Les géants de la tech promettent de nouvelles technologies qui permettent d’économiser l’eau dans le refroidissement de leurs data centers. Mais ils oublient un point essentiel.

Un data center Amazon en construction. ©Matthew G Eddy / Shutterstock
Un data center Amazon en construction. ©Matthew G Eddy / Shutterstock

Outre leurs nuisances sonores, les centres de données dégagent énormément de chaleur. Et pour les refroidir, les opérateurs font évaporer de l’eau, ce qui équivaut à une consommation directe. Mais ils requièrent aussi beaucoup d’électricité ; or, la produire nécessite également de l’eau, rappelle Bloomberg.

Les centrales électriques, fossiles comme nucléaires, doivent en effet produire de la vapeur qui fait tourner leurs turbines. Un aspect qui n’est souvent pas pris en compte par les géants du cloud, alors qu’un data center IA peut consommer jusqu’à dix fois plus d’électricité qu’un centre classique.

Des chiffres qui donnent le tournis

Les chiffres font froid dans le dos. Chez Meta, l’un des rares groupes à publier ces données, l’eau indirecte représente environ 96 % des 21 milliards de gallons (80 milliards de litres) consommés en 2024, selon son rapport de développement durable. Les 4 % restants sont utilisés sur site, surtout dans les data centers, qui concentrent aussi la quasi-totalité de l’électricité consommée par le groupe.

Rien qu’aux États-Unis, il est très difficile d’évaluer combien d’eau cette consommation indirecte représente vraiment. Une étude du Lawrence Berkeley National Laboratory avance 211 milliards de gallons par an, soit 800 milliards de litres, tandis que l’analyse de l’ONG Ceres grimpe jusqu’à 4 000 milliards de gallons, environ 15 000 milliards de litres. De quoi alimenter entre 2 et près de 37 millions de foyers américains pendant un an.

Un exemple concret

Un angle mort qui peut avoir des impacts catastrophiques. Le cas de l’Arizona, un État très sec, en est le parfait exemple. En août, le gouvernement fédéral y a annoncé une baisse de 27 % de l’allocation d’eau. Les data centers de la région ont donc adopté des refroidisseurs à air afin de limiter leur consommation. Problème, ces systèmes sont évidemment très gourmands en électricité. Pour résumer, c’est le chat qui se mord la queue.

Voilà qui ajoute aux tensions déjà palpables qui englobent la prolifération des centres de données. Outre-Atlantique, au moins 45 projets, à hauteur de 68 milliards de dollars, sont ainsi bloqués ou retardés.

Pour rappel, plusieurs projets de data centers sont également en cours en France. À Fouju, en Seine-et-Marne, le projet Campus IA de Mistral et NVIDIA, qui pourrait atteindre 1,4 gigawatt, a reçu l’autorisation du préfet le 29 juillet. Il refroidira ses serveurs avec des groupes frigorifiques, une manière de ne pas affecter la nappe phréatique mais qui se répercutera, évidemment, sur le réseau électrique…

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