Caméra 3K, ChatGPT ou Gemini au choix et garde-fous renforcés autour de la captation… Avec les Vive Eagle, HTC revient sur le marché grand public par un chemin inattendu, mais finalement assez logique.

Les lunettes connectées HTC veulent challenger Meta. ©HTC
Les lunettes connectées HTC veulent challenger Meta. ©HTC

Les HTC Vive Eagle arrivent en France avec l'ambition d'offrir une alternative crédible aux Ray-Ban Meta. Déjà commercialisées en Asie, ces premières lunettes connectées de la marque ont été adaptées aux morphologies européennes et gagnent plusieurs fonctions pour leur lancement dans l'Hexagone. Les commandes ouvrent ce 3 septembre à 469 euros, avant les premières livraisons prévues le 21 septembre.

Même recette que Meta…

Comme les Ray-Ban Meta, les Vive Eagle ne projettent aucune information devant les yeux. Leur technologie se concentre dans les branches avec des haut-parleurs ouverts, quatre microphones et une caméra ultra grand-angle de 12 mégapixels capable de filmer en 3K. Ces branches semblent toutefois légèrement plus épaisses que celles des Ray-Ban Meta.

La stabilisation électronique, le ralenti et le format vertical ciblent clairement les créateurs de contenus tandis que les verres Zeiss pourront être solaires, photochromiques ou correcteurs.

HTC Vive Eagle Pantos

Les HTC Vive Eagle Pantos. ©HTC

Le parallèle avec les Ray-Ban Meta Gen 2 est inévitable. Celles-ci filment également en 3K, annoncent jusqu’à huit heures d’utilisation mixte et débutent à 419 euros. HTC réclame donc 50 euros de plus (voire 160€ de plus que les Meta Glasses sorties le 23 juin) et promet de quatre à six heures d'autonomie en usage continu avec une recharge à 50% en dix minutes.

…avec une IA plus ouverte

Pour prolonger les journées, HTC proposera également un accessoire optionnel très malin, l'Eagle Power Boost. Cette batterie magnétique de seulement 8 grammes se fixe directement sur une branche et promet jusqu’à 80% d’autonomie supplémentaire, sans avoir à retirer les lunettes. Comptez 49€ pour cet accessoire. A voir, si à l’usage, le poids déporté de cette mini accu d'appoint ne déséquilibre pas la monture, mais ça reste plus pratique que de devoir ranger ses lunettes dans un boîtier de recharge dès qu'elles sont à court d'électricité.

Les HTC Vive Eagle Square. ©HTC

La différence se joue surtout côté logiciel. Vive AI permet de choisir entre les modèles d'IA de Google et d’OpenAI, là où les lunettes de Meta restent enfermées avec leur IA maison. Traduction en temps réel dans plus de 90 langues, lecture de textes, mémos vocaux ou comptes rendus de réunion complètent l’ensemble.

La batterie optionnelle magnétique Eagle Power Boost. ©HTC

A ses clients, HTC inclut pendant deux ans son offre Vive AI la plus complète. Elle donne notamment accès à la recherche contextuelle ainsi qu’aux fonctions de transcription et de notes de synthèse. Son prix futur, ses quotas et les fonctions qui resteront accessibles sans abonnement doivent encore être précisés.

La possibilité de relier l'assistant de son smartphone (Gemini ou Siri) aux Eagle est par ailleurs un vrai plus pour ceux qui en ont assez d'empiler les strates logicielles et servicielles (voire les abonnements).

La vie privée comme angle d’attaque

HTC insiste surtout sur un terrain où Meta reste particulièrement observée, voire défiée. Les photos et vidéos sont chiffrées, conservées localement sur les 32 Go d'espace de stockage et ne sont transférées vers le smartphone ou le cloud qu’à la demande de l’utilisateur. Le fabricant taïwanais affirme que les requêtes adressées aux IA tierces sont anonymisées et ne sont pas censées servir à les entraîner.

Le contenu de l'emballage des lunettes avec notamment l'étui et le câble de recharge magnétique. ©HTC

La marque multiplie également les garde-fous pour l’entourage. La captation s’interrompt si la LED est masquée ou si les lunettes ne sont plus portées. Une personne filmée peut même dire « Arrête de filmer ! » pour stopper immédiatement l’enregistrement. « La confidentialité, ce n’est pas juste un argument marketing, c’est un principe fondateur de tout ce qu’on a fait », nous expliquait Thomas Dexmier, vice-président de HTC pour la région EMEA, lors d’un prébrief organisé en juillet.

Et HTC n’arrive pas totalement sans armes. « On a développé des technologies pour la réalité virtuelle, pour l’audio, pour les caméras, pour l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, tout ça converge réellement dans un seul produit », soulignait le dirigeant. La marque n’a certes pas la puissance commerciale d'un Meta adossé à un géant comme EssilorLuxottica, mais son expérience et son savoir-faire dans les casques de VR en font un beau challenger.