La justice donne raison à Elon Musk : SpaceX va pouvoir étendre ses installations au Texas, et grappiller des terres protégées. Mais les opposants au projet n’ont pas dit leur dernier mot.

Lancement de Starship à Starbase, au Texas. ©SpaceX
Lancement de Starship à Starbase, au Texas. ©SpaceX

Le juge fédéral Fernando Rodriguez Jr a tranché ce lundi 21 septembre : il refuse de suspendre l’échange de terres conclu entre SpaceX et l’administration Trump, rapporte l’Associated Press

Validé en juin par le US Fish and Wildlife Service, l’agence fédérale chargée de la faune sauvage, l’accord stipule que SpaceX cède 276 hectares, et récupère en échange un peu plus de 280 hectares du Lower Rio Grande Valley National Wildlife Refuge. Car ces nouvelles parcelles sont plus proches de son pas de tir, près de la frontière mexicaine. Une transaction simple sur le papier, mais vivement contestée.

Protéger les terres des « bulldozers de SpaceX »

Une coalition réunissant plusieurs associations de protection de l’environnement et de populations autochtones s’oppose vivement au projet. Selon elle, l’opération revient tout simplement à offrir des terres publiques à une entreprise privée, d’autant que ces terres possèdent une valeur spirituelle, historique et écologique inégalable.

Un argumentaire qui n’a pas convaincu la justice, les preuves d’un préjudice environnemental restant « relativement faibles » selon le juge. Rien ne démontre, selon lui, que le site subira des dégradations, et un blocage compliquerait la tâche de SpaceX, qui doit absolument tenir des échéances et des engagements contractuels.

Mais le dossier est loin d'être clos. Car cette décision ne porte que sur une demande de suspension en urgence, tandis qu’un procès sur le fond se poursuit en amont. « Nous ne cesserons pas de nous battre pour protéger ce refuge irremplaçable des bulldozers de SpaceX », promet Laiken Jordahl, de l’ONG Center for Biological Diversity.

Le site de Starbase. ©SpaceX

Une zone qui abrite une faune et une flore unique

Car la basse vallée du Rio Grande, où s'étendent les terres, abrite plus de 1 200 espèces de plantes, 300 de papillons et environ 700 vertébrés, dont au moins 520 espèces d’oiseaux. C’est aussi l’un des derniers territoires de l’ocelot, un félin menacé dont il reste moins de 50 individus aux États-Unis.

Or, la cohabitation est difficile depuis l’arrivée de SpaceX. En 2024, l’agence fédérale américaine de protection de l’environnement a conclu que SpaceX avait violé le Clean Water Act en rejetant des eaux industrielles dans les zones humides, avec plus de 150 000 dollars d’amendes à la clé. Le Fish and Wildlife Service avait lui-même relevé que le nombre de pluviers siffleurs hivernant près du site avait chuté de plus de moitié entre 2018 et 2021.

Mais alors que le gouvernement encourage ses fleurons industriels à accélérer à tout-va, les réglementations environnementales semblent passer à la trappe. En parallèle, SpaceX va construire Starbase Louisiane, un complexe à 100 milliards de dollars capable, à terme, de supposément accueillir des milliers de vols de Starship par an. Situé à Pecan Island, le site est une vaste zone de marais côtiers, fréquentée par de nombreux oiseaux migrateurs.