurez besoin dépendra de vos ambitions. S'il s'agit simplement de créer quelques morceaux pour le plaisir, vous n'aurez visiblement pas besoin d'une configuration digne d'un studio d'enregistrement. D'un autre côté, il ne faudra peut-être pas voir trop bas dès le départ : l'envie d'évoluer pourrait vous venir en cours de route et si vous commencez sur une solution trop limitée, vous vous retrouverez bloqué assez rapidement. C'est sans doute le défaut de solutions comme Magix Music Maker 16 XXL. Moins bridée que ce qu'on pourrait imaginer, et bénéficiant d'un clavier certes pas extraordinaire, mais plutôt appréciable pour débuter, l'offre de Magix pourra s'avérer un bon outil d'apprentissage, mais pas beaucoup plus.

Pour aller un peu plus loin, tout dépend de sa configuration. Sous Windows, on trouve de nombreuses solutions, dont Cubase est la plus connue. Le logiciel de Steinberg est disponible en plusieurs éditions, dont une assez abordable pour débuter dans le monde un peu touffu des logiciels pro / semi pro. En revanche, si son interface s'est améliorée depuis les versions précédentes, elle demeure assez obscure pour un néophyte, le logiciel ayant visiblement été davantage conçu pour des producteurs que pour des musiciens. Sur Mac, Logic propose une approche un peu plus intuitive, permettant de se jeter dans le bain plus rapidement, et surtout une solution assez complète, se suffisant à elle-même, avec le pack Logic Studio qui affiche un rapport qualité/prix très intéressant. En revanche, Apple oblige, Logic n'est disponible que pour les utilisateurs de Mac, et l'investissement d'un changement de plate-forme pèsera assez lourd dans la balance.

Terminons par les logiciels typés musique électronique. Bien que plus limités dans leurs possibilités, des outils comme Reason ou FL Studio offrent une approche plus ludique et immédiate de la création musicale, privilégiant l'interaction directe avec des instruments virtuels, des racks d'effets ou des simulations d'amplis. Plutôt conçus pour des styles musicaux reposant beaucoup sur les rythmes, ils permettent de développer sa créativité de manière plus instinctive, sans avoir le nez dans le manuel (ce qui reste tout de même un passage forcé dans les séquenceurs plus complexes). Dans tous les cas on ne peut que se réjouir de la diversité et de la qualité des solutions disponibles. Il ne faut pas remonter bien loin dans l'histoire de la musique pour atteindre une époque où les artistes n'avaient pas le dixième des possibilités offertes aujourd'hui à un public assez large. L'investissement, comme nous l'avons vu, n'est pas négligeable si on souhaite s'équiper sérieusement, mais on peut dire que la création musicale s'est largement démocratisée. S'il n'est certainement pas possible de réaliser n'importe quel type de projet depuis sa chambre mais les solutions présentées ici permettent d'ores et déjà de réaliser des maquettes assez abouties pour les publier sur le web via des services comme MySpace, voire même des morceaux complets pour les styles musicaux où la perfection technique n'est pas forcément aussi importante que l'inventivité. Et le processus de création musicale d'échapper de plus en plus aux maisons de disque ?

Télécharger FL Studio pour Windows.
Modifié le 18/09/2018 à 14h42
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