Orange, Free et Bouygues Telecom se donnent 48 heures pour finaliser le rachat de SFR à 20,35 milliards d'euros. L'exclusivité des négociations était accordée par Altice aux opérateurs jusqu'à ce vendredi soir.

Un nouveau délai est accordé par Altice pour le rachat de SFR. © Alexandre Boero / Clubic
Un nouveau délai est accordé par Altice pour le rachat de SFR. © Alexandre Boero / Clubic

Cela fait huit mois désormais que le feuilleton du rachat de SFR tient le monde des télécoms, et les Français qui s'en intéressent, en haleine. Ce vendredi 5 juin 2026, peu après 22 heures, les quatre opérateurs ont annoncé se donner 48 heures de plus pour poursuivre les discussions et aboutir, peut-être, à un accord définitif. Au bout du tunnel, il y a un marché réduit à trois grands opérateurs nationaux, pour la première fois depuis 2012 et l'arrivée de Free Mobile.

La vente de SFR à ses concurrents, un épisode qui a commencé il y a près d'un an

Il s'en est passé des choses autour du rachat discuté de SFR, depuis l'été 2025. Avant même que quiconque n'en sache rien officiellement, les dirigeants des quatre opérateurs se retrouvaient dans les sous-sols d'un cabinet d'avocats boulevard Haussmann, ou parfois dans un discret appartement parisien du 8e. Chacun y allait de son nom de code, « Montblanc » pour Bouygues, « Voltaire » pour Orange, « Mosaïque » pour Free, « Rainbow » pour Altice.

Le 14 octobre dernier, le trio est sorti de l'ombre pour déposer une offre conjointe de 17 milliards d'euros pour racheter les activités de SFR. La refus de Patrick Drahi propriétaire d'Altice, la maison-mère de l'opérateur au carré rouge, est vite arrivé. Thomas Reynaud, directeur général d'Iliad et homme de confiance de Xavier Niel, l'avait pourtant prévu. Quelques semaines plus tard, lors des résultats trimestriels, il expliquait que « c'est de bonne guerre pour le vendeur », assurant s'y être attendu.

En janvier 2026, le dossier repart de plus belle. Une due diligence éclair est lancée. Près de 200 experts ont épluché les comptes de SFR en cinq semaines à peine, un rythme effréné pour une telle opération. En parallèle, une contrainte réglementaire, celle de conclure avant fin mars, pour que le dossier reste entre les mains de l'Autorité de la concurrence française, plutôt que de Bruxelles.

20,35 milliards, un gâteau déjà découpé et 48 heures pour tout sceller

Le 17 avril 2026, le trio est revenu à la charge avec une offre de 20,35 milliards d'euros. Cette fois, Patrick Drahi a ouvert la porte aux négociations exclusives, jusqu'au 15 mai 2026. Le partage est déjà esquissé avec un Bouygues qui récupère les clients professionnels et les réseaux ruraux pour 42 % du montant total, et Free (31 %) et Orange (27 %) qui se répartissent les abonnés grand public et les fréquences.

Le 15 mai est arrivé, et toujours pas de signature. Ce ne fut pas un échec pour autant, puisque les quatre acteurs ont prolongé l'exclusivité jusqu'à ce vendredi 5 juin, en qualifiant leurs échanges de « constructifs ». Depuis le début, il y a aussi les syndicats dans un coin, eux qui regardent l'opération avec méfiance. La CFE-CGC Télécoms a dénoncé une enveloppe d'un milliard d'euros qui servirait à des suppressions de postes, tandis que l'avenir de marques comme RED by SFR reste à éclaircir.

Ce vendredi 5 juin, à 22h15 précises, le communiqué est tombé. Les parties se donnent 48 heures pour, je cite, « finaliser les accords ». Le rendez-vous est donc pris pour dimanche soir. Si le deal aboutit, ce sera la plus grande consolidation télécom jamais réalisée en France, et le retour à trois opérateurs nationaux, du jamais vu depuis l'arrivée de Free Mobile en 2012.