OpenAI affirme qu’un ancien salarié, depuis retourné chez Apple, aurait transféré plus d’une centaine de fichiers confidentiels vers ses comptes personnels avant de présenter l’appareil concerné à plusieurs cadres du groupe de Cupertino. Apple conteste ces accusations, qui n’ont pas encore été établies par la justice.

Il y a de l'eau dans le gaz entre OpenAI et Apple. ©daily_creativity / Shutterstock.com
Il y a de l'eau dans le gaz entre OpenAI et Apple. ©daily_creativity / Shutterstock.com

Le conflit entre Apple et OpenAI vient de prendre une tournure inattendue. Dans un document déposé devant un tribunal de San Jose, OpenAI affirme qu’un ancien salarié passé par Apple puis revenu dans le groupe de Cupertino aurait présenté les projets de produits encore confidentiels d’OpenAI à plusieurs dirigeants d’Apple, dont un vice-président chargé des opérations en Asie.

Ces accusations n’ont pas été tranchées par la justice. Elles viennent toutefois compliquer un dossier ouvert en juillet, dans lequel Apple accuse déjà OpenAI d’avoir bénéficié de secrets industriels emportés par d’anciens employés.

Plus de 100 fichiers transférés avant son départ

Selon The Next Web, OpenAI affirme que son ancien salarié aurait envoyé plus d’une centaine de fichiers confidentiels vers des comptes personnels. Le lot comprendrait notamment des images de l’appareil, des informations de fabrication, des données fournisseurs ainsi que des documents portant sur les finitions, les revêtements et l’étanchéité de certains composants.

Une partie de ces transferts aurait eu lieu peu après minuit, heure de Singapour, le 2 juin. Ce qui correspondrait à son dernier jour chez OpenAI.

OpenAI cite notamment le lancement de HomeView pour souligner qu’Apple développe lui aussi des appareils intégrant de l’IA. L’entreprise craint que ses informations confidentielles puissent nourrir les projets de son concurrent, sans démontrer qu’elles ont servi à concevoir cet écran connecté.

Apple dit n’avoir retrouvé aucun document d’OpenAI

La firme à la pomme rejette ces accusations. Le groupe affirme interdire à ses nouvelles recrues d’utiliser les informations confidentielles de leurs anciens employeurs et indique à Reuters n’avoir trouvé aucun élément étayant les accusations d’OpenAI.

Dans un courrier daté du 12 octobre, ses avocats précisent que les deux numéros personnels mentionnés par OpenAI ne correspondent pas au numéro professionnel de l’ancien salarié. Ils ajoutent qu’aucun fichier d’OpenAI n’a été retrouvé dans les espaces informatiques examinés en lien avec son travail chez Apple.

Les avocats du groupe reprochent aussi à OpenAI d’avoir porté ces éléments devant le tribunal plutôt que d’avoir poursuivi directement les échanges avec Apple. La firme de Sam Altman ne demande pas encore au tribunal de sanctionner la Pomme pour ces faits. L’entreprise souhaite d’abord approfondir son enquête avant de décider si elle présentera ses propres demandes contre le groupe dans le cadre du procès en cours.

Le conflit entre les deux groupes s’étend désormais aux preuves

L’affaire avait débuté en juillet lorsqu’Apple avait attaqué OpenAI en visant plusieurs anciens salariés, notamment Chang Liu et Tang Tan, aujourd’hui responsable du matériel chez OpenAI. Le groupe les accuse d’avoir emporté avec eux des informations confidentielles liées à ses travaux de conception.

OpenAI conteste cette version. Mercredi, le juge Edward Davila a néanmoins indiqué qu’il était très probable qu’il accorde à Apple l’injonction préliminaire réclamée. OpenAI s’est alors engagée à ne pas utiliser les secrets présumés pendant la procédure.

L’accord prévoit également la réalisation de copies forensiques (voir la FAQ ci-dessous) des appareils de 14 salariés susceptibles de détenir des données appartenant à Apple. Le juge avait déjà autorisé l’entreprise de Cupertino à obtenir plus rapidement certains dossiers de recrutement et d’entretien, ainsi qu’à entendre sous serment Chang Liu, Tang Tan et Alyssa Peng, elle aussi ancienne salariée d’Apple.

Selon Reuters, le procès devrait se tenir en octobre 2027, même si OpenAI dit pouvoir être prête dès le mois de juin.

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Foire aux questionsContenu généré par l’IA
À quoi sert une injonction préliminaire dans une procédure de secrets industriels, et que bloque-t-elle concrètement ?

Une injonction préliminaire est une mesure d’urgence qui peut imposer des restrictions avant le jugement sur le fond, pour éviter un préjudice difficilement réversible. Dans un dossier de secrets industriels, elle peut interdire d’utiliser, de diffuser ou d’exploiter certaines informations pendant la procédure. Le tribunal évalue notamment la probabilité de succès au fond, le risque de dommage irréparable et l’équilibre des intérêts entre les parties. Ce n’est pas une décision finale sur la culpabilité, mais un « gel » temporaire de certaines actions liées aux informations contestées.

Que signifie réaliser des « copies forensiques » d’appareils, et quelles garanties cela apporte comme preuve ?

Une copie forensique (forensic image) est une duplication bit-à-bit d’un support (ordinateur, téléphone, disque) qui vise à préserver l’état des données de manière fidèle, y compris fichiers supprimés, métadonnées et historiques. Elle s’accompagne en général de mécanismes d’intégrité (hachage) pour démontrer que la copie n’a pas été altérée, ce qui la rend exploitable dans un cadre judiciaire. L’intérêt est de permettre des analyses techniques reproductibles (recherches de fichiers, traces d’exfiltration, connexions à des comptes personnels) sans manipuler l’appareil d’origine. Cela aide à établir une chronologie et des actions (copie, transfert, effacement), mais ne prouve pas à elle seule l’intention ni l’usage effectif des informations chez un employeur tiers.