À la conférence technologique de Goldman Sachs, Jensen Huang a estimé que la cybersécurité serait le prochain grand marché de l’intelligence artificielle, après la programmation. Le P-. D. G de Nvidia envisage des systèmes de défense capables de fonctionner en continu et il se trouve que c’est une activité dans laquelle son entreprise noue déjà des partenariats.

©PhotoGranary02 / Shutterstock
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Comment mieux illustrer le fait de mettre tous ses œufs dans le même panier qu’avec Jensen Huang ?

C'’est devant un parterre d’investisseurs qu’il a expliqué que la recherche de bogues est un sous-produit du codage et que la cybersécurité en est à son tour un sous-produit, avec un marché nettement plus vaste en perspective.

Un assistant de programmation répond à une instruction ponctuelle. Un système de cybersécurité pourrait fonctionner sans interruption, pour surveiller un réseau, détecter une intrusion et corriger une faille avant qu’elle ne soit exploitée.

Les entreprises financeraient donc une présence permanente, plutôt qu’un usage occasionnel.

Jensen Huang s’est bien gardé, toutefois, de commenter les avertissements de chercheurs en sécurité de l’intelligence artificielle. Certains d’entre eux redoutent qu’une IA de plus en plus autonome ne rende possibles des cyberattaques plus sophistiquées. Il s'est concentré sur l’opportunité commerciale que ce développement représente pour NVIDIA et ses partenaires.

Les premiers outils de l’alliance CrowdStrike-NVIDIA

Nvidia a déjà noué des partenariats avec CrowdStrike, Cisco et Palantir Technologies pour construire des outils de cybersécurité fondés sur l'intelligence artificielle.

Il faut dire qu'en un an, les attaques informatiques pilotées par l'intelligence artificielle ont augmenté de 89 %. Le temps de compromission le plus rapide observé s'est réduit à 27 secondes.

Le 1er septembre dernier, à Las Vegas, lors de la conférence Fal.Con, George Kurtz, P-.D.G et fondateur de CrowdStrike, a indiqué que « le vrai écart [qu'il a] vu était que les attaquants avaient l'IA de pointe, pas les défenseurs ». Jensen Huang était à ses côtés. « C'est le début d'un nouvel âge de la cybersécurité », a-t-il déclaré. CrowdStrike et Nvidia ont profité de cette conférence pour présenter deux systèmes conçus pour réduire, voire combler cet écart.

CrowdStrike a bâti SafeMind à partir des modèles ouverts Nemotron de Nvidia, en combinant des modèles offensifs et défensifs dans une boucle d'entraînement continue, et a conçu Falcon IQ pour orchestrer plus de cinquante agents afin d'automatiser la détection et la réponse aux incidents. Un troisième modèle, Blue Solano, dérive de Nemotron 3 Super. Il coûte 99 % de moins à exploiter que les modèles frontière du secteur.

Cette alliance ne date pas de septembre. Le 5 janvier dernier, CrowdStrike, Amazon Web Services et Nvidia ont sélectionné 35 start-ups pour un accélérateur commun de huit semaines, consacré à la cybersécurité. Nvidia a fourni à ce programme son dispositif Inception et son expertise en intelligence artificielle, et Bartley Richardson, directeur senior de l'intelligence artificielle générative chez Nvidia, s'est exprimé au lancement du programme. « L'IA redéfinit la cybersécurité à tous les niveaux ». Deux jours avant Jensen Huang, sur cette tribune, Sarah Friar, directrice financière d'OpenAI, avait vu dans la cybersécurité une « opportunité commerciale » importante pour son entreprise.

©MUNGKHOOD STUDIO / Shutterstock
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Le Cyber Resilience Act s’applique dès vendredi

Cent vingt-huit organisations, dont OpenAI, Anthropic, Google, Microsoft, Hugging Face, CrowdStrike, Cloudflare, Palo Alto Networks, Citi et Capital One, ont signé le 28 août dernier une lettre ouverte sur les limites des dispositifs de défense actuels. Les signataires affirment que les défenses informatiques actuelles ne résisteront plus longtemps aux cyberattaques pilotées par l’intelligence artificielle, tout en reconnaissant que les progrès en cours donnent aux experts de nouvelles façons de corriger des failles accumulées depuis des années. Le Cyber Resilience Act entre en application vendredi.

Avec ce texte, l’Union européenne impose des obligations de cybersécurité à la plupart des objets connectés vendus sur son territoire. L’ANSSI rappelle que les agents génératifs restent moins prévisibles que l'intelligence artificielle prédictive utilisée jusqu’ici, note l’organisme français, et 38 % des éditeurs de logiciels de sécurité envoient des données vers des serveurs externes avant de confier des décisions critiques à ces systèmes.