Des documents et une vidéo diffusés sur le forum BetaWiki dévoilent Project Aion, un système d'exploitation expérimental dont les traces remontent à 2024. Ce projet remplace le Bureau, les icônes et le menu Démarrer par une interface pilotée entièrement par Copilot, hébergée dans une version modifiée du navigateur Edge.

Imaginez si Microsoft avait laissé l'équipe de Copilot prendre les rênes de Windows ? Vous n'osez pas? Et bien ça se comprend… du moins à en juger par le projet Aion. Ce chantier n'a jamais été officialisé et rien n'indique qu'il le sera. Il donne un aperçu de ce que Microsoft envisageait, sans doute pour concurrencer Chrome OS, avant de recentrer ses équipes sur la stabilisation de Windows 11.
Un poste de travail réduit à une conversation avec Copilot
Aion repose sur une base Windows allégée que Microsoft nomme en interne Win3, plus rapide au démarrage mais qui abandonne le support des applications Win32 traditionnelles. Rappelez-vous la tolée que s'est prise Microsoft quand ils ont osé retirer le menu Démarrer au sein de Windows 8. Vous pensiez qu'ils avaient compris l'erreur ? Loin de là !
Le seul point d'entrée est un bouton Copilot, lequel ouvre un tableau de bord de démarrage avec une salutation et quelques raccourcis. Chaque question posée génère ensuite sa propre fenêtre. Elle dispose d'une icône construite selon le contexte, elle peut-être minimisée, fermée et rouverte comme n'importe quelle application classique. Mais si la conversation n'est plus active, elle n'existe plus.

Le concept semble surtout pensé pour le travail en entreprise. Taper "/" dans une requête fait remonter automatiquement des collègues et des fichiers Microsoft 365, via un outil appelé Context IQ. Dans une démonstration, Copilot va chercher tout seul dans SharePoint et dans les emails pour résumer le travail d'un collègue, sans qu'on lui dise où chercher. L'idée n'est plus d'ouvrir un logiciel installé sur la machine, mais de passer par Copilot pour accéder à tout ce qui existe dans l'entreprise.
Forcément cette nouvelle ergonomie a bien des inconvénients. Aion abandonne le support des applications Win32, donc rien ne tourne vraiment en local. Pour ouvrir un fichier lourd dans Word, il faut lancer une session Windows 365 dans le cloud, avec le document déjà ouvert. L'ordinateur ne sert plus qu'à s'y connecter, le travail se fait ailleurs
Pourquoi ça n'a aucune chance de sortir tel quel
Le problème, c'est que tout repose sur les performances de Copilot lequel n'aura certainement pas intérêt à halluciner. Sans fichiers, sans icônes, sans fenêtre traditionnelle à ouvrir en cas de doute, il n'existe plus aucun repère si l'assistant se trompe d'interprétation. Le shell tourne entièrement sur une base Edge, Copilot peut donc lire directement le code HTML des pages visitées, une technique nommée DOM crawling, plutôt que de se contenter d'une capture d'écran comme le fait Copilot Vision sur l'actuel Windows 11. C'est plus précis, mais ça aussi donne à Copilot un accès au code et aux scripts de chaque page, pas seulement à ce que l'utilisateur voit à l'écran.
Mais Aion a vu le jour bien avant la fatigue des utilisateurs épuisés de voir Copilot s'immiscer un peu partout. En interne, la donne a heureusement changé. Pavan Davuluri, qui dirige Windows et Surface, passe l'année à réparer Windows 11 plutôt qu'à le remplacer. Il a aussi écarté l'idée d'un Windows 12 pour 2026, une rumeur qui s'est évaporée en mars dernier. Côté Copilot, Microsoft fait le ménage. L'IA a même disparu du Bloc-notes, de l'Outil Capture d'écran et Microsoft a abandonné ses projets d'une intégration à la recherche d'Outlook.
Microsoft testait quand même quelque chose de plus modeste dès novembre 2025 : des agents IA capables de vivre dans la barre des tâches de Windows 11, avec un accès limité à certains dossiers, sans prendre toute la place. Si une partie d'Aion doit ressortir un jour, ce sera sans doute sous cette forme, mais certainement pas en remplaçant tout le Bureau actuel de Windows.
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