Netflix et Paramount se livrent une guerre verbale ouverte pour le rachat de Warner Bros Discovery. Le premier cité, géant du streaming, affirme que l'offre rivale à 108 milliards de dollars ne tient pas la route.

La guerre pour le rachat de Warner Bros Discovery vire presque au pugilat verbal. Greg Peters, le directeur général de Netflix, n'a pas hésité à qualifier l'offre de Paramount de pure illusion financière. De l'autre côté, Paramount riposte et dénonce un tour de passe-passe comptable de son concurrent. Au milieu des accusations croisées et des promesses aux actionnaires, les deux géants se livrent une bataille sans merci dont l'issue se jouera vraisemblablement au printemps, pour aboutir à l'un des plus gros rachats de l'histoire d'Hollywood.
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L'offensive frontale de Netflix contre le montage Paramount
Greg Peters n'y va pas de main morte. Dans les colonnes du Financial Times, le patron de Netflix a lâché qu'à ses yeux, l'offre à 108 milliards de dollars de Paramount « doesn't pass the sniff test », comprenez donc qu'elle pue l'arnaque financière. Le dirigeant rappelle que sur ces 108 milliards, 55 reposent sur la dette, estimant que Paramount tente d'avaler une proie sept fois plus grosse qu'elle.
Les faits lui donnent raison pour le moment. Car seuls 7% des actionnaires de Warner Bros Discovery ont mordu à l'hameçon de Paramount, très loin des 50% requis. La société de David Ellison a même dû prolonger son offre deux fois, signe que le soufflé retombe. Netflix, elle, a transformé son offre à 82,7 milliards en proposition 100% cash pour boucler un vote dès avril.
Greg Peters considère que sans Larry Ellison, qui finance personnellement l'opération, Paramount n'aurait aucune chance d'y arriver. Le milliardaire d'Oracle, père du boss de Paramount, met 40 milliards de dollars de sa poche pour sauver le projet. Mais même ce coup de pouce familial colossal ne parvient pas à rassurer les marchés, ni à convaincre les actionnaires de Warner.
Paramount contre-attaque, Hollywood retient son souffle
En face, Gerry Cardinale, poids lourd de RedBird Capital et deuxième actionnaire de Paramount, ne digère pas les piques de Netflix. La formule qu'il emploie prête à sourire. « L'accord avec Netflix est le Harry Houdini des accords », en référence au célèbre illusionniste disparu en 1926, remis au goût du jour par la star de la pop Dua Lipa. Et ce tour de magie masquerait selon lui le transfert de milliards de dettes vers Discovery Global, la filiale câble de Warner.
L'industrie cinématographique observe ce bras de fer à distance. James Cameron, monsieur Titanic et Avatar, et d'autres cinéastes redoutent que Netflix n'enterre les sorties en salles. Pour calmer le jeu, les patrons de Netflix ont promis de respecter les 45 jours d'exclusivité pour les salles obscures (la règle aux États-Unis) et viennent de signer un accord à 7 milliards avec Sony pour diffuser ses films après leur passage au cinéma. La chronologie des médias en France est en revanche plus complexe.
Reste enfin la question réglementaire, qui plane comme une épée de Damoclès au-dessus de ce « deal ». Donald Trump a évoqué publiquement les problèmes posés par la part de marché très importante de Netflix. L'union avec Warner créerait un mastodonte dépassant les 30% du marché américain du streaming, le fameux seuil rouge des autorités antitrust. Le verdict des actionnaires au printemps chamboulera probablement Hollywood pour la décennie à venir.