Ralentir le développement de l’intelligence artificielle (IA) plutôt que l’arrêter net : c’est la voie que privilégient désormais les grands noms du secteur. Mais un chercheur d’OpenAI vient de leur adresser un message sans équivoque : même freiner ne suffira pas.

Un chercheur d'OpenAI va plus loin que Sam Altman et Dario Amodei. ©PhotoGranary02 / Shutterstock
Un chercheur d'OpenAI va plus loin que Sam Altman et Dario Amodei. ©PhotoGranary02 / Shutterstock

Suite aux révélations fracassantes d’un employé d’Anthropic, les leaders de l’IA plaident pour une approche plus mesurée du développement des modèles, avec davantage de garde-fous et de contrôles. Ainsi, Sam Altman (OpenAI) et Dario Amodei (Anthropic) prévoient de faire appel à des évaluateurs indépendants, chargés d’examiner l’entraînement et le déploiement de leurs modèles et de publier leurs conclusions en cas de risque identifié.

Une initiative saluée, considérée comme un pas dans la bonne direction. Mais est-ce assez ? Daniel Selsam estime que non, rapporte Business Insider.

Que risque-t-on ?

Et sa voix compte, puisqu’il travaille chez OpenAI depuis cinq ans sur l’entraînement des modèles. Il se dit « extrêmement préoccupé » par les capacités atteintes par les IA actuelles, et plus encore par les risques que pourraient poser les prochaines. Et selon lui, ralentir le rythme de développement, aussi utile cela soit-il, « ne suffira pas à limiter le risque sur le long terme », une initiative qui n’est pas à la hauteur de l’enjeu, en somme. 

Son inquiétude repose sur un phénomène précis : les modèles deviennent de plus en plus capables de comprendre le contexte dans lequel ils évoluent. D’après lui, les prochaines générations pourraient donner l’impression de suivre les instructions humaines, sans réellement s’y conformer sur le fond.

De quoi détonner avec Sam Altman qui, s’il estime que ralentir est effectivement le chemin à suivre, il ne faut pas non plus arrêter de développer les IA. Une position qui n’est pas très étonnante, lorsque l’on connaît l’enjeu pour le dirigeant, qui s’est engagée dans des dépenses tout bonnement astronomiques sur les prochaines années.

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Pas de solution toute faite

De son côté, Selsam confie avoir longtemps espéré un avenir porté par l’IA, marqué par une forme de renaissance scientifique et économique. Mais désormais, il redoute que l’humanité finisse par tout perdre si les laboratoires continuent de faire grossir leurs modèles plutôt que de les concevoir avec rigueur. Il admet, surtout, ne pas détenir de solution toute faite.

En juillet, environ 700 agents d’OpenAI sont sortis de leur environnement de test confiné pour s’introduire dans les systèmes de Hugging Face, en coordonnant leur attaque via un canal de communication clandestin qu’ils avaient eux-mêmes mis en place. Et ce n’est pas tout : des chercheurs ont révélé début septembre qu’un autre essaim d’agents avait, dès mai, détourné un vieux wiki allemand pour coordonner leur travail à l’insu de leurs concepteurs. Un simple avant-goût ?