Bloquée en pleine débâcle judiciaire, la fusion à 111 milliards de dollars entre Paramount et Warner Bros. Discovery se joue désormais devant un tribunal fédéral. Et pour sauver son deal, David Ellison prépare une contre-offensive tous azimuts… Quitte à jouer gros.

Le patron de Paramount n'a pas dit son dernier mot. ©Robert V Schwemmer / Shutterstock
Le patron de Paramount n'a pas dit son dernier mot. ©Robert V Schwemmer / Shutterstock

Après une longue traque, le patron de Paramount a réussi à imposer son offre hostile sur Warner Bros. Discovery, qui s'était pourtant entendue avec Netflix. Mais cette fusion ne fait pas l’unanimité. Une coalition de 12 États américains, menée par la Californie a porté plainte à la mi-juillet pour bloquer l’opération, jugée trop dangereuse pour la concurrence. L’acquisition est suspendue depuis, et se dirige tout droit vers un procès ô combien explosif, dont les enjeux ont été révélés par une vaste enquête du Wall Street Journal.

Chaque semaine compte

Car le P.-D. G de Paramount, David Ellison, préfère aller jusqu’au tribunal plutôt que de négocier. Un pari potentiellement très coûteux : si l’accord n’est pas finalisé d’ici au 30 septembre, la firme devra verser 650 millions de dollars par trimestre à Warner, soit environ 7 millions par jour. Pire encore, passé juin 2027 sans deal définitif, la facture grimpera à 7 milliards de dollars de pénalité de rupture.

C’est tout l’enjeu du bras de fer qui se joue actuellement sur le calendrier du procès. Paramount exige que celui-ci début le 4 novembre, quand les procureurs généraux des États plaignants poussent pour le 5 avril, soit 5 mois plus tard. Une décision du juge est attendue dans les prochains jours et elle constituera déjà un bon indicateur de vers qui la balance penche.

  • moodRemboursement sous 30 jours
  • devices2 connexions simultanées
  • live_tvQualité vidéo : Full HD
  • downloadLecture hors ligne disponible
  • escalator_warningEspace enfant disponible
7 / 10

Concessions et pression politique

En interne chez Paramount, plusieurs dirigeants estiment que la plainte est en réalité motivée par des divergences politiques : le père de David Ellison, Larry Ellison, est un proche de Donald Trump, tandis que tous les États impliqués sont à majorité démocrate. Selon l’un des avocats de l’entreprise, l’objectif inavoué de la procédure serait d’empêcher la famille Ellison de mettre la main sur CNN, chaîne régulièrement ciblée par le président.

Dans ce contexte, Paramount entend convaincre certains États de la coalition de se retirer, et a recruté l’avocate Beth Wilkinson, artisane de la victoire de Microsoft face aux autorités dans le rachat d’Activision Blizzard, pour y parvenir. Ellison envisage même, en dernier recours, de délocaliser une partie de ses activités hors de Californie. Cette option ne réglerait rien sur le plan juridique, mais sonnerait comme un désaveu cinglant envers l’État qui l’attaque.

Signe qu’il continue d’y croire, le patron ne relâche pas la pression sur l’intégration des deux groupes, qui se poursuit en coulisses. Dans un mémo adressé à ses équipes, il n’a d’ailleurs laissé planer aucun doute sur sa détermination : l’accord a été validé dans 65 juridictions à travers le monde, un gage, selon lui, qu'il ne pose aucun problème de concurrence.

À découvrir
Meilleure plateforme de streaming, le comparatif 2026
Comparatifs services