Deux exemplaires du même téléviseur Hisense, un seul micrologiciel de différence et des contenus Dolby Vision classiques. La comparaison a pourtant tourné à la démonstration de force. Le nouveau moteur d’image de Dolby apporte davantage d’éclat, de relief et de lisibilité, même si toutes ses promesses sont encore loin d’être disponibles.

Les deux téléviseurs Hisense UR9S qui ont servi à la démo Dolby Vision 2. À gauche, celui qui est encore compatible Dolby Vision classique et, à droite, celui qui a reçu le firmware apportant la compatibilité Dolby Vision 2 Max. ©Nicolas Guyot pour Clubic
Les deux téléviseurs Hisense UR9S qui ont servi à la démo Dolby Vision 2. À gauche, celui qui est encore compatible Dolby Vision classique et, à droite, celui qui a reçu le firmware apportant la compatibilité Dolby Vision 2 Max. ©Nicolas Guyot pour Clubic

Dolby Vision 2 ne demande pas un œil de laborantin pour se faire remarquer. À gauche, un téléviseur Hisense UR9S conservait l’ancien micrologiciel et le Dolby Vision actuel. À droite, le même modèle avait reçu sa mise à jour Dolby Vision 2 Max. Mêmes réglages, même source, mêmes séquences. Il n’a fallu que quelques secondes pour que l’écran de droite paraisse plus dynamique, plus contrasté et surtout plus détaillé.

Je ne suis pas Matthieu Legouge, le spécialiste image et son de Clubic. Mais après près de trente ans de presse tech et quelques milliers d’heures devant des films et des écrans, je sais reconnaître une différence qui dépasse le gain réservé aux sondes. Ici, elle saute clairement aux yeux.

Le contexte de cette démonstration Dolby 2

Une réserve s’impose néanmoins. La démonstration était organisée par Dolby et Hisense sur deux téléviseurs présentés comme identiques, mais équipés de firmwares différents. Or, un micrologiciel ne se contente pas nécessairement d’activer le Dolby Vision 2 : il peut aussi modifier des paramètres moins visibles, comme le tone mapping, la gradation locale, la colorimétrie, la compensation de mouvement ou la gestion du capteur de luminosité. Sans mesures instrumentées ni accès à l’ensemble de ces réglages, impossible d’attribuer avec certitude chaque écart observé au seul Dolby Vision 2, la variabilité entre deux dalles pouvant également entrer en jeu. La différence m’a paru nette, mais cette première impression devra donc être confirmée par un test indépendant, idéalement sur un même téléviseur avant et après la mise à jour.

Une claque visible sans contenu spécialement remastérisé

Sur des extraits de F1 : Le Film dans l’application Canal+, les reflets sur les casques, les panneaux de sponsors et les arrière-plans gagnent immédiatement en présence. Sur un documentaire Netflix commenté par David Attenborough (Notre Planète), les zones sombres deviennent plus lisibles sans que l’image paraisse délavée. La dynamique lumineuse progresse, les contrastes prennent du relief et certaines textures ressortent comme si quelqu’un venait de nettoyer mes lunettes. Un « c’est incroyable » finit d’ailleurs par m’échapper.

Brad, vous le préférez comment ? En Dolby Vision 1 ou 2 ? ©Nicolas Guyot pour Clubic

Le plus convaincant est que ces programmes n’avaient pas été préparés avec les nouveaux outils du Dolby Vision 2. Le téléviseur exploitait simplement mieux leurs métadonnées Dolby Vision existantes sur Canal+ et Netflix. Le nouveau moteur ne transforme donc pas magiquement un ancien master, mais adapte plus finement son affichage.

Tout n’est pas parfait. Les jaunes m’ont parfois semblé trop criards sur l’écran mis à jour, avec un rendu plus TV que cinéma. Or l’image la plus lumineuse gagne facilement une comparaison côte à côte sans être nécessairement la plus fidèle. Il faudra un test instrumenté pour trancher.

La gestion de la lumière ambiante et des mouvements du Dolby Vision 2 Max m’a également impressionné sur une séquence de démonstration spécialement préparée et lue depuis une clé USB, mais celle-ci était vraiment trop courte pour que je puisse partager un verdict.

Personnellement, j'ai du mal avec le rendu des jaunes que je trouve légèrement trop criards. Peut-être ai-je l'oeil mal habitué... ©Nicolas Guyot pour Clubic

Du master au salon, ce que change vraiment Dolby Vision 2

Le principe du Dolby Vision reste le même. Le programme est d’abord étalonné à partir d’un master HDR. Une analyse plan par plan, voire image par image, produit des métadonnées dynamiques qui voyagent avec la vidéo. Le diffuseur ou le disque les transmet, puis le téléviseur adapte luminosité, couleurs et contraste aux capacités réelles de sa dalle. Dolby décrit précisément cette chaîne dans sa documentation destinée aux créateurs.

