Samsung a officiellement confirmé le développement de ses Galaxy Glasses, des lunettes connectées IA prévues pour 2026. Caméra embarquée, intégration Android XR, synergie avec le smartphone : le géant coréen s’attaque frontalement au terrain de Meta.

Les Ray-Ban Meta ont prouvé qu’il existait un marché pour les lunettes connectées grand public. Samsung l’a bien compris, et cette fois le groupe ne tâtonne pas : Jay Kim, vice-président exécutif de la division mobile, a confirmé au MWC de Barcelone que les Galaxy Glasses arriveraient dans le courant de l’année. Pas un prototype de labo, pas une vague promesse de roadmap. Un lancement concret, possiblement autour d’octobre 2026, soit un an pile après le casque Galaxy XR. Meta, qui règne sans partage sur ce segment depuis deux ans, a de vraies raisons de surveiller ça de près.
Ce que les Galaxy Glasses embarqueraient vraiment
Le principe de fonctionnement est clair : une caméra positionnée à hauteur des yeux capte ce que l’utilisateur regarde, et transmet ces données au smartphone pour analyse. C’est le téléphone qui fait le travail lourd, pas les lunettes. Jay Kim le dit sans détour : « l'important est que l'IA comprenne où vous regardez afin qu'elle puisse transmettre les données au téléphone, les traiter et vous fournir une grande quantité d'informations. » Microphones intégrés, haut-parleurs, assistant vocal en temps réel : le schéma ressemble beaucoup à ce que Meta propose avec ses Ray-Ban, sauf que Samsung s’appuie sur l’écosystème Android XR développé avec Google.
Sur l’écran, Samsung botte en touche. Kim rappelle que les utilisateurs ont déjà des smartphones et des montres pour afficher des informations, ce qui sous-entend assez clairement que cette première génération n’en aura pas. Selon TechRadar, des fuites pointent vers une batterie de 245 mAh (quasi identique aux Ray-Ban Meta Display), un capteur photo de 12 MP et des verres photochromiques. Ces données sont à prendre avec prudence, mais elles dessinent un produit cohérent avec le positionnement annoncé. Deux modèles distincts (SM-0200P et EB-0200) pourraient coexister, avec ou sans affichage intégré.
Face à Meta, Samsung joue l’écosystème
C’est là que le dossier devient intéressant. Meta a deux ans d’avance, des millions de Ray-Ban vendues et une intégration IA qui s’améliore à chaque mise à jour. Difficile de ne pas y voir un avantage structurel. Mais Samsung arrive avec des atouts que Meta n’a pas : un écosystème Galaxy (smartphones, Galaxy Watch, Galaxy Ring), Android XR développé avec Google, et Qualcomm pour les semi-conducteurs. Les lunettes ne seraient pas autonomes, mais elles s’intégreraient nativement dans un environnement que des centaines de millions d’utilisateurs connaissent déjà.

Le design sera un facteur décisif. Samsung travaille avec Warby Parker et Gentle Monster, deux références dans le secteur de la lunetterie. Les Ray-Ban Meta ont montré que l’acceptabilité sociale d’un tel produit dépend autant du style que des fonctionnalités. Sur ce point, Samsung a dévoilé plusieurs spécificités qui suggèrent une vraie réflexion sur le form factor, pas un simple gadget tech collé sur une monture générique. Reste à voir si le résultat final tient ses promesses à l’usage.
Samsung entre sur un marché que Meta a façonné à son image, avec une proposition qui mise sur l’intégration plutôt que sur l’innovation pure. C’est un pari raisonnable, mais la vraie question est celle du prix : les Ray-Ban Meta se vendent autour de 300 euros, un seuil psychologique que Samsung devra respecter pour espérer convaincre au-delà des fans de la marque.