Orange a confirmé, ce mardi en publiant ses résultats trimestriels, que le rachat de SFR reste prévu pour fin 2027. L’opérateur reconnaît toutefois attendre des décisions de justice liées aux procédures engagées par les représentants des salariés.

Orange confirme que le rachat de SFR reste prévu pour le second semestre 2027. © Alexandre Boero / Clubic
Orange confirme que le rachat de SFR reste prévu pour le second semestre 2027. © Alexandre Boero / Clubic

Le rachat de SFR par ses concurrents Orange, Bouygues Telecom et Free reste attendu au second semestre 2027, si les autorités donnent leur feu vert. C'est ce que l'opérateur historique vient de rappeler ce mardi, en marge de la présentation de ses résultats trimestriels. Le discours d'Orange est plutôt sobre, presque administratif peut-on dire, mais il tombe au moment où les représentants du personnel de SFR ferraillent devant la justice. On rappelle que ce rachat constitue une opération à 20,35 milliards d'euros, qui décidera à terme chez qui atterriront 25 millions d'abonnés.

Orange ne bouge pas d’un pouce sur le calendrier du rachat de SFR, malgré les remous

Il faut lire le communiqué financier d'Orange jusqu'à sa deuxième page pour tomber sur les trois petites phrases qui nous intéressent le plus aujourd'hui, en tout cas dans le cadre de notre article. Orange y rappelle en effet la signature, le 6 juin dernier, du protocole d'accord conclu avec Bouygues Telecom et Free pour se partager SFR, le deuxième opérateur du pays. Il aura fallu s'y reprendre à deux fois, souvenez-vous, Altice ayant éconduit une première offre de 17 milliards d'euros il y a tout juste un an. Le calendrier, lui, « reste inchangé » nous apprend Orange, avec une finalisation envisagée au second semestre 2027, sous réserve du feu vert des régulateurs. L'Autorité de la concurrence, saisie du dossier en juillet, avait annoncé au moins dix-huit mois d'examen.

Orange ajoute que des décisions sont encore attendues dans les procédures engagées par les comités sociaux et économiques d'Altice France. Le CSE central de SFR a en effet saisi la justice, contre Altice comme contre les trois repreneurs, pour obtenir davantage d'informations sur la cession. Le tribunal judiciaire de Paris devait se prononcer cette semaine, avec surtout une audience sur le fond prévue début décembre.

Ce dialogue social, auquel Orange se dit « attaché », a connu des jours plus orageux. Le 24 septembre par exemple, environ un tiers des 8 000 salariés de SFR a cessé le travail, selon les syndicats. Le consortium promet une solution à chacun, à savoir que quelque 5 000 rejoindraient les trois acheteurs, et 3 000 resteraient chez SFR le temps de piloter la migration. C'est insuffisant pour l'intersyndicale, qui réclame trois offres de reclassement par personne et des indemnités de départ plus généreuses. Après avoir présenté leur proposition de septembre comme finale, les acheteurs devaient revenir à la table le 16 octobre avec une nouvelle offre, dont rien n'a pour l'instant filtré.

Les salariés de SFR s'inquiètent de leur sort. © DimasGermany / Shutterstock
Les salariés de SFR s'inquiètent de leur sort. © DimasGermany / Shutterstock

Qui récupère quoi dans le grand partage de SFR ?

Pour ce qui est des 20,35 milliards d'euros, le montant devrait se répartir de façon inégale. Bouygues Telecom prendra 42 % à sa charge pour repartir avec le plus gros lot, c'est-à-dire l'intégralité de SFR Business, environ 5,9 millions de clients particuliers et le réseau mobile des zones peu denses. De quoi devenir, à terme, le numéro deux du marché. Free (31 %) héritera des 6 millions d'abonnés RED by SFR, auxquels s'ajouteraient 1,6 million de clients SFR. Orange, avec 27 %, se contentera d'environ 4,9 millions de clients, dont ceux des opérateurs virtuels Syma, Coriolis et Réglo Mobile. Concernant les magasins, seules 120 boutiques SFR seraient reprises (sur 500 environ), une quarantaine par acheteur.

Pour les clients, il n'y a pas franchement d'urgence. Dans une FAQ publiée le 19 octobre, l'ARCEP, le régulateur des télécoms, rappelle qu'aucune démarche n'est nécessaire, que chacun conserve son numéro de téléphone et que SFR est tenu à ses obligations de couverture et de qualité de service. Le sort des box et des décodeurs, en revanche, n'est pas tranché. Une fois l'opération autorisée, les repreneurs prévoient trente mois de transition, pilotés par une structure commune, avec une migration qui pourrait s'étirer jusqu'à mi-2030, avant que la marque SFR ne s'efface. Dans l'intervalle, SFR et RED by SFR relèvent certains tarifs jusqu'à 5 euros par mois, ce qui ne manque pas de faire réagir, même si l'opérateur au carré rouge laisse aux abonnés concernés quatre mois pour partir sans frais.

Les finances d'Orange, elles, se portent bien. À périmètre comparable, le chiffre d'affaires progresse de 3,6 % au troisième trimestre, à 12,2 milliards d'euros ; en données brutes, la hausse atteint 22 %, gonflée par l'intégration d'Orange España (ex-MasOrange) depuis le mois de juin. L'Afrique et le Moyen-Orient tirent la croissance (+14,2 %), tandis que la France avance à petits pas (+0,5 %), malgré des ventes nettes record, avec 146 000 lignes mobiles et 78 000 accès fixes de plus. L'EBITDAaL gagne 4,6 %, ce qui permet de relever l'objectif annuel au-delà de 4,5 %. Le groupe revendique plus de 367 millions d'accès et prévoit un dividende de 0,79 euro par action, dont un acompte de 0,30 euro versé le 3 décembre, le solde restant soumis au vote des actionnaires.