Pour les futurs masters exploitant ses nouveaux outils, Dolby veut même transmettre le contexte dans lequel l’image a été étalonnée. « Le moteur de rendu dispose aussi d’informations sur les conditions d’étalonnage. Le créateur travaillait-il dans le noir ou avec un peu de lumière ? Quelle était sa perception du contraste ? Ces données sont ensuite utilisées par le téléviseur pour mieux adapter l’image », m'explique Anaïs Libolt, directrice Europe Broadcast & Content chez Dolby.

  • Rendu HDR impressionnant
  • Pic lumineux particulièrement élevé
  • Très beau volume colorimétrique
8 / 10

Ces indications viendront nourrir le nouveau moteur d’image du Dolby Vision 2 et sa « Content Intelligence ». Le système croisera les informations du programme avec les capacités du téléviseur et, selon l’équipement, les conditions de visionnage. Precision Black doit quant à elle préserver les détails sombres, tandis que des optimisations ciblent le sport et le jeu.

Sur les téléviseurs compatibles Dolby Vision 2 Max, Light Sense 2 tient compte de la lumière ambiante et Authentic Motion permet au créateur de régler le mouvement plan par plan sur les futurs contenus spécialement préparés pour cette fonction, afin de réduire les saccades sans générer un soap opera effect (lorsqu’un téléviseur crée des images intermédiaires pour fluidifier un film tourné à 24 images par seconde). Tous les téléviseurs Dolby Vision 2 proposent par ailleurs un curseur d’intensité ; les modèles Max ajoutent quant à eux des réglages Pro plus poussés. Une fonction de personnalisation pour le meilleur… ou pour le pire ?

Des séries aux jeux vidéo, qui va vraiment y gagner ?

Pour l’amateur de séries, le bénéfice le plus immédiat est la lisibilité. Les épisodes très sombres devraient rester regardables dans un salon éclairé, sans fouiller dans les menus (encore faut-il posséder un abonnement au service de streaming compatible 4K et Dolby Vision). Le cinéphile gagne des hautes lumières mieux maîtrisées, davantage de détails dans les ombres et, sur les modèles Max, des réglages Pro plus poussés.

Les détails dans les zones sombres sont impressionnants. ©Nicolas Guyot pour Clubic

Quant au joueur, il peut attendre un meilleur rendu des scènes nocturnes, des néons et des explosions dans les titres Dolby Vision. En revanche, précisons bien que Dolby Vision 2 n’augmentera pas la définition d'affichage ni le nombre d’images par seconde, et ne garantira aucune baisse de latence. Il améliore l’affichage, pas le moteur du jeu.

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Les Hisense 2026 UX, UR9, UR8 et U7 Pro sont les premiers téléviseurs à recevoir Dolby Vision 2 Max par mise à jour à distance. Certains propriétaires peuvent donc se coucher avec un téléviseur Dolby Vision et se réveiller avec une image sensiblement meilleure, sans coût supplémentaire. Le MediaTek Pentonic 800 est la première puce officiellement compatible. TCL et Philips doivent également commercialiser des modèles Dolby Vision 2 avant la fin de l'année.
Perso, je préfère Javier en Dolby Vision 2. ©Nicolas Guyot pour Clubic

Il ne s’agit toutefois pas d’une mise à jour universelle. Il faut un processeur compatible, les capteurs nécessaires à certaines fonctions et surtout un fabricant disposé à distribuer le micrologiciel. Même logique pour les platines Blu-ray 4K. Les disques Dolby Vision actuels profiteront déjà du nouveau moteur du téléviseur, mais les futures métadonnées devront être correctement transmises. Dolby nous indique qu’une évolution logicielle peut suffire sur des lecteurs compatibles ; encore faut-il que leur fabricant joue le jeu.

La partie création demandera encore davantage de patience. « C’est encore en construction du côté de la création, il reste pas mal de travail. Au fil du temps, les créateurs disposeront de plus en plus d’outils pour enrichir leurs contenus », reconnaît Anaïs Libolt.

Autre source de confusion, Dolby Vision 2 et Dolby Vision 2 Max désignent deux niveaux d’équipement, mais les programmes conserveront le simple logo Dolby Vision. Impossible donc de savoir au premier coup d’œil s’ils exploitent réellement les nouvelles métadonnées. Même si le Dolby Vision 2 est déjà entré dans les salons, les images pensées pour l’exploiter pleinement sont encore en salle d’étalonnage ou dans le cerveau du réalisateur.

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