Orange, Free et Bouygues Telecom ne boucleront pas le rachat de SFR ce 15 mai. Altice France annonce la prolongation de l'exclusivité de négociation jusqu'au 5 juin 2026, pour un deal toujours estimé à 20,35 milliards d'euros.

Le rachat de SFR repart pour trois semaines, ce qu'il faut savoir sur la prolongation. © Samuel Boivin / Shutterstock
Le rachat de SFR repart pour trois semaines, ce qu'il faut savoir sur la prolongation. © Samuel Boivin / Shutterstock

La date limite pour conclure le rachat de SFR, fixée à ce vendredi 15 mai, est donc passée sans que rien ne soit signé. Mais qu'on se rassure, il n'est pas question d'un échec, non, juste d'une « extension de la période d'exclusivité » accordée à Orange, Free et Bouygues Telecom. Les quatre opérateurs l'ont annoncé ce matin ensemble, dans un communiqué assez concis. L'exclusivité court désormais jusqu'au 5 juin 2026. On fait le point.

Le rachat de SFR repoussé, les négociations vont continuer

Le mot choisi par les quatre opérateurs pour qualifier leurs échanges est « constructives ». Dans l'univers des grandes négociations capitalistiques, c'est un mot qui a du sens. Car il dit à la fois que ça avance, et que ce n'est pas encore raté. Tous se donnent officiellement trois semaines supplémentaires pour aller au bout.

Et pour comprendre où on en est, il faut se souvenir d'où on vient. Souvenez-vous, en octobre 2025, Orange, Free et Bouygues avaient soumis une première offre à 17 milliards d'euros, retoquée par Patrick Drahi, le boss d'Altice, propriétaire de SFR. Cinq mois de patience et de calculs plus tard, le trio revenait à la charge avec une offre de 20,35 milliards d'euros, cette fois suffisante pour ouvrir une phase d'exclusivité, et ce depuis le 17 avril.

Entre les deux, le dossier a bien failli tomber à l'eau. À la mi-avril, les négociations ont déraillé sur les garanties exigées par Altice et les pénalités de rupture. Bouygues s'était braqué, et chez Free, on rédigeait déjà le communiqué d'échec, avant que Thomas Reynaud (le directeur général d'Iliad) et Dexter Goei (pour Altice) ne reprennent les choses en main, en tête-à-tête ou presque.

Orange, Free et Bouygues obtiennent trois semaines de plus pour racheter SFR

Si l'accord aboutit, le gâteau a déjà été découpé. Bouygues Telecom, premier financeur de cette opération avec 42 % du prix, rapatrierait tous les clients professionnels de SFR ainsi que son réseau mobile dans les zones rurales et peu peuplées. Free et Orange se partageraient le reste, à savoir les abonnés grand public, les infrastructures et les fréquences mobiles, pour respectivement 31 % et 27 % de l'addition.

Le deal ne porte cependant pas sur l'intégralité du groupe Altice France. Plusieurs filiales restent à part, citons par exemple XP Fibre, UltraEdge, ACS/Intelcia et Altice Technical Services, sans oublier les activités dans les DOM-TOM. Ce que les trois opérateurs s'apprêtent à racheter, c'est SFR dans sa dimension essentielle (donc ses réseaux, ses clients, ses offres), ce qui représente déjà un poids considérable dans le paysage télécom français, qui s'apprête, non sans une petite casse sociale redoutée, à revenir à trois acteurs.

Reste à obtenir l'aval des autorités de concurrence, française et peut-être européenne, et la consultation des représentants du personnel. Les quatre signataires le rappellent eux-mêmes : « il n'y a aucune certitude que ces discussions aboutiront à un accord ». Le 5 juin, ils seront peut-être un peu plus bavards.