Le télescope spatial Nancy Grace Roman commence à se réveiller doucement. Et la NASA a une surprise de taille : il pourra observer l’Univers deux fois plus longtemps que prévu.

Vue d'artiste du télescope Nancy Grace Roman. ©NASA
Vue d'artiste du télescope Nancy Grace Roman. ©NASA

Lancé le 30 août depuis le Kennedy Space Center en Floride à bord d’une fusée Falcon Heavy de SpaceX, le télescope Nancy Grace Roman poursuit sa route vers son poste d’observation, à plus d’1 million de kilomètres de la Terre. Le trajet doit durer environ 3 mois au total. Mais en chemin, les équipes de la NASA commencent déjà à tester et calibrer les différents systèmes de l’engin, étape par étape, avant que la mission scientifique ne débute pour de bon. 

Un bonus de carburant inattendu

Et les scientifiques se félicitent d’un lancement d’une précision redoutable : plus la trajectoire de départ est exacte, moins le télescope a besoin de brûler de carburant pour la corriger ensuite. Ainsi, lors de sa première manœuvre de correction, le 31 août, Roman n’a consommé que 18 kilogrammes de carburant, sur les 200 kilogrammes initialement prévus pour cette étape.

Autre bonne nouvelle : au moment du décollage, le télescope pesait moins lourd que les ingénieurs ne l’avaient anticipé. Ils ont donc pu remplir ses réservoirs bien au-delà du minimum requis, sans dépasser le poids maximal autorisé pour le lancement.

Car le carburant joue directement sur sa durée de vie : plus il en a en réserve, plus il pourra rester en poste et continuer à collecter des données pour les astronomes. Cela signifie qu’il pourrait rester actif jusqu’à 22 ans, contre 10 ans prévus initialement.

Le Nancy Grace Roman dans la coiffe du Falcon Heavy. ©SpaceX

Direction le point Lagrange L2

Le télescope se dirige vers le point de Lagrange L2, une zone d’équilibre gravitationnel entre la Terre et le Soleil, à environ 1,5 million de kilomètres de notre planète. Cet emplacement présente un avantage précieux : il lui permet de rester à l’abri de la lumière du Soleil tout en restant proche de la Terre pour communiquer facilement avec les équipes au sol. Une dernière correction de trajectoire est prévue ce mois-ci, avant une manœuvre d’insertion orbitale en décembre.

De son côté, la NASA a déjà activé le Wide Field Instrument, une caméra infrarouge de 300 mégapixels, qui a livré ses premières images, encore floues, en attendant la mise au point finale. Le coronographe, lui, a également passé avec succès ses premiers tests de communication et de contrôle à distance. Il doit nous permettre de faire de nouvelles découvertes sur les exoplanètes.

Pour rappel, le Nancy Grace Roman dispose d’un champ de vision cent fois plus large que Hubble. Il doit cartographier la structure de l’Univers et traquer les traces de matière noire et d’énergie noire, une véritable inconnue scientifique. Des premières images sont attendues début 2027.