La crise de la RAM pousse les prix toujours plus loin et toujours plus haut, mais vent contre tous, un homme, le PDG d'Acer, s'exprime clairement. Pour lui, les prix sont gonflés artificiellement et le seront jusqu'en 2030, alors qu'une porte de sortie de la crise actuelle devrait arriver prochainement.

Pour le patron d'Acer, le prix de la RAM est gonflé par les fournisseurs. ©Lutsenko_Oleksandr / Shutterstock
Pour le patron d'Acer, le prix de la RAM est gonflé par les fournisseurs. ©Lutsenko_Oleksandr / Shutterstock

Alors que plusieurs producteurs de semi-conducteurs anticipent des tensions d'approvisionnement jusqu'en 2030, le président-directeur général d'Acer, Jason Chen, prévoit un changement de tendance sur le marché des composants. Pour lui, dès fin 2027, les prix des ordinateurs devraient commencer à diminuer.

Une durée de pénuries à prédire

Le secteur des composants informatiques a connu d'importantes perturbations liées au développement de l'intelligence artificielle, débutant par les cartes graphiques à la fin de l'année 2022 avant de toucher la RAM à la fin de l'année 2025. Ces tensions ont entraîné une hausse de 500 % du prix des puces mémoire en l'espace de douze mois. Cette progression tend à se ralentir, les consommateurs arrêtant d'accepter d'être les dindons de la farce. Ainsi, les ventes de RAM au grand public ont largement chuté. Sans compter les contrefaçons à prix attractifs.

Des acteurs de l'industrie, comme l'entreprise SK hynix, avancent que la pénurie s'aggravera l'année prochaine et que les tarifs ne se normaliseront pas avant 2030. Le dirigeant de la société Adata a quant à lui évoqué un manque de mémoire DRAM pouvant s'étendre sur dix ans. Ces arguments s'appuient sur la demande soutenue en mémoires HBM de la part des acteurs de l'intelligence artificielle et sur le fait que les nouvelles usines de fabrication en construction ne seront pas opérationnelles avant la fin des années 2030.

Samsung comme ses concurrents ont augmenté le tarif de leurs puces DRAM. ©Naïm Bada pour Clubic

Mais Jason Chen, PDG d'Acer, conteste cette grille de lecture. Selon lui, les principaux fournisseurs de mémoire cherchent à maintenir leurs marges brutes élevées le plus longtemps possible en orientant leurs messages vers une hausse des prix durable. Il affirme que l'offre en mémoires et en SSD est aujourd'hui suffisante et que les difficultés d'approvisionnement en processeurs se limitent à des modèles spécifiques. Seules des pièces haut de gamme comme la mémoire LPDDR5X-9600 ou les puces N1 et N1X de Nvidia restent actuellement rares.

Quels tarifs d'ici 2027 ?

En raison d'un décalage de quelques mois entre les tarifs appliqués par les fournisseurs et les prix publics, Jason Chen indique que le prix des ordinateurs augmentera encore de 5 % à 20 % d'ici la fin de cette année. Les tarifs devraient ensuite se stabiliser au cours du premier semestre 2027, avant d'amorcer une baisse.

Arrivée de puces chinoises et coût des sous-composants

Le patron d'Acer souligne également que l'émergence de fabricants chinois proposant des composants à bas coût vient perturber le marché, un facteur qui suscite des inquiétudes chez le président du groupe SK, Chey Tae-won. Des constructeurs comme Acer, HP et Asus intègrent désormais des puces de l'entreprise CXMT dans certains de leurs produits, tandis que des modèles de marque Lenovo vendus en Allemagne intègrent des SSD produits par YMTC.

Des entreprises chinoises se mettent à produire de la mémoire à grande échelle. ©CXMT

En parallèle, Jason Chen observe que d'autres éléments subissent à leur tour des hausses de tarifs, notamment les circuits imprimés (PCB) et la toile de verre servant à la fabrication des cartes mères. Le responsable a exprimé son étonnement face aux demandes de revalorisation de prix formulées par les fournisseurs pour ces sous-composants.